La chalance pourrait bien être la meilleure chose qui soit arrivée au couple - En finir avec la nonchalance, anticonformisme ultime ? - Camille Vernin

La chalance pourrait bien être la meilleure chose qui soit arrivée au couple

Et si on arrêtait de faire semblant de s’en foutre ? Après des années à cultiver l’indifférence feinte, une nouvelle tendance amoureuse gagne du terrain : la « chalance ».
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L’idée ? Aller à l’encontre de tout ce que les rom-com des années 90 et 2000 nous ont appris. C’est-à-dire assumer ses sentiments, montrer son intérêt et arrêter de jouer à celui ou celle qui s’attache le moins. Une petite révolution sentimentale qui a sacrément des airs de retour au bon sens. Sur TikTok, ce contrepied de nos vieilles stratégies de séduction porte même un nom : le chalant dating, ou « chalance » en français.

Pourquoi est-il si difficile de trouver l’amour ?

Vers une fin du « je-m’en-foutisme » amoureux ?

Néologisme construit en opposition à la nonchalance, la « chalance » consiste à exprimer ses intentions et à oser dire à quelqu’un qu’il nous plaît. Sans calculer combien de temps attendre avant de répondre au dernier message.

Une nouvelle approche qui séduit particulièrement la Gen Z, visiblement lassée des situationships (ces relations dont personne ne sait vraiment ce qu’elles sont), ghosting et autres joyeusetés du célibat contemporain. Pendant longtemps, le détachement a été érigé en qualité suprême sur le marché amoureux. Celui qui semblait avoir le moins besoin de l’autre détenait, en quelque sorte, le pouvoir. Montrer trop d’intérêt ? Le meilleur moyen de faire fuir l’autre. Résultat : des relations où chacun attend que l’autre baisse la garde en premier. Sérieusement ?

Aimer, ce n’est pas perdre la face

Pourtant, derrière nos airs faussement détachés se cache le plus souvent… la peur du rejet. Interrogée par USA Today, la coach sentimentale Amy Chan raconte à quel point nous avons appris à confondre froideur et assurance. Comme si ne pas s’attacher nous rendait plus désirables. Alors qu’exprimer sincèrement son intérêt demande infiniment plus de courage.

Une réflexion qui résonne particulièrement à l’ère des applis de rencontre, où l’on peut disparaître d’une conversation en un claquement de doigts. Et où la peur du cringe, cette hantise de paraître ridicule, ajoute une couche supplémentaire à notre pudeur sentimentale. Comme le souligne The New York Times, à l’heure des réseaux sociaux, une tentative de séduction maladroite peut rapidement finir exposée aux yeux de tous. Pourquoi alors risquer un râteau quand on peut entretenir l’ambiguïté ? Pourquoi s’exposer quand on peut prétendre qu’on n’attendait rien ? La chalance nous invite à sortir de cette logique défensive.

Chalance ne rime pas avec dépendance affective

Il y a évidemment une nuance. Être chalant ne signifie pas déclarer sa flamme après deux semaines, bombarder l’autre de messages ou transformer trois rendez-vous en projet bébé. La dimension progressive de cet investissement émotionnel est primordiale. Il ne s’agit pas d’en faire toujours plus, mais de faire preuve de clarté, de présence et de cohérence, sans jouer un rôle. Surtout, la chalance ne dispense pas de réciprocité. Exprimer son intérêt ne signifie pas courir après quelqu’un qui n’en manifeste aucun. Sincérité ne rime pas avec acharnement sentimental.

D’ailleurs, cette philosophie ne concerne pas seulement les célibataires. Dans un couple installé, la chalance pourrait aussi se traduire par une attention moins avare, des compliments spontanés, des envies formulées plutôt que devinées. Être ensemble depuis dix ans n’interdit pas de montrer qu’on est toujours content de retrouver l’autre.

Reste, comme toujours, à ne pas transformer cette nouvelle tendance en injonction supplémentaire. On peut être sincèrement amoureux sans être constamment démonstratif. Et la transparence émotionnelle n’oblige personne à dévoiler toute son intimité au troisième date. La chalance n’a de sens que si elle respecte le rythme et les limites de chacun.

Bref, on avait le ghosting, le breadcrumbing, le benching et tout un dictionnaire de comportements plus ou moins discutables. Enfin, voilà une tendance qui ne consiste pas à faire souffrir l’autre sous couvert d’un anglicisme rigolo. L’ultime sex appeal désormais ? En avoir quelque chose à faire.

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