
C’est le monde à l’envers. Il y a dix ans, le chic à Los Angeles était de tout piloter par smartphone. Le magazine Town & Country cite même une table de cuisine refusant de s’abaisser sans code secret. Un cauchemar digne de Black Mirror. De nos jours, lassés des mises à jour et des bugs, les propriétaires font cependant marche arrière. Aujourd’hui, l’argument choc à Beverly Hills, c’est la Dumb House (littéralement, « la maison bête »). Certains designers sont même payés 100 000 dollars pour réinstaller… des interrupteurs manuels !
La règle 60/30/10, le secret pour une déco intérieure parfaite ?
L’Europe préfère le « Low-Tech Luxury »
L’Europe adopte une approche plus pragmatique : le Low-Tech Luxury. L’idée n’est pas de supprimer la technologie, mais de la rendre invisible et fiable. « Beaucoup disent encore que la domotique, c’est la misère », concède Peter Gitsels, CEO de Duotecno. Pour lui, le rejet vient souvent d’une mauvaise installation : « Quand ce n’est pas fait ‘proprement’, on se retrouve avec des clients frustrés ».
Le bouton « all-off » : le nouvel antidépresseur
La maison doit redevenir un sanctuaire. Paradoxalement, la domotique le permet. La fonction la plus demandée ? Le bouton All-off. « En partant ou en allant dormir, on veut appuyer sur un seul bouton pour éteindre lumières, chauffage et alarme », explique l’expert. Le vrai luxe, c’est ça : supprimer la charge mentale.
La peur de l’obsolescence
Autre frein : la durabilité. Une maison dure 50 ans, un iPad 5 ans. « L’idée c’est d’être rétro-compatible », assure Peter Gitsels. « Un client équipé il y a 20 ans peut installer un écran dernier cri sur son ancien système ». L’objectif est de créer une infrastructure pérenne qui survive aux modes et ne devienne pas obsolète en sept ans.
Moins d’écrans, plus de sensations
Fini de sortir son smartphone pour allumer les toilettes : on veut le clic rassurant de l’interrupteur. Mais pour éviter l’« acné murale » (une enfilade de boutons), la domotique s’adapte. « En intégrant tout dans une ‘Smartbox’ », précise Peter Gitsels. La complexité technique est cachée dans le tableau électrique pour ne laisser, sur les murs, que des interrupteurs épurés.
Siri, tais-toi !
Même constat pour la commande vocale : « Siri, ouvre la porte », c’est amusant cinq minutes, mais au quotidien, c’est souvent plus lent et moins fiable que de la pousser soi-même. « Si on rentre dans le hall, un détecteur allume la lumière puis l’éteint. C’est ça le confort », illustre Peter Gitsels.
Au fond, la technologie la plus aboutie est celle qui a l’élégance de se faire oublier. La maison de demain ne sera donc ni « smart » (intrusive), ni « dumb » (dépassée). Elle sera simplement silencieuse.
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