
Brad Pitt, ambassadeur du bouc ?
Brad Pitt a encore frappé. Dans la dernière campagne De’Longhi, l’acteur arbore un bouc bien taillé, et nous, on assiste à ça un peu incrédule. Car il faut bien l’avouer : le bouc est sans doute la tendance pilaire la plus clivante de toutes. À mi-chemin entre le philosophe de comptoir, le méchant de film des années 90 et le rockeur repenti, il n’a jamais vraiment quitté la scène, mais voilà que ce look de mousquetaire né à la mauvaise époque signe son grand revival.
Plus de contenu style : Qu’est-ce que le style « old money », cette tendance inspirée du luxe ?
La « dentist beard » n’est jamais vraiment partie
Nous pensions naïvement que cette infâme barbichette était morte et enterrée avec la mode des colliers ras-du-cou et des lunettes Oakley. Erreur. Déjà en 2016, The Guardian consacrait un papier à cette tendance, surnommée à l’époque « dentist beard », alors qu’Harrison Ford, George Clooney et même Boris Becker l’affichaient fièrement comme un symbole de sex-appeal. Depuis, les réseaux sociaux lui ont offert une seconde jeunesse. TikTok et X pullulent de tutos « how to goatee » pour transformer trois poils sur le menton en symbole de virilité. Car oui, il existe des boucs pour toutes les personnalités : classique, chevron, en cercle, court, collier, ancre, barbe ronde, et désormais le fameux « étendu » que porte Brad dans la pub italienne.
Rite de passage ou cache-misère ?
D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si ce look est souvent le premier réflexe pileux des ados. Faute de barbe complète, on rase tout sauf le menton et la moustache, histoire de faire croire qu’on est entré dans le club des grands. Une logique qu’on apercevait déjà dans les années 90. Sauf qu’aujourd’hui, pas besoin d’attendre qu’une star s’y mette pour oser : il suffit d’un tuto TikTok, et hop, on devient son propre Brad Pitt du dimanche.
Pourtant voilà, même bien entretenu, le bouc garde cette connotation douteuse. On pense à Walter White dans Breaking Bad : plus chimiste en cavale que sex-symbol. On pense à Tony Stark version Marvel : cool, mais caricatural. Bref, pas franchement le gendre idéal. La styliste Jessica Cadmus l’a bien résumé dans Business Insider : « Si vous n’êtes pas Idris Elba ou Brad Pitt, n’essayez pas. » Et franchement, difficile de lui donner tort.
Un marqueur social ?
Ce qui est fascinant, c’est à quel point le bouc fonctionne comme un révélateur social. Dans certains milieux, notamment la finance, il reste une faute de goût impardonnable. Dans d’autres, il marque au contraire une rébellion esthétique, un petit doigt d’honneur au rasoir Gillette. Mais globalement, il continue de souffrir d’une image « cheap », celle du type qui veut avoir l’air plus badass qu’il ne l’est vraiment.
Plus de contenus mode : Et si vous adoptiez la surcompensation pour booster votre style cet hiver ?
Alors, est-on prêt à voir revenir le bouc en masse ? On a des doutes. Certes, Channing Tatum s’est récemment affiché avec une barbiche blonde pour les besoins de son prochain film. Certes, la mode du revival rock et hip-hop colle bien avec ce style-là. Mais on reste sceptiques. Car il y a des tendances controversées qu’on accueille avec enthousiasme (le retour du velours côtelé, allez pourquoi pas). Et d’autres qu’on accueille comme un café tiède : pas franchement indispensable. Bref, Brad Pitt a beau réussir à écouler des machines à espresso, il lui en faudra plus pour nous convaincre que le bouc est une bonne idée.
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














