Santa : « J’aimerais que la séduction soit détachée de l’enveloppe charnelle » - Santa, la gagne au coeur - Charlotte Vanbever

Santa : « J’aimerais que la séduction soit détachée de l’enveloppe charnelle »

« C’est une discipline de ne pas se croire arrivée », nous glisse Santa. 2025 se termine et restera son année. Celle de tous les possibles, où elle a « appris une forme d’acharnement face à l’adversité, face au non ». Prenons un peu de hauteur – ça tombe bien vu qu’elle chante souvent dans les airs – avec une battante qui tutoie les étoiles.
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Ben Fourmi

Elle a envie d’être « à la hauteur » de tous ses rendez-vous – une tournée, qui repassera par Forest National et qui a réuni déjà plus de 450.000 spectateurs, son « marrainage » du Téléthon… –, et elle a l’enthousiasme pour encore « aller tout arracher ». Santa a « la gagne » en elle, héritée d’un passé de jeune sportive. Elle a du talent évidemment. Artistique bien sûr, mais aussi celui de persévérer, de vaincre sa timidité pour se transformer sur scène en superhéroïne « à la conquête des cœurs ». Pour, au final, s’envoler, au propre comme au figuré. « C’est de l’image, mais c’est aussi un petit peu philosophique d’essayer d’aller plus près du ciel et de faire vibrer à d’autres niveaux. C’est grâce à l’impalpable qu’on remplit les vides, les silences. Mais ça, c’est la quête d’une vie ». On vous laisse méditer là-dessus ou, plutôt, on laisse Santa raconter dans un élan de sincérité ce parcours de « guerrière », où l’ego est tenu raisonnablement à distance.

Le poing fermé... - © Nathalie GUYON - France télévisions
Dans les airs... - Fifou
Fifou
On dit que 2025, c’est l’année de Santa, mais on l’avait déjà murmuré en 2024. Est-ce que maintenant vous avez l’impression d’avoir réussi quelque chose ?
Je ne sais pas si j’ai réussi quelque chose, mais j’ai réussi plein d’étapes. Et je vois toujours l’étape d’après. Cela permet de calmer un peu les ego et c’est une discipline aussi, de ne pas se croire déjà arrivée. Par contre, ce que je vois, surtout sur scène, quand je rencontre des milliers de sourires, c’est que cette étape, elle quand même géante, parce qu’il a fallu faire tout ce qu’il y a autour pour atteindre cette heure 45 de réjouissance. Ça, c’est le moment où, vraiment, je me prends en pleine face tous ces petits succès qui m’ont menée jusque-là.
Qu’est-ce que vous avez appris sur vous-même pendant cette dernière année très intense ?
J’ai appris une forme de discipline pour mettre tout ça en œuvre. J’ai appris une forme d’acharnement face à l’adversité, face au « non ». Même si je pense que c’était déjà en moi. J’ai appris à travailler collectivement aussi, à gérer un peu mieux le trac pour que ça ne me scie pas les jambes pendant les trois premières chansons et que je puisse aligner trois mots ! (Rires) Mais j’ai trouvé une manière de le détourner parce qu’arriver la tête à l’envers sur scène, c’est une manière pour moi de me mettre directement dans le show. Et d’avoir cette étape technique me permet aussi de libérer un peu mon cœur de cette panique.
Si on parle de votre acharnement face à l’adversité, cela veut dire que le « non » n’existe pas pour vous ?
Il existe et je suis tout à fait capable de l’entendre quand c’est pour des raisons de sécurité. Le « non », j’ai quand même cette capacité à l’entendre, en plus, je suis productrice, donc j’ai aussi cet aspect un peu terre à terre. Mais quand j’ai une idée et que je sais qu’elle est réalisable, je vais essayer de m’entourer de gens qui vont m’aider à la réaliser, des gens qui sont dans le « oui ». C’est pour ça qu’on pense que je suis belge, d’ailleurs ! (Rires) C’est une mentalité qui est plus belge que française.
Quelle est cette discipline que vous avez trouvée ?
Ce sont des entraînements tous les jours. Je fais les tests de vol chaque jour, c’est à chaque fois une salle différente, avec des calculs différents. Et c’est à moi de faire les tests avec l’équipe, pour voir la distance, où m’arrêter… À chaque fois, je remets mon titre en jeu. Je ne sais pas si je l’ai appris, mais je me l’applique : être là tout le temps.
C’est une discipline physique aussi…
Disons que je m’interdis certaines ivresses pour en découvrir de nouvelles ! (Sourire). C’est un moyen. Je ne me l’interdis pas en fait parce que je reçois tellement que ça me remplit bien assez le cœur.
Il y a une mentalité de sportive derrière ça, non ?
Oui. J’ai fait beaucoup de judo plus jeune et beaucoup de tennis. J’étais d’ailleurs vouée à une carrière de sportive. J’étais « championne » et j’ai eu un problème plus grave qu’un tennis elbow. Ça m’a coupée dans ma trajectoire de tenniswoman. C’est vrai, je pense que ça vient de là.
Vous parlez du mental de la « gagne », seule sur un terrain ?
Oui, je le vois, il y a quelque chose en moi qui aime la gagne, qui aime le challenge. C’est très sportif, t’as raison...
Cette force de guerrière vous l’avez dans votre voix, dans vos tableaux sur scène. Mais aussi quand vous prenez la pose : vous êtes souvent les poings fermés…

Retrouvez ici l’interview de Santa dans son intégralité (sur www.lesoir.be) et dans votre So Soir ce samedi en librairie en supplément gratuit du journal Le Soir.

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