
Chaque année, à la mi-mai, une expression revient dans les conversations des jardiniers, amateurs comme confirmés : les fameuses « Saints de glace ». Derrière cette appellation un peu mystérieuse se cache une période réputée pour ses risques de refroidissement brutal, capable de compromettre des semaines de travail au jardin. De quoi frustrer celles et ceux qui ont la main verte.
Les Saints de glace, quèsaco ?
Les Saints de glace se déroulent les 11, 12 et 13 mai. Elles sont plus précisément associées à trois saints du calendrier : Mamert, Pancrace et Servais. Selon la croyance populaire, ces journées marqueraient les dernières gelées possibles du printemps. Bien que cette règle ne repose pas sur une base scientifique stricte, elle s’appuie sur des observations météorologiques anciennes : à cette période, des masses d’air froid peuvent encore descendre sur l’Europe occidentale, provoquant des chutes de température parfois soudaines.
Pour les jardiniers, ces trois journées sont particulièrement redoutées. Après les premiers beaux jours d’avril et l’arrivée du mois de mai, la tentation est grande de planter tomates, courgettes, basilic ou fleurs annuelles. Or, ces plantes dites « gélives » ne supportent pas des températures proches de 0 ºC. Un coup de froid tardif peut brûler les jeunes feuilles, stopper la croissance, voire dans les cas plus extrêmes tuer la plante en une nuit. Le contraste entre journées ensoleillées et nuits froides rend la période d’autant plus piégeuse pour les végétaux.
Les conséquences peuvent être importantes. Dans un potager, des semis précoces peuvent être anéantis, obligeant à recommencer. Les fleurs des arbres fruitiers déjà formées peuvent être détruites dans les vergers, compromettant la récolte à venir. Les plantes ornementales, quant à elles, perdent en vigueur ou voient leur floraison retardée. Face à ce risque, la prudence reste la meilleure alliée du jardinier. La règle la plus répandue consiste à attendre la fin des Saints de glace avant de mettre en pleine terre les plantes les plus sensibles. Cette patience – parfois frustrante – permet d’éviter bien des déconvenues.

Comment protéger nos plantes des Saints de glaces ?
Pour celles et ceux qui souhaitent malgré tout prendre de l’avance, des solutions existent. Vous pouvez protéger les plantations avec un voile d’hivernage, des cloches ou même des tunnels en plastique. Ces outils peuvent vous faire gagner quelques précieux degrés. Le choix de l’emplacement joue également un rôle clé. Un coin de jardin abrité du vent, exposé au sud et proche d’un mur emmagasinant la chaleur offrira un microclimat plus favorable. De même, mieux vaut privilégier des plants déjà robustes plutôt que des semis trop jeunes. Cela augmente les chances de résistance face aux changements de température, parfois brutaux et imprévisibles.
Autre élément : il est essentiel de rester attentif aux prévisions météorologiques. Il est aujourd’hui possible d’anticiper plus précisément les épisodes de froid à travers des sites et autres applications spécialisés dans la météo. En cas d’alerte, rentrer les pots, couvrir les cultures ou arroser légèrement le sol en fin de journée – ce qui peut limiter le gel au niveau des racines – constitue des gestes simples mais efficaces.
Les Saints de glace rappellent que le jardinage reste une activité intimement liée aux caprices de la nature. Entre tradition et observation, ils incitent à adopter un rythme respectueux des saisons. Car au jardin, vouloir aller trop vite est souvent le meilleur moyen de devoir… recommencer.
On passe de l’extérieur à l’intérieur pour découvrir en vidéo notre visite de l’une des maisons vendues par les Kretz en Belgique :
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