
Les jeunes d’aujourd’hui vivent à l’ère du tout, tout de suite. News en continu, engagement social omniprésent, instabilité politique, crise climatique, tensions économiques… Face à cette pression constante, près d’un jeune sur deux se tourne vers l’« escapism », cette tendance à fuir la réalité par le biais du binge-watching, du gaming, des réseaux sociaux ou d’autres formes d’évasion. Mais pourquoi ce besoin d’échapper au réel devient-il si crucial pour la génération Z ?
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L’overdose d’actualité : quand trop d’infos tue l’info
On la dit ultra-engagée, hyper connectée et passionnée par les causes sociétales. Pourtant, la génération Z montre des signes de saturation. Selon une étude de PapersOwl, 46 % des jeunes évitent activement le contenu politique sur les réseaux sociaux, et plus de la moitié d’entre eux (53 %) ont accru leurs pratiques d’« escapism » ces derniers mois.
La cause ? Une exposition permanente à une actualité anxiogène. Avec le doom-scrolling – cette habitude de consommer des mauvaises nouvelles en boucle – l’information devient un flot ininterrompu de crises et d’injustices qui génère une anxiété latente. Face à cette surcharge mentale, l’option la plus tentante reste de décrocher… ou de fuir dans un monde plus léger.
L’« escapism », un réflexe face à la fatigue émotionnelle
Contrairement aux idées reçues, les jeunes ne se désintéressent pas du monde. Au contraire, ils en portent souvent le poids sur leurs épaules. Mais la politique n’est plus seulement un débat d’idées, elle est devenue un champ de bataille digital où chaque opinion semble disséquée, jugée, attaquée.
Face à ce climat tendu, beaucoup préfèrent mettre leur énergie ailleurs : dans des univers parallèles (gaming, séries, fanfictions), dans des formats courts et addictifs (TikTok, Reels) ou encore dans des activités qui ne demandent pas de confrontation (lecture, ASMR, jardinage urbain…). Ce besoin de lâcher prise est aussi une manière de reprendre le contrôle sur son bien-être mental.
Nostalgie et safe zones : quand le passé devient un refuge
L’un des aspects marquants de cette quête d’évasion est la fascination pour le passé. Musique vintage, revival des années 2000, succès des soirées « Chronologic » qui revisitent les hits des décennies passées… Tout ce qui rappelle une époque perçue comme plus simple et insouciante attire les jeunes en quête de réconfort. Dans un monde en crise, se réfugier dans des souvenirs fantasmés devient une bouffée d’air. Cela explique aussi l’engouement pour les univers fictifs réconfortants – des mondes où les règles sont claires, où l’injustice finit par être réparée, et où chacun peut trouver sa place.
L’« escapism », bonne ou mauvaise idée ?
Le recours à l’évasion n’a rien de nouveau. Lire un livre, regarder un film ou partir en voyage ont toujours été des moyens d’échapper à la routine. Mais aujourd’hui, la frontière entre échappatoire temporaire et déconnexion durable devient plus floue.
Selon l’étude de PapersOwl, 37 % des jeunes estiment que l’« escapism » les aide à gérer le stress, mais 50 % reconnaissent qu’il les coupe aussi de la réalité. Certains y voient un danger : trop d’évasion peut entraîner un désengagement, une perte de motivation et un sentiment d’impuissance face aux enjeux réels. D’autres, au contraire, considèrent que c’est une soupape nécessaire pour ne pas sombrer dans l’anxiété et la fatigue mentale.
Vers un équilibre entre engagement et bien-être
Faut-il s’inquiéter de cette fuite en avant ? Pas forcément. L’important, c’est de trouver un équilibre. S’accorder des moments de déconnexion est sain, tant que cela ne mène pas à une forme d’apathie. Aujourd’hui, les initiatives se multiplient pour aider les jeunes à naviguer entre engagement et bien-être mental. Apprendre à limiter son exposition aux réseaux sociaux, choisir des sources d’information moins anxiogènes, ou encore s’engager de manière plus concrète (actions locales, bénévolat, activisme à impact positif) sont autant de solutions qui permettent de rester connecté au monde sans se laisser submerger.
Au fond, la génération Z n’a pas baissé les bras. Elle cherche juste de nouvelles manières de tenir bon, sans s’épuiser. Et si, pour ça, il faut parfois binge-watcher une série ou danser sur un tube des années 90, pourquoi pas ?
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