
Nul motif emblématique et séculaire n’a fait couler autant d’encre ? Excluant, puis transgressif et même scandaleux, le rayé est consacré ultrachic dans les années 1920. Les maillots rayés, permettant aux marins-pêcheurs d’être vus et d’éviter la noyade, ont été déclinés sur les tenues des premiers baigneurs et leurs tentes de plage.
Mais l’ambiance bord de mer n’est plus la seule source d’inspiration des designers actuels. Stores rayés et toiles de transats appellent toujours le soleil et l’été, mais ont laissé la place à des jeux de teintes bicolores, bayadères, contrastées, vibrantes, décalées, nuancées. Tout se joue dans la largeur, l’association des couleurs et la recherche de lignes de plus en plus travaillées.
L’équilibre d’un élément graphique
En architecture, revêtement de mur, papier peint ou carrelage, la rayure revitalise les intérieurs et crée une atmosphère. Dans un couloir, une entrée, un WC, elle modifie la perception de l’espace, augmentant sa personnalité. Dans une grande salle de bains, on peut composer un dessin linéaire de carreaux muraux pour distinguer l’espace douche, la baignoire et le coin lavabo.

La rayure souligne un volume, étire une perspective, structure l’espace. Elle le fait paraître plus grand qu’il ne l’est réellement, augmentant la hauteur sous plafond. Un jeu de lignes amplifie le volume d’une pièce comme celui d’un objet. À l’horizontale, à la verticale et en oblique, l’effet recherché n’est pas identique, mais apporte toujours une dynamique et une force visuelle. On préfère la rayure franche et pas trop fine pour éviter un inconfort visuel. Visible mais pas trop, elle doit se fondre dans la décoration. On peut la disposer selon un à trois points : un rideau, quelques objets, des coussins, un vase, un bougeoir, un plateau, une pièce de vaisselle. On peut l’associer à d’autres motifs, avec des fleurs, d’autres dessins géométriques, façon Memphis.
La rayure est un habit
Elle juxtapose les teintes et déploie une palette de couleurs qui font vibrer les harmonies. Elle offre de la personnalité à un objet. Elle se travaille aussi en association avec des motifs superposés, pour composer une toile de fond graphique à la place d’un ton uni. Du noir et blanc aux bicolores en accord avec les couleurs de la saison, la rayure est finalement toujours dans la vie, il s’agit de choisir la bonne : l’esprit guimauve et les teintes acidulées ont le vent en poupe.

On aime la rayure régulière, équilibrée, simple mais aussi intégrant un motif dans ses bandes, avec des couleurs douces, bois de rose, vert céladon ou tabac. Dans sa nouvelle collection pour Monoprix, Margaux Keller a choisi pour sa part de travailler des rayures hypnotiques et audacieuses inspirées de Vasarely et de l’Op art. Et elle associe un ton clair avec un ton plus foncé, une couleur dense avec une nuance pastel.
Découvrez en vidéo notre décryptage sur les couleurs à privilégier pour décorer son intérieur :
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