La microkiné: une pratique méconnue qui soigne les maux autrement

Torticolis, dos bloqué ou encore problèmes de sommeil : la microkiné résout le problème à la source, tant sur le plan physique que psychique. Mais comment ça marche ?

Par Elisa Dell'Aiera. Photo by Jesper Aggergaard on Unsplash |

La microkinésithérapie est une technique visant à soutenir et compléter la kinésithérapie, c’est-à-dire la rééducation du mouvement suite à un traumatisme. La différence entre ces deux pratiques est que la microkiné agit à la source, et joue avec nos cellules en faisant des points de pression « juste là où il faut » tandis que la kiné classique se pratique de manière plus globale avec des gestes plus amples et plus intenses. Pour nous aider à comprendre ce qu’est la microkiné et comment elle agit sur notre corps, nous avons demandé quelques explications à François de Wilde, formé en kinésithérapie et spécialisé en microkiné. Après avoir décortiqué ce système complexe, on zappe le charabia médical et on fait le point ! 

1/ La microkiné, c’est quoi ?

La microkiné part du principe que le corps a une mémoire cellulaire. Lorsque notre corps vit un traumatisme, que ce soit mécanique ou émotionnel, nos cellules l’enregistrent et se mettent sur pause pour protéger notre corps. C’est ce qu’on appelle un blocage. François nous explique de manière imagée que « tout est marqué dans l’ordinateur du corps. La microkiné fait tout un travail de décodage, pour aller repérer où se trouve le beug dans le système pour pouvoir le corriger ».

 

2/ La mémoire cellulaire

Nos cellules vont retenir le traumatisme, même après le choc. C’est la mémoire cellulaire qui va causer le blocage : « Si j’appuie sur ma joue pendant 3 secondes, cela n'aura aucun impact mais si j’appuie durant 1h au même endroit avec la même intensité, je vais empêcher toutes les cellules qui se trouvent sous mon doigt de bouger et là, ça va commencer à faire mal parce que j’empêche la vitalité des cellules de respirer », nous précise François. C’est à partir du moment où l’on va commencer à ressentir une douleur que l'on va se rendre compte que le système est bloqué.

 

3/ En pratique, comment ça se passe ?

Le thérapeute exerce une méthode palpatoire, c’est un peu comme un massage très lent et très doux : il allonge le patient sur une table et prend appui avec la main sur certaines zones du corps pour voir si les tissus bougent. S’ils bougent, ils ne sont pas bloqués et donc en bonne santé. Pour trouver où se situe le problème, il repère les zones affaiblies par un manque de souplesse.

 

4/ La microkiné ne soigne pas, elle demande au corps de le faire

« Quand on se donne un coup sur le bras, instinctivement, nous allons frotter. En réalité, quand on frotte on reproduit le même mécanisme que fait la microkiné. Elle rappelle aux cellules qu’elle a eu une agression de l’extérieur et elle va aider à corriger ». C’est une médecine homéopathique qui demande au système de réagir et d’enclencher ses mécanismes auto-correcteurs. Pas de panique pour ceux qui ne connaissent pas la pratique, cela ne fait pas mal ! 

 

5/ Pour qui et pour quoi ?

Un peu « pour tout et pour tout le monde ». En effet, dès le stade embryonnaire, nos cellules enregistrent les traumatismes, comme un coup dans le ventre de la mère ou un choc affectif vécu durant la grossesse par exemple. On peut donc effacer les cicatrices du passé dès le plus jeune âge. Comme dis précédemment, cela s’applique tant sur le plan mécanique qu’émotionnel : Il n’est pas rare d’avoir mal de tête ou à la nuque après avoir vécu un événement stressant. Tout s’inscrit dans vos cellules et toute douleur provient d’un traumatisme quelconque. Il est en théorie donc possible de guérir tout type de douleur grâce à la microkiné.

 

6/ Est-ce que ça marche ?

Le corps fonctionne en chaîne : le muscle est lié à des organes, eux-mêmes liés à un système nerveux, etc… Imaginons qu’on ai une douleur à la nuque, la douleur peut-être due à un choc sur la nuque mais elle peut aussi être due à un traumatisme d’un autre organe lié. C’est à ce moment-là que ça se complique. Il faudra alors plus de temps pour comprendre, cartographier et corriger le traumatisme. Le résultat immédiat ne correspond donc parfois pas aux attentes de la personne. "Mais c'est en y croyant qu'on arrive à des résultats étonnants", ajoute enfin François. 

 

C’est une pratique naissante à l’aube de son potentiel. Il faudra donc encore quelque temps pour découvrir tout ce qu’elle pourra apporter à la médecine et à la rééducation. 

 

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