
Loélia Gachadoat, nouvelle patronne du game
À seulement 26 ans, Loélia Gachadoat décroche le titre de Lady Chef of the Year 2025. La Franco-Italienne, passée par Ferrandi à Paris et un stage XXL chez Massimo Bottura à Modène, dirige aujourd’hui Pluriel (Transinne) et Cultures (Redu).
Sa marque de fabrique ? Une cuisine terrienne et braisée, frontale et délicate à la fois : viandes, poissons, légumes, tout passe au feu vif, sous les yeux des convives, pour finir en assiettes d’une sobriété qui claque. Le jury salue une « maturité » et une constance bluffantes tout au long du challenge. La plus jeune lauréate de l’histoire, rien que ça.
Loélia, elle, garde la tête froide : oui, la compétition la dope, oui, elle assume l’héritage d’une grand-mère italienne qui cuisinait l’amour autant que les produits. Oui aussi à la filière locale, jusqu’à ce porc d’une finesse rare qu’elle a apprivoisé pour l’épreuve « viande » et qui devrait s’installer prochainement à la carte.
Être une femme et cheffe en 2024, c’est quoi le plus gros défi ?
Les autres lauréates à suivre :
Public Prize — Jolien Van Puyvelde (VAS, Beveren-Waas) : favorite du grand public avec plus d’un tiers des voix, elle confirme un parcours ultra cohérent, de ’t Korennaer à l’ouverture de VAS en 2020.
One-to-watch by Winterhalter — Cassandre Ercolini (Bozar)** : la cheffe exécutive qui muscle la signature de Karen Torosyan dans l’une des cuisines deux étoiles les plus affûtées du pays. Discrète en salle, indispensable aux fourneaux : on adore quand la lumière se déplace aussi sur celles qui tiennent l’édifice.
Rookie 2025 — Chloe De Leenheer (Spermalie) : 17 ans, bain de cuisine depuis l’enfance, stage chez Vrijmoed et une ambition claire comme de l’eau de roche : reprendre la maison familiale à Gand et la pousser jusqu’à l’étoile.
Pourquoi ce prix reste indispensable
Parce qu’en 2025, il faut encore créer un concours 100 % féminin pour qu’on daigne remarquer les femmes en cuisine. La Belgique compte 6 cheffes étoilées sur plus de 150 restaurants primés par le Michelin. Dans les brigades, les femmes sont nombreuses, mais plus on monte dans la hiérarchie, plus elles disparaissent. Pas faute de talent bien sûr, mais plutôt de place, de visibilité et de reconnaissance. Alors oui, Lady Chef of the Year dérange certains, parce qu’il « segmente ». Mais tant que le reste du monde professionnel continue à oublier les femmes, ce prix reste vital.
Plus de cheffes étoilées en vidéo : La Roseraie, l’adresse qui met à l’honneur le concept du soft-pairing
Et c’est là que Loélia change la donne. À 26 ans, elle prouve que le talent n’a pas besoin d’attendre qu’on lui tende la main. Elle incarne une génération qui refuse de choisir entre exigence et sensibilité, entre feu et finesse. Une cheffe jeune, technique et ancrée dans son terroir.
Parce qu’au fond, ce prix ne sert pas à « compenser » une injustice. Il sert à faire exister un paysage culinaire largement invisibilité. Et à rappeler, à qui veut bien l’entendre, qu’il est grand temps d’arrêter de parler de « femmes cheffes » pour parler simplement de cheffes. En attendant la prochaine édition, on file réserver au feu de Pluriel ou de Cultures .
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