
Là où je vis depuis 20 ans, c’est cet hôtel particulier, à Bruxelles. Je l’ai choisi pour la beauté de l’immeuble, la lumière intérieure et pour sa situation, pas trop loin de mes bureaux et près d’un espace vert. Cette maison avait été abandonnée pendant dix ans et ensuite, divisée en trois appartements. Quand je suis arrivé, il n’y avait pas de mur. J’ai redistribué l’espace, créé un couloir pour aller à la cuisine (étroit et au carrelage en damier noir et blanc, NDLR) et ai repensé toutes les pièces en enfilade. Cet immeuble a été construit en 1928 et il mérite un décor authentique. Pour moi, l’architecture d’un lieu vous lie à sa décoration. Je ne me voyais pas construire ici un intérieur sophistiqué, avec des rideaux à passementerie etc. Mon style est, comme dans mes vêtements, minimaliste. J’aime la pureté, la sobriété ».
L’atmosphère que j’ai voulue

« J’ai voulu recréer l’atmosphère et l’aménagement d’un hôtel. Avec des pièces en enfilade – cuisine, salle à manger, salon, bibliothèque et chambre – et la domotique qui fait que, quand j’allume, je passe à travers les pièces. C’est une maison à portes et fenêtres. Partout, il y a une porte, ou double porte. Partout il y a une fenêtre. Il n’y a donc qu’un pan de mur entier dans chaque pièce ».
La pièce où je suis le plus souvent
« La pièce centrale pour moi est le salon, par lequel on entre dans cette enfilade de pièces. J’ai chiné les meubles, j’aime le mobilier un peu nordique de ces années 30. Je me suis entouré d’artisans aussi, de personnes qui ont l’habitude de travailler les matériaux ; ils connaissent le style, la matière. Je savais que je voulais deux pièces avec des caissons en chêne et des caissons parchemins, et que la maison soit dans une atmosphère bois, parce que je ne me voyais pas peindre les murs ».
Ce que j’ai changé au fil du temps

« Dans l’évolution de la décoration, c’est moins classique qu’au début. Des objets contemporains comme le vase blanc de l’artiste Florian Tomballe, que j’adore, ou la tour rouge d’Arne Quinze ont déclassifié un peu le lieu, dont j’aimais le côté ‘ambassade américaine’. En vieillissant, souvent, on veut tout rajeunir. Non pas que j’aie un problème spécifique avec l’âge (sourire), mais c’est comme pour le vestimentaire : je me dis toujours qu’on doit présenter la même chose à deux générations de clientes qui entrent dans la boutique. Pour la décoration ici, je me suis donc dit qu’il fallait aussi faire en sorte que quand on entre ici, on ne rentre plus dans quelque chose de totalement classique. J’ai par exemple changé le tapis dans la pièce principale. Avant, c’était un tapis style d’Aubusson. Je l’ai remplacé il y a quatre ou cinq ans par un tapis graphique noir et blanc. Aujourd’hui, il y a du mobilier de designers réédité, avec ce côté bois qui apporte du contraste alors que j’ai emménagé, j’ai opté d’abord par des meubles Louis XV, du cannage. On entrait ici, c’était vraiment une ambassade ! Maintenant c’est plus casual, parce que plus vide. J’avais envie d’avoir moins d’objets et plus d’espace libre. Ce que vous disposez sur votre table est alors mieux mis en valeur ».
L’objet qui raconte mon histoire (...)
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