
Ces dernières années, le tourisme rural connaît un regain d’intérêt, porté par une envie croissante de nature, d’authenticité et de déconnexion des grandes villes. Loin des plages bondées et des destinations hyperconnectées, de plus en plus de voyageurs choisissent de poser leurs valises dans des villages reculés, au cœur de paysages préservés. Cette tendance s’accompagne souvent d’un mode de voyage plus lent, parfois en sac à dos ou en van, privilégiant les rencontres locales et la découverte des savoir-faire traditionnels. C’est dans ce contexte que la région de l’Aubrac, en France, attire l’attention : un territoire où les prairies s’étendent à perte de vue, et où l’on recense plus de vaches que d’habitants.
Ce plateau calme et rural couvre trois département (la Lozère, l’Aveyron et le Cantal).Vous pouvez parcourir ce coin de nature authentique en voiture, à vélo, mais aussi à pied. L’Aubrac n’est pas seulement un havre de verdure pour les amoureux du tourisme rural, c’est aussi une terre de passage historique. Le plateau est traversé par l’une des plus célèbres voies du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, la via Podiensis, empruntée depuis des siècles par les marcheurs (ici on dit pèlerins) en route vers l’Espagne. Aujourd’hui, randonneurs et marcheurs y croisent encore les cloches des troupeaux, savourant un paysage où le temps semble suspendu. Rassurez-vous : vous pouvez faire pareil sans ampoules au pied et nuits en gîte. Où que vous posiez le regard, les prairies semblent s’étendre à perte de vue. Et ici, bien-sûr, les vaches jouent le rôle principal.

Les étapes rurales devenues incontournables
Arrêtez-vous notamment à Malzieu, une charmante cité médiévale où le temps semble s’être arrêté. Prenez le temps de vous balader dans les rues bordées de maisons et de fontaines en pierres. Faites aussi une pause aux Délices de la Tour, une adresse qu’on croirait tout droit sortie d’un film des années 50.
Cette impression d’être monté dans une machine à remonter le temps ne devrait pas vous quitter de tout votre périple. Comme les marcheurs et les vététistes, posez-vous un moment à la terrasse d’un petit café du village de Saint-Alban. Si le nom de cette bourgade vous dit quelque-chose, c’est peut-être à cause (ou grâce) à sa bête : un personnage dont on ignore - c’est bien là tout le sel de l’histoire - si elle est réelle ou fictive. Tout ce qu’on sait d’elle, c’est qu’elle aurait terrorisé la région du Gévaudan au milieu du 18ème siècle. Vous la verrez représentée, doutes dents dehors, dans plusieurs coins de la Lozère et du Cantal.
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Le renouveau du Buron
Délaissés pendant plusieurs décennies, les Burons, d’anciens abris de bergers typiques des pâturages d’altitude, sont le nouveau QG des touristes en quête d’une dose de ruralité. Les week-ends et en saison, ces habitats typiques du terroir cantalien sont pris d’assaut. Dans celui de Couderc, on s’installe à l’extérieur (la vue sur les champs est incroyable) ou à l’intérieur de l’un des symboles les plus gourmands de la renaissance du Massif central. Contrairement à la Margeride, le paysage est ici plus désertique. En prenant un peu de hauteur, on pourrait, sur certains plateaux, se croire catapulté en Islande.

Le décor archi-rustique des Burons joue à fond la carte rétro : murs d’origine en pierres, longues tables en bois, cloches de vache et fleurs des champs pour décorer le restaurant... Commandez l’incontournable Aligot : une purée de pommes de terre à la crème, au beurre de ferme et à la tomme du Cantal qu’on accompagne d’une saucisse de porc ou d’un morceau de bœuf d’Aubrac. Au dessert, le fromage ou la tarte aux myrtilles n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé. Si vous avez la digestion facile, enchainez sur une activité d’extérieur : un vol en deltaplane avec les oiseaux, une sortie en paddle sur l’un des lacs de la région (ils sont nombreux) ou une descente de la Truyère en kayak.
Forte de ses gorges et de sa vallée, cette rivière qui coule sous le célèbre viaduc Garabit Eiffel, figure parmi les atouts les plus rafraichissants de la région. Pour un début d’après-midi moins riche en sensations fortes, faites une halte à Nasbinals. Le village compte quelques magasins ancrés dans le terroir, dont la Grange au Thé, à visiter pour ses cosmétiques à base du thé d’Aubrac, un produit qu’on doit à un collectif de cultivateurs du plateau éponyme. Quant à l’Astro Marché, la supérette préférée des marcheurs, elle renferme quelques pépites dont des conserves (notamment du friton de Canard de la Drosera Gourmande à Laguiole, et une sélection de couteux de Lozère, à nouveau très à la mode, eux aussi.

En pratique
Au cœur de ce territoire, entre Lozère et Margeride, se dresse un ancien château, le château d’Orfeuillette, l’un des établissements de Christophe Brunel, un natif de la région. Situé à l’intersection de la Lozère et de la Margeride, cet édifice séduit par la beauté de son parc de 12 hectares, prolongement naturel des champs visibles à perte de vue. Dans ce décor paisible, chevaux, ânes et arbres centenaires partagent l’espace, offrant une immersion dans un rythme de vie plus lent et proche de la nature.
La découverte passe aussi par l’assiette : les tables locales mettent en avant des produits du terroir, parfois revisités, et d’autres fois proposés dans leur plus simple expression, toujours dans un esprit de convivialité propre à la région. La Belgique ne fait pas exception à cette envie : les Ardennes, la Gaume ou encore le Pays de Herve attirent chaque année des voyageurs en quête de forêts profondes, de villages au charme discret et de produits locaux qui racontent une histoire. Ici comme là-bas, la campagne n’est plus un simple décor de carte postale, mais une destination à part entière, où l’on vient se ressourcer et, parfois, se redécouvrir.
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