
En 2026, l’un des principaux défis du secteur du voyage est la gestion du surtourisme, un terme que l’on entend de plus en plus. Dans les journaux télévisés, les émissions radio, le tourisme de masse ne cesse de prendre de la place. On parle de surtourisme lorsque le nombre de visiteurs dépasse la capacité d’accueil de la destination. En 2025, le tourisme mondial a d’ailleurs atteint un niveau record absolu avec 1,52 milliard de touristes internationaux, soit une hausse de 4 % par rapport à 2024 selon ONU Tourisme.
Des destinations autrefois préservées des hordes de visiteurs sont aujourd’hui exposées au tourisme de masse. C’est le cas des Alpes qui souffrent non seulement du réchauffement climatique, mais aussi du nombre toujours plus grand de voyageurs. Pour faire face à ce phénomène, des élus locaux tentent de prendre des mesures fortes à l’instar de Jean-Marc Peillex, bourgmestre de la commune de Saint-Gervais-les-Bains, en Haute-Savoie. L’homme souhaite en effet instaurer un système de réservation pour participer au Tour du Mont-Blanc, l’un des beaux et prisés sentiers de randonnées en Europe.
À Positano, « la dolce vita n’est plus »
Face au surtourisme toujours plus étouffant et écrasant, une tendance commence à émerger dans le domaine de l’évasion : les dupe destinations. Cet anglicisme désigne des lieux de vacances alternatifs qui ressemblent à des endroits très connus et surfréquentés, mais qui coûtent moins cher et attirent moins de monde. Le terme vient de l’anglais dupe (pour duplicate ou réplique), populaire sur les réseaux sociaux comme TikTok.
Parmi les destinations les plus soumises au tourisme de masse, on retrouve la Côte amalfitaine implantée au sud de Naples. L’endroit abrite de véritables cartes postales comme Positano, le village le plus coloré et glamour de la Côte amalfitaine. On peut également citer Amalfi, Ravello ou encore Praiano. L’endroit est paradisiaque, sublime… et victime de son succès. Conséquence, les visiteurs affluent en masse.
Le New York Post consacrait un article à Positano en ouvrant le texte avec ces mots « la dolce vita n’est plus ». Un touriste américain, visiblement déçu de son voyage, déclarait : « Positano, c’est un enchevêtrement de ruelles étroites où tout le monde marche côte à côte. La moitié des gens monte, l’autre moitié descend. C’était un véritable chaos. On était tous serrés comme des sardines ».

Les habitants, eux, sont à la fois révoltés et résignés. « Les maires et les administrateurs de la Côte amalfitaine apprécient ce désordre ; sinon, ils auraient déjà donné des ordres pour civiliser ce tourisme de masse. Cela dure depuis des années, et la situation s’aggrave d’année en année ». L’ancien bourgmestre Salvatore Gagliano parlait de « chaos total » pointant du doigt les excursionnistes d’un jour qui ne restent à Positano que pour « manger avant de s’enfuir. Nous ne pouvons pas gérer un tel afflux de personnes. La beauté de la Côte amalfitaine est en train d’être défigurée ».
Menton, l’un des joyaux de la Côte d’Azur
Visiter Positano peut donc se transformer en véritable cauchemar, mais une ville de la Côte d’Azur fait office de « dupe » destination selon un classement établi par le Travel Dupe Index. L’heureuse élue est Menton, située juste à côté de la frontière italienne et à moins de 30 minutes en voiture de Monaco.

Menton est sans doute l’une des plus belles villes de la Côte d’Azur. Comme les villages de la Côte amalfitaine, elle se compose de jolies façades colorées où se côtoient le jaune, le rose clair, l’orange et le rouge. Des couleurs chaudes qui respirent bon le Sud et l’Italie. Le meilleur point de vie pour admirer ce spectacle coloré est de se poster sur le Quai Bonaparte et le Quai Impératrice Eugénie. Vous pourrez au passage piquer une tête ou juste vous installer sur la Plage des Sablettes. Toujours sur le Quai Bonaparte, se cachent les Rampes Saint-Michel. L’ensemble abrite un imposant escalier peint en jaune. L’ascension est un peu sportive, mais l’effort en vaut la chandelle puisqu’un sublime panorama sur la Méditerranée s’offre à vous.

Une fois en haut, perdez-vous dans les ruelles – toujours très colorées – de Menton. L’une des plus pittoresque est la rue Mattoni où vous croiserez de nombreuses plantes, mais aussi une mosaïque avec un citron, l’emblème de la ville. Pour encore plus prendre de la hauteur, rendez-vous au Cimetière du Vieux-Château, le point culminant de Menton. La vue sur la Méditerranée est encore plus belle et spectaculaire. L’endroit abrite la tombe de William Webb Ellis, considéré comme l’inventeur du rugby moderne. L’homme est décédé à Menton en 1872.

La Fête du Citron, l’événement à ne pas manquer à Menton
Un peu plus loin du centre-ville, les amateurs de nature trouveront leur bonheur en se rendant au jardin Val-Rahmeh Menton où se trouvent plus de 1.800 espèces subtropicales, tropicales et méditerranéennes (lotus sacré, palmier des Canaries, oiseau de paradis blanc…). Pour les férus de culture, rendez-vous au Musée Jean Cocteau.
Petit conseil de la rédaction, prenez le temps de savourer une bonne limonade au citron. De nombreux commerces et petits vendeurs en proposent dans les rues du centre-ville. Enfin, prévoyez plutôt une virée à Menton lors de sa traditionnelle Fête du Citron qui se tiendra du 13 au 28 février 2027. L’événement met à l’honneur des Corsos des fruits d’or et Corsos nocturnes vitaminés, ces parades de chars composés d’agrumes et animées par des groupes. Plus de 250.000 visiteurs viennent assister à ce rendez-vous qui métamorphose Menton pendant deux semaines.
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