Spleen de septembre : pourquoi la rentrée nous met le moral en vrac

Spleen de septembre : pourquoi la rentrée nous met le moral en vrac - Anissa Hezzaz

Nous y voilà : Août s’évapore comme une bouteille de rosé trop vite vidée, les valises sont défaites à la hâte, et septembre nous attend au tournant. Le contraste est brutal : un jour on traîne en tongs, l’autre on court après le métro, les réunions, les mails en retard. Et soudain, le blues s’installe. Mais pourquoi cette période nous met-elle autant à plat ?

sosoir
Photo
Valeriia Miller on Unsplash

D’après la psychologue Marine Ghuys, le premier facteur est évident : l’absence de transition. « On passe d’un quotidien souple, où l’on a plus de temps pour soi et moins de contraintes, à un cadre très strict, très cadré. Et tout ça, du jour au lendemain », analyse-t-elle. Pendant les vacances, même avec des enfants, les journées se dilatent. Pas d’horaires fixes, pas d’alarme à 6h45, pas d’agenda à cases.

Le lundi matin de la rentrée agit comme un électrochoc : réveil tôt, enfants à l’école, agenda saturé, boîtes mail en ébullition. Tout revient d’un coup. « C’est ce manque de sas de décompression qui crée une forme d’angoisse », poursuit la psy. Comme si notre cerveau n’avait pas eu le temps de passer du mode vacances au mode productivité extrême.

Quand la lumière décline, le moral suit

Mais ce n’est pas qu’une question d’organisation. Septembre marque aussi le basculement vers l’automne, et notre corps le ressent. « Le raccourcissement des journées, la baisse de luminosité, la météo qui change… Ce sont des facteurs qui jouent très fortement sur l’état psychologique », insiste Marine Ghuys.

Et c’est prouvé : la lumière agit directement sur notre sécrétion de mélatonine et de sérotonine, hormones impliquées dans l’humeur. Résultat : moins de soleil, plus de fatigue, plus de vulnérabilité émotionnelle. Pas étonnant que le retour du bureau, couplé au retour du ciel gris, nous mette le moral en berne.

Les illusions perdues des vacances

Autre facteur, plus insidieux : la désillusion. On croit souvent que trois semaines de vacances vont nous “blinder” jusqu’à Noël. Mais la réalité nous rattrape. « Je remarque souvent un pic d’anxiété à la mi-septembre », observe la psychologue. « Les gens reviennent gonflés à bloc, persuadés d’avoir fait le plein d’énergie. Mais deux semaines plus tard, le crash arrive : les problèmes au travail n’ont pas disparu, les tensions sont toujours là. Et on réalise que les vacances ne sont pas magiques. »

En clair : si notre quotidien est trop étouffant, ce n’est pas trois semaines d’air iodé qui vont le transformer. Le spleen de septembre agit comme un révélateur de déséquilibres plus profonds : surcharge de travail, manque de sens, absence de respiration au quotidien.

Derrière le blues de la rentrée, il y a aussi un autre phénomène dont souffrent de nombreux Belges : souffrir toute l’année et se sauver en été. Ce cycle est une trappe redoutable. « Beaucoup de patients utilisent leurs congés juste pour dormir et rattraper leur fatigue. Du coup, ils ont l’impression de ne pas avoir vraiment profité », note Marine Ghuys. C’est le cocktail parfait pour le burn-out : on tire sur la corde onze mois, puis on croit que trois semaines suffiront à tout réparer.

Réhabiliter la rentrée

Et si, au lieu de la subir, on réinventait septembre ? Le mois a ses propres charmes : lumière dorée, énergie des nouveaux départs,... Au lieu de voir la rentrée comme la fin d’une parenthèse, on peut en faire le début d’une saison. Avec ses rituels, ses plaisirs, ses respirations.

Le spleen de septembre ne dit pas seulement “les vacances me manquent”. C’est peut-être là l’opportunité cachée : utiliser ce blues comme un signal. Non pas pour attendre l’été prochain, mais pour injecter un peu d’été dans nos vies, toute l’année.

Les clés pour apprivoiser septembre

Alors, que faire ? Pas de potion magique, mais des stratégies simples.

Anticiper la reprise : recaler doucement les horaires les jours qui précèdent. « Pas besoin de lever les enfants à 7h pour rien, mais éviter les couchers à 23h pour que le lundi matin de la rentrée ne soit pas une gifle », conseille la psy.

Programmer ses bulles de respiration : n’attendez pas d’avoir du temps, mais créez-vous en. Balade, yoga, massage, thé avec une amie… « Si on ne le planifie pas, ça n’arrive jamais », rappelle-t-elle.

Arrêter de fonctionner en mode sprint : penser l’année en micro-cycles, en se fixant des moments de repos réguliers. Comme une hygiène mentale. « Ça permet de profiter vraiment des vacances au lieu de passer les trois premiers jours à juste dormir et récupérer de son année», insiste la spécialiste.

Pour plus de conseils, retrouvez tous les conseils de Marine Ghuys sur Instagram.

Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici. 

Contenus sponsorisés

Magazine

MagazineJe découvre
SO FRIEND

SO FRIEND

So soir est une communauté… Découvrez nos concours et avantages so friend!

je découvre
CARNET D’ADRESSES

CARNET D’ADRESSES

Découvrez les bons plans sorties avec SoSoir

je découvre
MASTERCLASS

MASTERCLASS

Découvrez comment sublimer votre plateau de fromages.

je découvre