
À l’origine du projet, il y a un bâtiment. Caché à l’ombre de l’université de Liège, il était autrefois occupé par une rôtisserie. En 2024, quand Anthony Rousselle et sa sœur Sarah commencent à s’y intéresser avec le projet d’y ouvrir une cantine de quartier, il n’était plus occupé depuis plus de 20 ans. « Les chaises de l’ancien restaurant prenaient la poussière et les coupoles avaient été obstruées. Il fallait tout recréer en partant de zéro ou presque. Avec nos associés, nous avons entamé d’importants travaux de rénovation, notamment en recréant les puits de lumière disparus », explique Anthony. « Nous nous sommes associés à différents partenaires dont le studio de design liégeois Fragma qui a imaginé notre logo et planché sur le choix des matériaux », poursuit-il.

Inaugurée en août 2024, Super Faim a misé sur un décor sobre et racé : mur en béton brut, sol et comptoir en granito coulé par l’artisan liégeois Bernardin, ainsi que d’élégants bancs, tables et étagères en noyer réalisés sur mesure pour l’espace. Et puis, bien sûr, l’ancienne rôtissoire qui trône à côté des cuisines, telle un vestige du passé. « L’idée, c’était de ne rien cacher. Ni le grill format XL qui reprend parfois du service à l’occasion de collaborations avec des cuisiniers invités, ni le vaste garde-manger que je n’ai pas voulu dissimuler derrière une porte et qui, désormais, fait partie du décor. »
Une autre bonne adresse liégeoise en vidéo :
Acid-lunch
Pour contrebalancer ce décor volontairement formel, Antony Rousselle et ses partenaires ont choisi de miser sur la vaisselle en porcelaine colorée et joyeuse du collectif bruxellois Frizbee ; des assiettes aux couleurs très flash et aux motifs nineties qui accueillent les créations de Sarah Rousselle : crevettes grillées à la coréenne, tatiki de bœuf sauce hotdog, fregola à la nduja… ; des recettes ancrées dans la culture street food aux influences volontairement métissées. Une mini-carte évolutive pensée pour ceux qui choisissent de luncher en position assise. Les autres commandent simplement un sandwich au comptoir.

En langage Super Faim, on appelle super ‘dwich, les pains garnis d’ingrédients ultra-choisis par Anthony. Il les prépare « minute » sur base de produits rigoureusement sélectionnés. Son jambon-beurre fétiche ou son Américain archi-frais sont emballés dans un papier au look graphique, clin d’œil aux nappes à carreaux des cantines de quartier où il fait bon s’attabler. C’est le cas de cette adresse branchée, mais déjà classique. En témoignent : les habitués qui s’y pressent chaque midi. Les autres pourront facilement repérer le lieu grâce au logo qui s’affiche sur la vitrine, côté rue. Il est signé Miles Signes, aka Jeremy Goffart, un « metteur en lettres » liégeois que de nombreuses adresses branchées s’arrachent. On a le souci du détail ou on ne l’a pas.
- L’adresse ? SUPER FAIM, Place du Vingt Août 15, 4000 Liège

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