
Oubliez tout ce que vous pensiez savoir de l’hôtellerie de luxe. En choisissant le nom « Standard », les fondateurs de cette famille d’hôtels, parmi les plus tendances du moment, ont délibérément fait un pied de nez à ce qui, pendant plusieurs décennies, a constitué le fondement des hôtels haut de gamme, à savoir l’uniformisation, symbole d’une esthétique qu’on pensait universelle.
On reste à Bruxelles pour découvrir en vidéo un nouveau spa d’exception avec vue imprenable sur la capitale :
La saga du Standard démarre en 1999 à Los Angeles. À l’époque, les créateurs du cultissime Château Marmont décident de bousculer les codes du luxe en se distançant des concepts globaux et formatés. En 2002, le Standard s’invite par exemple dans le quartier de Downtown à Los Angeles, un district en devenir, beaucoup moins glamour que d’autres coins de la ville, bien que déjà associé à l’art et à la culture.
Très vite, les hôtels Standard deviennent des repaires de stars. Des talents du design qui y ont apposé leur patte (comme Antonio Cittero, créateur du décor de l’hôtel de Greenwich Village) à Olivier Rousteing, directeur artistique de Balmain, qui a organisé une petite sauterie dans celui de New York après une édition du Met Gala, les hôtels Standard jouent la carte glamour.
Brutalisme et belgitude
Si vous avez déjà aperçu, en sortant de la gare de St Pancras, la façade de l’hôtel Standard de Londres inauguré en 2019, vous avez déjà une partie de l’équation gagnante. Agrandi et rénové par le bureau d’architecture Orms, qui a eu le bon goût de ne pas toucher à sa façade en béton de style brutaliste, l’hôtel marque les esprits depuis le trottoir d’en face.
À Bruxelles, même topo : le Standard s’inscrit dans le projet de réhabilitation – on pourrait presque dire de gentrification – du nord de la ville. Implanté dans une tour rénovée du World Trade Center, il rend hommage au style moderniste d’après-guerre, un genre architectural synonyme de progrès qui, jusqu’à il y a petite dizaine d’années, n’intéressait plus personne. Mais aujourd’hui, ce style « pas cool » est redevenu… cool.
Chef d’orchestre de cette transformation, l’architecte belge Bernard Dubois est un habitué du secteur du luxe. Vous avez peut-être découvert son style dans la boutique Aesop de la rue Neuve à Bruxelles. Pour ce projet, l’architecte avait misé sur un all-over de briquettes beiges rappelant celles des façades de notre petit pays.
Pour ce nouveau projet en terre connue, Bernard Dubois s’est volontairement ancré dans le contexte d’un Bruxelles qui lui est familier : « Je connaissais bien le Standard sur la High Line, où je séjournais souvent lors de mes visites à New York. L’idée de construire un Standard dans ce quartier bruxellois de gratte-ciel, surnommé Manhattan, me semblait logique. Le projet que j’ai proposé visait à mélanger des références architecturales à l’architecture américaine moderne de Mies van der Rohe et Phillip Johnson à d’autres, typiquement belges, telles que Jules Wabbes ou André Jacquemin ».
Restaurant star
Pour le restaurant situé au niveau du rooftop – que l’architecte considère comme particulièrement représentatif du projet dans sa globalité –, Bernard Dubois a imaginé un espace en phase avec sa vision du luxe : « Il est divisé en plusieurs niches, séparées par des rideaux transparents, créant à la fois une intimité et la possibilité de percevoir l’espace dans son intégralité. Pour accéder au restaurant, après les ascenseurs, il faut d’abord monter quelques marches ou une rampe, créant, dès l’arrivée, une vue théâtrale sur le restaurant et la ville. Les matériaux utilisés sont le bois, la moquette et les rideaux transparents », conclut l’architecte, visiblement heureux de nous parler de ce récent projet.
« Dernièrement, des amis français et américains me confiaient à quel point les différences de sonorité des sirènes, qu’on pouvait percevoir d’un pays à l’autre, suffisaient à leur procurer une sensation de dépaysement », poursuit-il. « Leur remarque m’a permis de comprendre qu’en Belgique, qu’il s’agisse de sirènes d’ambulances ou d’une foule d’autres choses, notre pays était au contraire composé d’une multitude d’influences. C’est précisément cette notion d’hybridation que j’ai voulue pour le Standard. »
Ouverture prévue en mai, Boulevard Roi Albert II 30, 1000 Bruxelles. standardhotels.com
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