
Baptisée ironiquement le « pickpocket bag », cette tendance transforme nos objets les plus précieux en cibles faciles pour voleurs à la tire. Et si, au-delà de l’effet de mode, cette trend cachait une vraie réflexion sociologique ?
Décryptage : qu’est-ce que le kéfir, cette alternative sans alcool qui pourrait devenir votre meilleur allié santé ?
Le sac béant : snobisme ou lâcher-prise ?
Le concept est simple : porter son sac (de préférence un modèle iconique valant une fortune) grand ouvert, au mépris total de la gravité et des voleurs. Sur les podiums 2026, les grandes maisons ont rivalisé d’ingéniosité pour transformer cet oubli volontaire en summum du cool.
Chez Chanel, Matthieu Blazy a réinventé l’emblématique 2.55 grâce à un fil métallique invisible qui force l’ouverture à rester figée, tandis que le duo Jack McCollough et Lazaro Hernandez marquait ses débuts chez Loewe avec des modèles Amazona 180 portés de travers, le zip totalement « oublié ».
De son côté, Fendi a poussé le détail jusqu’à tapisser l’intérieur de ses célèbres Peekaboo de sequins et de perles précieuses, un trésor caché qui n’existe que si le sac reste largement déployé. Enfin, Jonathan Anderson a frappé fort chez Dior avec le sac Cigale, dont la construction à anse unique le fait basculer naturellement à 45 degrés, offrant son contenu au premier regard venu. L’actrice Mia Goth a d’ailleurs été récemment aperçue au défilé Dior à Paris avec le modèle en question.e
Sur les pas de Jane Birkin
Cette tendance vous dit quelque chose ? Normal, elle s’inspire directement de Jane Birkin. L’icône portait son sac Hermès, qui porte d’ailleurs son nom, débordant et toujours grand ouvert, symbole d’un chic détaché et d’une vie trop trépidante pour s’embarrasser d’un fermoir.
Aujourd’hui, ce geste est une petite rébellion contre le look trop parfait de la « clean girl » et l’austérité du « quiet luxury ». Laisser son sac ouvert, c’est comme déboutonner son jean après le repas : c’est décontracté, humain et ça rend celle qui le porte tout de suite plus accessible.
Le luxe de l’insouciance
Évidemment, s’afficher ainsi dans les rues de New York, de Paris ou de Bruxelles relève d’une forme certaine de privilège. Pour des célébrités comme Jennifer Lawrence, Victoria Beckham ou Mia Goth, porter un sac Birkin ou un Cigale de Dior ouvert est le «power move» ultime. Cela signifie que leurs affaires n’ont pas d’importance à leurs yeux. C’est le snobisme suprême de ne pas avoir à s’inquiéter de ses clés de maison ou de son portefeuille.
Pour nous, simples mortelles qui tenons à nos AirPods, il reste deux options. La première ? Le sac hybride. Le modèle Rodéo de Balenciaga propose un compartiment caché pour les objets de valeurs et une ouverture inclinée pour garder le style sans le risque. L’autre ? La mise en scène : planquer son porte-monnaie dans les poches de son trench et remplir son sac d’objets «exposables» (un beau livre, un magazine de mode).
Un reflet de l’époque ?
Pour les experts, ces cabas qui ne tiennent qu’à un fil sont la métaphore parfaite de notre vulnérabilité actuelle. En gros, puisque tout fout le camp, autant que notre sac soit raccord avec notre charge mentale : un peu sens dessus dessous, mais toujours avec panache. Alors, prêtes à vivre dangereusement ?
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