
Elle dit être un livre ouvert. Kim Kardashian est suffisamment intelligente pour savoir qu’affirmer le contraire serait très mal perçu, alors qu’elle a posé les premiers jalons de sa notoriété en dévoilant l’intimité familiale des Kardashian dans une téléréalité matriarcale (Keeping up with the Kardashians depuis 2007, suivie de The Kardashians). Qu’aurait-on donc encore à découvrir sur l’une des femmes les plus connues et puissantes au monde – et peut-être encore mal comprise –, à l’heure où elle écrit un nouveau chapitre de sa vie ? Peut-être la réponse à cette question : comment a-t-elle fait ?
À ceux qui dénigrent (encore) sa réussite, affirmant qu’elle est devenue « célèbre pour rien », elle a répondu récemment dans l’un des podcasts les plus écoutés des Etats-Unis (Call Her Daddy) : « Si ce n’est rien, faites-le alors, si c’est facile ». On ne construit pas un empire sur du vent, pas moins sur un simple scandale ou des formes voluptueuses. On le construit en prenant conscience de son potentiel et de son pouvoir, nous apprendra Kim Kardashian. « Je pense que toutes les personnes qui m’ont fait du tort tout au long de ma vie ont contribué à me rendre forte et confiante. Toutes les personnes qui ont été positives et m’ont montré le chemin m’ont également aidée à évoluer et à grandir. Mes sœurs, ma famille, tout le monde tout au long de mon parcours. Je déteste dire qu’il n’y a pas de regrets, parce que bien sûr, il y en a. Mais je suis heureuse d’avoir pu trouver différentes voies professionnelles et d’avoir appris en cours de route », glisse-t-elle au cours de la présentation de la série All’s Fair à la presse internationale.
Il n’y aurait pas de secret, juste une volonté de fer – elle ne s’en est jamais cachée, celle de devenir célèbre quitte à réorganiser le dressing de sa copine Paris Hilton –, des épaules solides (les siennes et celles de la matriarche en chef, Kris Jenner), un cerveau à la hauteur de ses courbes et une volonté d’avancer, d’apprendre. L’opportunité de, non pas déconstruire un mythe, mais le comprendre en interviewant LA Kardashian herself est donc immense, tant l’occasion est rarissime : Kim n’a pas à s’expliquer pour se vendre, puisque tout ce qu’elle vend se transforme en or. Et ça fait plus d’une décennie que ça dure…
Fini la blague !
Plus de dix ans que Kim(berly) construit minutieusement un empire, et que la dynastie matriarcale des Kardashian règne sur Hollywood. Pourtant, on se souvient à peine comment cela a commencé. Le coup d’envoi, ou plutôt le déferlement, après une sextape et une émission de téléréalité, a été donné en 2014 quand Kim prévient vouloir « casser internet » (« break the internet »), cliché arty pour le magazine Paper à l’appui, devenu iconique : une flûte de champagne est posée en équilibre sur son fessier très rebondi. En cassant internet et les codes – fini l’ultraminceur comme standard de beauté –, elle le sait déjà : son apparition sur les réseaux sociaux est le début d’un monopole de l’attention et d’un impact culturel pérenne. Elle maîtrise son image mieux que quiconque, la valorise et devient une femme d’affaires XXL en produisant des shows pour la télé et en lançant ses propres marques. La dernière en date, Skims, qui valorise tous les corps à travers des sous-vêtements et shapewear inclusifs et qui s’apprête à accueillir une gamme beauty, pèserait quelque 4 milliards de dollars…
La voie de son père
Kim Kardashian côtoie donc les caméras – de téléréalité – depuis plus de 15 ans, et a même déjà « fait l’actrice » par le passé, notamment chez le même Ryan Murphy (réalisateur donc de ce All’s Fair) dans American Horror Story. Mais ici, pour cette série événement, pas de caméo, pas de coup de buzz. L’histoire est sérieuse. Parce que la nouvelle production de Disney+ aligne un casting d’actrices cinq étoiles (Naomi Watts, Glenn Close, Sarah Paulson…) et que Kim est au centre, mais, surtout, parce qu’elle y interprète une avocate (spécialisée dans le divorce)… un métier exercé par son regretté père, Robert Kardashian (ami et « acquittateur » d’OJ Simpson). Et qu’enfin, aujourd’hui à 45 ans, Kim Kardashian tente de réussir son examen du barreau. Six ans qu’elle étudie le droit, sur les pas de son père…
L’idée que les hommes puissent être intimidés par une femme ambitieuse ne m’inquiète pas tellement.
