
Vous pensiez connaître la Cité Miroir à Liège ? Avec son architecture un peu brute, ses expos engagées et son passé de piscine devenu lieu de mémoire. Mais saviez-vous qu’en-dessous, planqué sous les anciens Bains de la Sauvenière, dormait un abri antiaérien capable d’accueillir jusqu’à 400 personnes pendant la Seconde Guerre mondiale ?
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Un abri antiaérien oublié
À partir de juin 2026, ce vestige longtemps inaccessible rouvre sous une forme totalement repensée. Pas version musée ou visite guidée, mais plutôt expérience immersive. Ici, tout commence par une alerte qui retentit. Les visiteurs sont alors propulsés « sous terre », aux côtés de personnages fictifs qui incarnent les Liégeois d’époque.
L’idée est de raconter la guerre en sortant des manuels scolaires. En faisant appel aux émotions et aux ressentis : l’attente, la peur, l’incertitude. De son côté, l’architecture se suffit presque à elle-même pour tenir le récit : six alcôves circulaires interconnectées, un espace conçu à l’origine pour survivre, pas pour être visité.

Une visite à 360°
Dans un deuxième temps, une projection à 360° plonge le visiteur dans une réflexion beaucoup plus large : l’évolution des conflits, les violences faites aux civils, les échos entre hier et aujourd’hui. C’est là que l’expérience devient franchement contemporaine. On ne parle plus que de 40-45, mais d’aujourd’hui. Grâce aux images qu’on voit défiler des guerres qui semblent loin jusqu’au moment où elles ne le sont plus.
Quand on remonte, l’alerte est passée et l’air libre revient. On repart avec pas mal de questions qui traînent. Comment on protège les civils, aujourd’hui ? Et pourquoi la guerre reste toujours un problème non résolu ? Bref, ce n’est pas une visite qui apporte uniquement des réponses, mais qui soulève des questions.

Un lieu qui sort enfin de l’oubli
Au-delà de l’expérience en tant que telle, il y a aussi eu un vrai travail de réhabilitation. Cet abri, classé au patrimoine wallon, était resté fermé pendant des décennies. Le chantier, qui a duré plus d’un an, ne s’est pas contenté de restaurer. Il a transformé.
Une partie des espaces a été remise à l’identique, l’autre complètement scénographiée, avec des technologies immersives et un vrai travail narratif. Le tout porté par MNEMA, l’association derrière la Cité Miroir, qui continue de creuser son terrain de jeu préféré : la mémoire, mais pas nostalgique ni figée, plutôt en version active.

Pourquoi on y va
Des expériences immersives, il y en a pléthore aujourd’hui. Pourtant ici, on ne se contente pas d’en envoyer plein les mirettes, mais de réactiver un lieu qui a vraiment servi. Cela dans un contexte où les conflits armés ne sont plus des événements lointains, mais des notifs en continu. Pas la sortie la plus insouciante de l’année, mais probablement la plus pertinente.
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