Pourquoi le parapluie est devenu un accessoire « boomer » - Le Boomer est désormais celui qui tient le manche. - Camille Vernin

Pourquoi le parapluie est devenu un accessoire « boomer »

La nouvelle risque d’être violente pour beaucoup d’entre nous. Mais après le portefeuille et le legging, un nouvel objet s’impose comme la véritable frontière entre la « Gen Z » et les « vieux » : le parapluie.
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Regardez la rue la prochaine fois qu’il pleut. Le casting est cruel. D’un côté, des trentenaires encombrés, crispés sous des dômes en nylon qui ne demandent qu’à s’envoler. De l’autre, la vingtaine triomphante, blindée par son équipement techwear et sa capuche en Gore-Tex. Oui, pour la nouvelle génération, le parapluie est considéré comme « cringe » (entendez « embarrassant »). Pire, ce serait même un aveu de faiblesse. Une relique encombrante sortie du siècle dernier, au même titre que le portefeuille bourré de cartes ou le journal papier.

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Le culte du « mains libres »

Mais pourquoi tant de haine ? Tout simplement parce que nous vivons dans une économie de l’attention où le smartphone est le prolongement naturel du corps. Avoir une main monopolisée par un manche en plastique est, pour un digital native, tout sauf ergonomique. En effet, impossible de scroller sur TikTok, changer de son sur Spotify ou répondre à un DM tout en tenant son Latte et son parapluie sous la pluie. Le parapluie apparaît désormais comme une entrave à notre disponibilité Connective. La capuche, quant à elle, offre la liberté absolue de rester au sec tout en maintenant sa vie numérique.

L’avènement du « Gorpcore »

Ou comment vivre à la ville comme à la montagne. Aujourd’hui, les « djeuns » s’habillent pour aller au bureau comme s’ils s’apprêtaient à faire l’ascension du K2. Arc’teryx, The North Face, Salomon ou Patagonia monopolisent les rues. Des vêtements qui coûtent une petite fortune, mais qui promettent confort et technicité. Le Gore-Tex et les matériaux déperlants ont rendu le parapluie… complètement obsolète. « À quoi bon s’encombrer de cet accessoire fragile à 10 euros qui finira à la poubelle au premier coup de vent, quand on peut porter sur le dos une veste à 400 euros conçue pour résister à une tempête en Alaska ? », s’étonne la Gen Z. Pourtant, au-delà du pratique, il y a l’esthétique.

L’esthétique de l’encombrement

Le parapluie, c’est le symbole de l’homme d’affaires de la City des années 90, ou de la mamie qui va faire ses courses au supermarché. C’est un objet qui crée une sorte de friction sociale : ça goutte partout dans l’entrée du magasin, ça prend de la place (humide) dans le métro, ça s’oublie dans les Uber. Bref, c’est un « boulet ».

La Gen Z, elle, voyage léger. Tout est dans le cloud ou sur le dos. L’image du jeune qui affronte la pluie juste avec sa capuche (ou parfois juste une casquette, par pur défi) renvoie une image de résilience, ce petit « je m’en foutisme » charismatique. Sortir un parapluie, c’est avouer que la pluie nous dérange, qu’on a peur d’être mouillé. C’est, en gros, manquer de « cool ».

Alors, la prochaine fois que le ciel se couvre, faites le bon choix : rester au sec à l’ancienne, ou avoir les mains libres ? Si vous choisissez la première option, assumez l’étiquette qui va avec. Félicitations, vous êtes un boomer.

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