
On l’a toutes et tous vécu. Ce mardi matin juste apocalyptique, les yeux gonflés à force d’avoir trop pleuré, le cerveau en compote, et cette envie viscérale de rester sous la couette à vie. Et non, 8h sonne, et on se retrouve assis devant son écran pour répondre à des mails sur le reporting du troisième trimestre. Absurde, non ?
Une nouvelle enquête publiée par Zety, intitulée Heartbreak Leave Report, vient de poser des chiffres sur ce tabou. Et les données confirment ce que l’on savait déjà : la vie privée ne s’arrête pas sagement aux portes de l’entreprise.
Pourquoi est-il si difficile de trouver l’amour en 2025 ?
Elle court, elle court...
Selon l’étude menée auprès de 1 020 salariés, un actif sur trois (33 %) a déjà pris un arrêt maladie ou posé des congés pour se remettre d’une rupture. Le constat : on s’absente, mais on se cache. Pourquoi ? Parce qu’en 2026, l’excuse « j’ai le coeur brisé » n’est toujours pas prise au sérieux.
Pourtant, l’impact sur le business est bien réel. Les chiffres le prouvent : 43 % des sondés confessent une perte nette de productivité, 38 % sentent leur motivation réduite à néant. Plus inquiétant encore, 17 % notent une dégradation de leurs relations avec leurs collègues. En gros, un salarié en pleine rupture est un salarié présent physiquement, mais dont le cerveau tourne à 10 % de ses capacités habituelles. Le fameux « présentéisme » qui coûte, in fine, plus cher qu’un vrai congé.
Les hommes et la Gen-Z en première ligne
C’est là que les chiffres viennent bousculer les vieux fantasmes genrés. L’étude révèle en effet que les hommes (36 %) sont plus enclins à poser des jours après une rupture que les femmes (28 %).
Sur le plan générationnel, on observe que les baby-boomers font encore preuve d’un stoïcisme à l’ancienne (seulement 11 % s’arrêtent), tandis que la Génération Z explose les scores avec 47 % d’absences liées à un chagrin d’amour. Génération « à fleur de peau » ou pionnière d’un droit à la déconnexion émotionnelle ? Peu importe, le besoin de sortir la tête de l’eau est une réalité statistique.
Le « congé chagrin d’amour » : fantasme ou futur ?
Aujourd’hui, un salarié sur trois estime que les employeurs devraient formellement proposer un « congé pour chagrin d’amour ». Pour 40 % d’entre eux, le forfait idéal serait d’au moins trois jours. Mais si le dispositif existait, se concrétiserait-il vraiment ? Pas sûr. 65 % des employés se disent mal à l’aise à l’idée de demander un tel congé, terrorisés par le jugement ou l’image de personne « instable émotionnellement ». Les salariés suggèrent donc des pistes plus subtiles. Comme le télétravail (31 %), une flexibilité des horaires (31 %) ou encore un ajustement de la charge de travail (23 %).
L’essentiel est là : qu’on parle de « congé de rupture » ou de santé mentale, le deuil amoureux reste un deuil. On exige des salariés qu’ils fonctionnent comme des robots. Alors qu’accorder trois jours de répit est finalement moins une faveur qu’un investissement : mieux vaut un employé qui décroche trois jours qu’un fantôme au bureau pendant trois semaines. Alors, qui aura le cran de dire la vérité à son boss pour rester sous la couette ?
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