La légende des Kardashian veut que l’ultra-sensible Kim, à peine sortie de l’adolescence, traîne déjà dans le cabinet de son paternel adoré. « J’étais toujours la petite fille, surtout pendant les affaires très médiatisées, qui était dans son bureau à regarder toutes les photos des scènes de crime… Il m’a donné beaucoup de conseils sur le parcours pour devenir avocate, mais en fait, il m’en a découragée. Il m’a dit : ‘Je te connais, ma petite fille. Ça va te stresser beaucoup trop.’ Mais je pense qu’il aurait été très fier et très heureux. J’aimais la discipline, j’aimais le travail qu’il faisait », se souvient-elle. Et être un bon avocat selon Kim, « ce n’est même pas une question de connaissance du droit. C’est une question de cœur. C’est avoir le cœur de vouloir connaître le droit, de le comprendre, d’être juste et de faire ce qui est juste ».
En 2018, elle plaidait, épaulée par son team d’avocats, dans le Bureau ovale de Donald Trump pour gracier une jeune femme emprisonnée à vie. Elle obtient alors gain de cause. Cela aurait été le déclic. Derrière cette plastique, un activisme souvent ignoré ou raillé… « J’ai réalisé que je pouvais accomplir davantage de choses si je n’avais pas d’intermédiaire. Je devais toujours demander à un avocat ce qu’il fallait faire pour aider quelqu’un. De plus, je ne rajeunis pas, donc je ne pense pas que je pourrais mémoriser tout ce dont j’aurai besoin pour l’examen du barreau si j’avais encore attendu… Dans la vie, il n’y a pas de bon moment pour quoi que ce soit, il faut juste se lancer quand on en ressent le besoin ! ».
Vivre sa vie à sa façon
Mais que signifie « avoir le pouvoir » quand on est une femme ? Pour Kim, ce serait presque une évidence, un schéma dans lequel elle et ses sœurs (et frère) ont évolué. « J’ai grandi en voyant ma grand-mère et mon arrière-grand-mère travailler. Et mon arrière-grand-père et mon grand-père restaient à la maison avec les enfants… Donc, j’ai toujours vu un mode de vie différent, même si, à la maison, mon père était avocat et que ça a été différent jusqu’à ce que mes parents divorcent ». Quand sa partenaire de jeu, Niecy Nash, dessine sa définition d’être puissante quand on est une femme – « cela consiste à veiller à trouver votre voix, à vous défendre ainsi que les autres femmes. Et, finalement, à ne pas vous effacer. Ne vous rabaisser pour personne » –, Kim apporte une autre propre dimension : « Je suis d’accord avec ça et j’ajouterais que, simplement, c’est trouver sa propre joie, son propre bonheur est une force incroyable. Le simple fait de savoir que vous vivez votre vie à votre façon, comme vous le souhaitez, est si puissant… ».
All’s Fair sur Disney+ (avec Kim Kardashian, Naomi Watts, Glenn Close, Sarah Paulson, Niecy Nash, Teyana Taylor. De Ryan Murhpy).
Retrouvez ici la suite de l’interview de Kim Kardashian (sur www.lesoir.be) et dans votre So Soir ce samedi en librairie, en supplément gratuit du journal Le Soir.
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