
Un sourire carnassier, de grands yeux (très écarquillés), deux grandes oreilles pointues et une fourrure pastel. Voici la recette du succès des Labubu, ces petites peluches – mignonnes pour certains, angoissantes pour d’autres – qui ont littéralement envahi la planète en 2025. On les a vus accrochés à des sacs mais aussi placardés sur des vêtements de la marque Uniqlo. Les stars les ont adoptés à l’image de Rihanna, Dua Lipa, Lady Gaga ou Lisa du groupe de K-pop Blackpink.
Le fabuleux destin des Labubu
La folle aventure des Labubu débute en 2015. Il y a dix ans, l’illustrateur hongkongais Kasing Lung commence à grifonner des croquis. Il dessine un personnage aux allures de monstre et de lapin Gremlin. C’est la marque chinoise Pop Mart, géant du jouet en édition limitée, qui le transforme en success story mondiale. Après avoir conquis l’Asie, le Labubu débarque en Europe dans sa version porte-clés en 2023. Et rafle tout sur son passage.

Les Labubu ont la particularité d’être intégrés dans des blind box. Le principe ? Nous ne savons pas lequel nous allons obtenir : le rose, le vert, le bleu, le rouge, les paris sont ouverts. À la clé, de la joie ou de la déception (avoir deux fois le même Labubu est frustrant pour les collectionneurs). Sur les réseaux sociaux, les unboxing – l’ouverture des boîtes contenant les Labubu – ont explosé sur les réseaux sociaux. Les jouets se transforment en véritable business. Des éditions rares se revendent à prix d’or sur internet. Certains dépassent les 200 €, voire les 300 €, alors que leur prix de base avoisine les 30 €. Une dose de mystère, de la chance et de la rareté, Pop Mart a tout compris pour faire des Labubu LE phénomène de l’année 2025. La preuve de leur succès, ils ont d’ailleurs fait l’objet de contrefaçons avec les Lafufu vendus sur les sites d’e-commerces.
On décrypte en vidéo le phénomène des blind box :
Une action et des ventes en baisse
Oui mais voilà, trop de Labubu, tue le Labubu. Après une ascension fulgurante, l’avenir s’annonce plus sombre pour les peluches kawai. En septembre dernier, le média Bloomberg, spécialisé dans l’actualité économique, révélait que Pop Mart a perdu 13 milliards de dollars de capitalisation en trois semaines. Forbes annonçait même que le fondateur de la marque, Wang Ning, a perdu près de 6 milliards de dollars en moins d’un mois.
Après une flambée impressionnante, l’action des Labubu a été dégradée par JPMorgan, ses analystes jugeant le titre « trop cher ». Les experts ont également constaté un ralentissement de la demande. Une tendance qui a des conséquences : les prix sur le marché secondaire reculent, les montants des éditions limitées stagnent, tandis que les classiques se vendent de moins en moins chers. Quant aux vidéos sur TikTok et aux posts Instagram consacrés à la peluche, ils sont de moins en moins nombreux. Dans les rues, les Labubu ont disparu et ne sont plus accrochés aux sacs à main.
La fin de l’ère Labubu est un exemple parfait de la dure loi des tendances en 2025. Cela commence par un engouement spectaculaire alimenté par le mystère et les réseaux sociaux, avant de connaître une chute brutale éclipsée par une autre tendance qui connaîtra le même destin. Le phénomène rappelle celui des Sonny Angels, ces petites figurines détrônées par… les Labubus.
Les petites peluches ont en tout cas marqué ces deux dernières années et sont devenues des objets de pop culture. Reste à savoir si elles arriveront à renaître de leurs cendres pour nous surprendre. Ou disparaître à jamais.
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














