
Le Festival de Cannes a officiellement relancé sa machine à fantasmes. Ce mardi 12 mai, la Croisette retrouvait son ballet annuel de robes couture, de flashes et de montées des marches pour lancer la 79e édition du festival. Mais derrière les sequins et les traînes XXL, cette cérémonie d’ouverture racontait aussi autre chose : un Cannes plus glamour que jamais, certes, mais aussi bien forcé d’être conscient de son image, de sa narration et de son époque.
Édouard Vermeulen nous fait visiter son intérieur :
Une ouverture entre grand cinéma et grand spectacle
Cette année, la cérémonie était orchestrée par Eye Haïdara, chargée de donner le coup d’envoi d’une édition particulièrement attendue. Dans le Grand Théâtre Lumière, le jury a fait sa première apparition officielle, avec une première historique, puisque le réalisateur Park Chan-wook devient le premier président du jury coréen de l’histoire du festival. À ses côtés : Demi Moore, Ruth Negga, Chloé Zhao, Laura Wandel, Isaach De Bankolé ou encore Stellan Skarsgård.
Côté cinéma, la soirée s’est ouverte avec La Vénus électrique de Pierre Salvadori, projeté hors compétition. Une comédie située dans le Paris des années 20 portée par Anaïs Demoustier, Pio Marmaï et Gilles Lellouche.
Le retour du glamour ultra assumé
Dès cette première soirée, le message était clair : retour du glamour ultra assumé. La silhouette qui a probablement le plus marqué cette ouverture ? Celle de Demi Moore. Membre du jury, l’actrice américaine a imposé une présence presque hollywoodienne dans une robe bustier scintillante signée Jacquemus, accompagnée d’un imposant collier Chopard.
Face à elle, les Françaises ont largement tenu le niveau. Leïla Bekhti a probablement signé l’un des looks les plus intelligents de la soirée avec une robe Guy Laroche vintage dessinée par Alber Elbaz en 2002. Une silhouette noire sirène, délicatement brodée de dentelle et de strass, avec juste ce qu’il faut de bretelle tombante pour produire son petit effet.
Philippine Leroy-Beaulieu en reine dramatique
Autre moment fort : Philippine Leroy-Beaulieu, arrivée dans une spectaculaire robe prune Saint Laurent par Anthony Vaccarello. Manches ballon, volumes dramatiques, allure presque théâtrale. Anaïs Demoustier, elle, jouait une partition plus romantique dans une robe Prada plissée aux motifs floraux irisés, pendant que Ludivine Sagnier optait pour un minimalisme beaucoup plus sage chez Giorgio Armani. Jane Fonda, à 88 ans, rappelait au passage qu’elle reste l’une des seules personnes capables de porter une robe Gucci entièrement brodée de sequins noirs avec autant d’autorité naturelle.
Cannes reste le plus grand podium du luxe
Et puis il y avait aussi ce détail très Cannes 2026 : la montée en puissance des maisons françaises sur le tapis rouge. Jacquemus, Prada, Saint Laurent ou encore Louis Vuitton occupaient une place omniprésente dès cette première soirée, confirmant à quel point le festival est devenu un terrain stratégique majeur pour les marques de luxe.
Autre sujet qui agitait déjà les conversations sur la Croisette : les nouvelles règles vestimentaires plus strictes mises en place cette année. Depuis plusieurs jours, le festival laisse entendre vouloir limiter certains excès du red carpet. Comprendre : robes trop transparentes, silhouettes trop provocantes ou coups marketing un peu trop agressifs. Résultat : cette cérémonie d’ouverture donnait l’impression d’un glamour plus contrôlé, plus sophistiqué, parfois presque old Hollywood.
Même les looks les plus spectaculaires restaient relativement « portables » à l’échelle cannoise. Une évolution assez nette après plusieurs éditions dominées par la logique du buzz vestimentaire permanent.
Une Croisette déjà en ébullition
Mais Cannes reste Cannes. Et derrière cette élégance ultra maîtrisée, la machine people tourne déjà à plein régime. La Croisette attend encore les arrivées de Léa Seydoux, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Adèle Exarchopoulos ou Monica Bellucci. Sans oublier Marion Cotillard et Guillaume Canet, dont la première apparition commune depuis l’annonce de leur séparation devrait inévitablement concentrer une partie de l’attention médiatique.
Bref, pendant onze jours, le Festival de Cannes va donc redevenir ce qu’il sait faire de mieux : mélanger ciné d’auteur, stratégie de luxe et fantasme sous le soleil de la Côte d’Azur.
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