Qui est Marta Maziers, la jeune étudiante belge en horlogerie qui a conquis la maison Cartier ?
Originaire de la province du Luxembourg, la jeune Marta Maziers, étudiante en horlogerie à Namur, vient de remporter la 27e édition du Prix Cartier : « Talents Horlogers de Demain ». Nous l’avons rencontrée au lendemain de sa victoire.
ParMagali Eylenbosch,
PhotoCartier
En janvier dernier, Cartier recevait la presse au Musée International d’Horlogerie de la Chaux-de-Fonds pour la remise du prix que la maison décerne chaque année aux « Talents Horlogers de Demain ». Un concours créé en 1995, qui invite, chaque année, de jeunes talents horlogers à customiser un mouvement autour d’un thème défini, récompensant à la fois la virtuosité technique et créative. Pour la première fois, des étudiants belges ont été invités à se présenter aux côtés des candidats venus de Suisse, de France et d’Allemagne. Et bingo : le jury d’experts a élu une candidate belge, Marta Maziers, 19 ans, à la première place.
Découvrez en vidéo notre immersion au cœur de la nouvelle boutique Cartier à Bruxelles :
Le thème imposé était « La Magie des Sens », et la jeune apprentie horlogère, élève à l’IATA, à Namur, a su attirer l’attention du jury avec une pièce d’une rare délicatesse baptisée La Reine du Temps. On y voit une abeille en mouvement qui butine une fleur différente à chaque heure. Marta a donc su évoquer les cinq sens, et faire référence au goût avec l’effet du miel sur le boîtier, au toucher lors de l’ouverture de la ruche. L’ouïe est stimulée par le bourdonnement de l’abeille marquant les heures et enfin, elle évoque l’odorat avec les fleurs peintes sur l’émail du cadran. Nous l’avons rencontrée au lendemain de sa victoire dans la Maison des Métiers d’art de Cartier.
Comment a démarré cette aventure ?
J’étais en Angleterre pour perfectionner mon anglais lorsque mon professeur m’a appelée pour que je participe, il était un peu tard, mais j’ai foncé. Il faut envoyer un dossier avec un dessin, un texte explicatif et une vidéo. Au départ, j’avais plein d’idées, je partais dans tous les sens. Et puis, finalement, je me suis concentrée sur l’univers des abeilles. Un thème qui m’est familier parce que c’est la passion de mon père ; et puis l’abeille symbolise la loyauté, la noblesse, le travail… J’y vois un parallèle avec le travail de l’horloger qui doit être minutieux, patient et persévérant.
Vous disposiez de 80 heures pour réaliser la pièce. Y a-t-il un contrôle de ce timing ?
On ne nous chronomètre pas, mais c’est une durée logique par rapport aux dates qui nous sont imposées. Nous avions moins d’un mois pour terminer le projet, or je devais également assister aux cours… J’ai eu la chance que mes professeurs me conseillent et me guident.
Pour créer votre pièce, vous avez abordé l’émaillage, un exercice très difficile…
Je ne connaissais pas l’émaillage, même si j’en avais déjà entendu parler au travers de pièces horlogères que j’avais déjà vues. J’ai donc contacté Michèle Baumont, une émailleuse namuroise, qui m’a accueillie très gentiment dans son atelier. Je suis arrivée avec mon projet. Elle m’a aiguillée et m’a prêté son matériel, mais c’est moi qui ai réalisé l’émaillage. Il y a eu des hauts et des bas, parce que c’est une technique très complexe, mais c’est une expérience très enrichissante.
Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?
Je n’ai pas d’objectif précis pour l’instant. Je ne suis qu’en deuxième année et j’ai encore beaucoup à apprendre. Souvent cela dépend de nos stages ou du lieu où l’on peut compléter sa formation.
La Reine du Temps, la création de Marta Maziers. - Cartier
Comment a réagi votre entourage quand vous avez parlé d’horlogerie ?
J’étais bonne élève dans une section maths et sciences fortes. Quand j’ai dit que j’allais dans une école professionnelle, tout le monde m’a dit que j’allais m’ennuyer, que ce n’était pas un niveau assez élevé. On me voyait plutôt embrasser une carrière d’ingénieure. De nombreux a priori subsistent encore face aux écoles professionnelles. On ne se rend pas toujours compte qu’il faut aussi d’énormes capacités pour ces métiers. Cela dit, j’ai toujours été soutenue par mes parents.
Qu’est-ce qu’une montre évoque pour vous ?
Le génie mécanique des gens qui l’ont créée. Dire qu’à l’époque, tout était fait à la main ! Connaître l’heure, c’est avoir la capacité de gérer son temps. Grâce à cela, on a pu envisager une vie en société et une vie sociale.
Et que vous évoque la Maison Cartier ?
La couleur rouge et la bague Trinity, un véritable symbole à mes yeux. Mais je pense aussi au luxe, et pas seulement par rapport aux objets que la maison crée. C’est un véritable état d’esprit.
Vous avez porté haut les couleurs de la Belgique dans un univers où notre pays n’est pas forcément reconnu…
Je suis partie sans attente particulière. J’étais déjà tellement contente d’être sélectionnée. Je me suis dit que ce qui allait m’arriver n’était que positif, ne fût-ce qu’en termes de rencontres. C’est très gratifiant et j’espère que ça va apporter une crédibilité aux horlogers belges.
Espérez-vous avoir des opportunités auxquelles vous n’auriez pas eu accès ?
Grâce au prix, je vais déjà avoir l’opportunité de venir en stage six semaines chez Cartier. C’est magnifique !
Quel est l’élément le plus réussi de votre pièce ?
C’est un tout ! Si j’enlève un élément, je perds une partie de la « Magie des Sens ! »
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.