L’élégance à la parisienne selon Thomas Dutronc

Nous avons rencontré le chanteur juste avant le confinement. L’occasion de parler de style et d’élégance est ce néo-dandy bourré de talent à l’élégance très hexagonale.

Par Sigrid Descamps. Photos Yann Orhan. |

Rendez-vous est pris un lundi pluvieux en fin d’après-midi. Thomas Dutronc enchaîne les interviews. De son propre aveu, la nôtre survient dans son agenda chargé comme une éclaircie. Une rencontre qui aurait pu rester très sérieuse et classique, mais ce serait mal connaître l’artiste, qui a visiblement hérité de son père, Jacques Dutronc, le sens de l’élégance et… de l’humour !

L’élégance, c’est quoi pour vous?

Pour moi, la vraie élégance, c’est celle de l’âme, pas des vêtements. C’est un sourire, de la personnalité. Pour moi, la première règle de l’élégance, c’est de penser aux autres. Ca paraît peut-être bizarre comme définition, mais pour moi, cela colle avec l’idée du gentleman : quelqu’un de poli, courtois, tourné vers les autres… C’est plus ça que le fait de s’habiller comme un mannequin. 

C’est une attitude que vous cultivez ?

J’essaie en tout cas. Ne serait-ce que parce que je fais un métier public, je trouve logique de faire attention et à ce que je porte et à la façon dont je me comporte.

Sur scène, sur vos pochettes d’albums, vous veillez à votre look. On vous y voit toujours dans de jolis costumes…

Ah mais ça, c’est parce que j’ai le même tailleur que Fernand Raynaud. En fait, je ne me pose pas la question. J’aime bien les costumes. Je dirais que j’aime la sobriété. Le chic, mais pas trop ostentatoire. Je trouve que si on voit trop le vêtement, la personne s’efface. Je viens de participer à un shooting pour une rubrique de mode et ils ont voulu me faire enfiler un pantalon jaune avec une paire de rangers compensées. J’ai refusé. Un cauchemar !

Oublions les costumes alors. Que portez-vous au quotidien ?

Toujours quelque chose de non-ostentatoire. Et quand je fais du shopping, j’ai des trucs idiots. Par exemple, je suis un adepte des caleçons, je déteste les slips. Je trouve ça épouvantable. Je me sens con en slip. Donc, je ne porte que des caleçons, des boxers. Et quand j’en cherche, il est impératif pour moi qu’on ne voit pas la marque. Eh bien, c’est hyper dur ! J’en ai finalement trouvé au Bon Marché, des modèles simples, blancs, sans marque imprimée en grand au niveau de la taille (ou ailleurs). Et ils sont super chers ! Sérieusement, je consacre un gros budget aux caleçons… et aux chaussettes ! Elles doivent être soit en pur coton, soit pur laine, mais sans polyester. Et là, j’en ai découvert sans élastique qui compriment la cheville, un bonheur ! En fait, l’élégance, le confort, ça a un prix. On a beau dire, mais quand on achète des trucs trop bon marché, on prend le risque d’avoir une pièce qui soit, pue vite, soit ne résiste pas au temps. Dernièrement, j’ai acheté un chouette sweat d’une marque sportswear en vue. Il a tenu une semaine, la fermeture éclair à lâché.

 

Avez-vous des designers de prédilection ?

 

J’aime beaucoup Dries Van Notten. J’aime bien aussi aller m’habiller chez Agnès B., Paul Smith…  Et chez Dior, mais là, il faut prévoir aussi le budget. Il y a quelques années, j’avais acheté une robe Dior pour ma fiancée de l’époque, mais je m’étais trompé de taille. J’ai repris la robe pour aller la faire remplacer, mais entre-temps, la demoiselle m’a quitté. Alors, j’ai échangé la robe contre un costume. C’est comme cela que j’ai pu me rendre compte de la qualité de leurs vêtements, c’est incomparable. Mais je n’y vais pas souvent.

A quel élément accordez-vous une importance particulière ? Au parfum ! Parce que l’élégance, c’est aussi sentir bon. Je me balade toujours avec une fiole de parfum. J’en change beaucoup, selon la saison, l’humeur. J’en ai et j’en aime plein, Eau Sauvage de Dior, Eau d’orange de Hermès, La nuit de l’homme de Saint Laurent…Mais celui-là est un peu plus fort, je ne le porte pas souvent.

Qui sont vos modèles en terme d’élégance ?

Mes parents évidemment. Mon grand-père aussi. Et serge Gainsbourg, que j’ai eu la chance de rencontrer quand j’étais gamin ; Il était toujours très élégant. Très raffiné. Il avait un vrai sens du raffinement ; il accordait énormément d’importance aux petits détails qui font tout. Et puis, il y avait les acteurs américains.

Avez-vous une pièce fétiche dans votre dressing ?

Non. Je n’en ai pas. Mis à part quelques vieux T-shirts, que je conserve au fond de mes armoires, parce qu’ils me rappellent des souvenirs, de voyages, de festivals…

Quel accessoire de mode refusez-vous catégoriquement de porter ?

Les baskets dernier cri. J’adore les modèles vintage, sobres, genre Adidas. Mais je déteste tous ces nouveaux modèles modernes, à grosses semelles, ultra colorés, technologiques. Quelle laideur ! Je vais me mettre à dos leurs supporters qui vont trouver que je prône le classicisme, mais il y a de très belles choses dans le classique.

 

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