Richard Orlinski, l’artiste contemporain français le plus vendu dans le monde : « J’assume le fait d’être bankable » - Richard Orlinski, king kong de la sculpture - Charlotte Vanbever

Richard Orlinski, l’artiste contemporain français le plus vendu dans le monde : « J’assume le fait d’être bankable »

On a d’abord découvert ses représentations pop colorées d’animaux sauvages avant que lui ne devienne l’artiste contemporain français le plus vendu dans le monde, et l’un des plus populaires. En atteste sa récente statue au musée Grévin (clin d’œil amusant pour un sculpteur friand d’autodérision). Audacieux, haut en couleur et disruptif, Richard Orlinski veut encore et toujours rendre l’art accessible à tous, tout en assumant son côté business.
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Il a sculpté, dans son style pop coloré immanquable, le roi de la jungle… avant de devenir lui-même le roi de l’art contemporain populaire. Et ce n’est pas un gros mot pour Richard Orlinski, un temps – et même encore aujourd’hui – ignoré par le « milieu ». Il n’avait « pas la carte », et ne l’a toujours pas, de son propre aveu. Et alors ? L’art de niche, très peu pour lui. L’artiste incompris, ce n’est pas lui. Orlinski a connu le succès, fulgurant dès 2004, après avoir pris le temps de mûrir. Son art ne lui est pas venu comme un déclic, c’est un « long chemin » qui s’est matérialisé par des sculptures facettées et colorées d’animaux sauvages (son premier concept Born Wild). Ensuite, il y a eu ce petit truc en plus qui a rapidement la différence : « Prendre le contre-pied et être disruptif. »

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Depuis, il a forgé son image de sculpteur rockstar, d’artiste-homme d’affaires qui provoque l’émotion et cherche à démocratiser l’art, alors que son bestiaire a fait de lui l’artiste contemporain français le plus vendu dans le monde. Parfois à très, très haut prix. Il nous confiera avoir vendu une de ses œuvres, une « gigantesque sculpture de faucon qui fait plus de 150 mètres de haut », pour plus de… 100 millions d’euros. « Un artiste aujourd’hui, il faut que ses œuvres se vendent. Sinon, il ne peut pas réaliser de projets, faire des dons caritatifs… Les gros artistes ont tous de l’argent, ils fonctionnent. » Porté par la puissance de ses sculptures monumentales posées un peu partout dans le monde et par sa popularité, le sculpteur pluridisciplinaire – outre ses collabs avec des marques, il fait aussi de la musique et, ce printemps, présente une série documentaire consacrée à l’art francophone sur TV5 Monde, Génération F –, veut laisser une trace… et pas indifférent.

C’est avec un « on adore la Belgique ! » franc (il reviendra d’ailleurs prochainement chez nous pour une « expo incroyable ») que Richard Orlinski entame notre entretien… et une anecdote : « Lors d’une de mes expos à Bruxelles, il y avait une manifestation et les mecs s’étaient barrés avec un crocodile de 5 mètres. C’était énorme ! » Pas rancunier (l’œuvre d’art avait été rapidement récupérée, évidemment), l’ambassadeur francophone de l’art contemporain !

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Richard, vous présentez une émission, Génération F sur TV5, consacrée à la découverte d’artistes dans toute la francophonie. Quel est le point commun entre toutes ces formes d’art francophones ?
La francophonie, c’est une énergie assez incroyable parce que c’est quelque chose qui existe sur quatre ou cinq continents avec une espèce d’appartenance. Il n’y a pas trop d’équivalence, c’est un bouillon avec des cultures particulières et plein d’ADN différents qui se réunissent.
Vous n’aimez pas entendre que vous vous êtes lancé dans l’art sur le tard, alors que vous aviez au préalable entamé une autre carrière, dans l’immobilier… Qu’est-ce qui vous a fait abandonner la brique pour vous (re)mettre à sculpter, comme quand vous étiez plus jeune ? Il y a eu un déclic ?
Je m’étais lancé dans l’immobilier parce qu’il fallait bien bouffer, quoi ! Je ne suis pas tout à fait d’accord avec la notion de déclic, moi. Je pense que le déclic n’est que le prolongement, le bras armé d’un long chemin de maturation pour arriver à ce moment. On dit toujours qu’il y a un déclic, mais en réalité, je crois qu’il y a une construction qui s’est faite. Et si j’ai fait ça « sur le tard », comme certains le disent souvent, c’est parce qu’il y avait cette maturité que je devais acquérir, cette réflexion, toute cette souffrance aussi, ce mélange d’émotions.
Il fallait qu’intervienne un trop-plein dans votre vie ?
Oui, pour ensuite le matérialiser. Mais, à la base, il faut qu’il y ait des étapes, c’est comme une marmite. Ça bout, ça bout et, parfois, la cocotte explose. Mais il faut bien la mettre sur le feu avant. Cette théorie de dire qu’un jour tu tombes sur un truc et que ça y est, tu as soudainement une révélation, je n’y crois pas ! Ça existe peut-être pour certaines choses de la vie, pour des découvertes. Mais l’art, ce n’est pas une découverte pour moi. La découverte de soi-même, intrinsèque, n’est pas une découverte à un instant T. C’est un long chemin.
Vous recevez parfois des commandes insolites voire saugrenues de particuliers ?
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Retrouvez ici l’interview de Richard Orlinski dans son intégralité (sur www.lesoir.be) et dans votre So Soir ce samedi en librairie en supplément gratuit du journal Le Soir.

Génération F, présenté par Richard Orlinski qui part à la découverte des talents artistiques dans toute la francophonie. Chaque samedi sur TV5 Monde.

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