
Le printemps est officiellement revenu et avec lui arrive un moment loin d’être agréable pour tout le monde : le ménage de printemps. On nettoie, on aère et on range aussi. Même si le rangement est une tâche fastidieuse, il se révèle bénéfique pour notre bien-être comme nous le confiait Anne Mathieu, facilitatrice du quotidien en Belgique. « Trier nous fait beaucoup de bien. Cette action physique et mentale nous aide à faire des choix et à savoir ce que l’on souhaite pour sa vie future. On a alors l’esprit plus libre et plus clair. Le désencombrement en général peut être le point de départ de beaucoup de choses ».
Il existe plusieurs méthodes pour s’adonner au rangement de manière efficace – et sans abandonner dès le premier obstacle. On a déjà parlé de la méthode FIFO, du tatami mental provenant directement du Japon ou encore la règle du « une minute ». La nouvelle méthode en vogue se nomme le « Limbo box ». À la simple évocation de ce nom, on image une technique de rangement où il faudrait se contorsionner, comme pour lors du limbo cette sorte de danse où l’on doit passer et repasser sous un bâton horizontal, le tout, le buste tourné vers le ciel. Rassurez-vous, le « limbo box » n’a rien à voir avec tout cela…
Le limbo box, quèsaco ?
Concrètement, la méthode consiste à placer les objets et autres accessoires dans une boîte (d’où le terme « box ») que l’on va ensuite ranger dans un endroit que l’on ne voit plus comme dans un placard, une commode, sous le lit, la cave ou encore le garage. On essaie alors de ne plus y penser pendant un temps limité. Les adeptes du « limbo box » préconisent d’attendre deux à trois mois avant de constater si les objets en question nous manquent… ou pas. Comme pour d’autres techniques de rangement, l’objectif est de déterminer si ces bibelots nous sont vraiment utiles et si nous en avons besoin.

Une fois les deux ou trois mois écoulés, vous devez rouvrir la boîte ou le carton. Il faut alors prendre le temps de les sortir et de se poser plusieurs questions avant de savoir si vous devez définitivement vous en séparer. Parmi les interrogations : cet objet me procure-t-il une émotion ? Est-ce que je l’emmènerais lors d’un déménagement ? Est-ce qu’il m’est vraiment utile ? Est-ce que j’y pense au quotidien ? Le rangement se révèle bien plus psychologique qu’on ne pourrait le croire. D’où l’importance de prendre le temps de se poser l’ensemble de ces questions.
Le rangement et le poids de la charge émotionnelle
Au moment de ranger, nous sommes souvent pris de court par nos émotions et nos sentiments. Un objet peut nous ramener à une période de notre vie : un moment qui a compté pour nous, une personne à laquelle nous tenons… Nous conservons aussi des objets car ils nous ont été offerts. Nous n’osons pas nous en séparer de peur de « trahir » celui ou celle qui nous l’a acheté et de passer pour une « mauvaise personne ». Le principal défi est alors de savoir se détacher de cette charge émotionnelle qui nous empêche de progresser dans notre rangement, mais aussi d’avancer dans nos vies. « Il est essentiel de se débarrasser des effets qui ne nous procurent plus de bien. Beaucoup de mes clients conservent des objets qui ne leur apportent plus rien, mais qui ont une forte valeur émotionnelle. Ce n’est pas parce qu’on s’en sépare que le souvenir ou la personne va disparaître. Ce qui fait du bien, c’est d’éliminer ce qu’il y a en trop dans notre quotidien pour ne garder que ce qui est utile et compte pour nous » nous détaillait Anne Matthieu.

Le rangement ne s’arrête cependant pas ici. Les objets dont nous souhaitons nous séparer doivent connaître une seconde vie. On peut les donner à des personnes de notre entourage, des associations, ou les revendre sur des plateformes spécialisées. Si nous décidons de les conserver, il est essentiel de leur trouver une nouvelle place « pertinente » afin de ne pas être débordés. Cela vous rendra service pour vos prochaines sessions ménage et désencombrement. « Le rangement se fait alors tout seul. Il n’est plus une tâche compliquée, mais davantage un pilotage automatique qui s’active. On sait ce qu’il y a à l’intérieur de nos armoires et de nos placards. On réfléchit à deux fois avant d’acheter quelque chose de nouveau. Toutes ces étapes sont l’occasion de revoir notre mode de consommation en profondeur ».
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