
8 h 42, le mail tombe : « Petit point de rentrée ». Le point en question possède six sous-points, deux réunions Teams et un Excel anonyme. Regard vers l’écran, puis vers le plafond, puis sur LinkedIn. Pas pour partir. Juste pour respirer. Pas la faute de septembre. Ni du réveil. Ni même ce collègue qui écrit « petit rappel amical ». Ce qui a sauté, c’est le filtre. L’illusion du salarié bronzé, docile et béat devant un objectif trimestriel appartient au passé. Le corps est au bureau, l’esprit est resté en vacances.
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Je ne veux pas travailler
Dans son cabinet, la psychiatre entend trop souvent : « Je ne veux plus travailler. » Mais s’agit-il vraiment d’un « je ne veux plus » ou d’un « je ne peux plus » ? La nuance dérange les caricatures qui opposent « bosseurs » et « assistés ». Pourtant, là où l’on accorderait une pause à un livreur avec la jambe en deux, la souffrance mentale, elle, suscite encore le soupçon. Prière de fournir trois justificatifs, de s’excuser pour la gêne occasionnée, le tout en gardant le sourire sur Teams surtout.
Toutes celles et ceux qui décrochent ne sont pas malades pour autant. Certains peuvent encore travailler, mais ne trouvent plus de raison de donner autant.(...)
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