
C’est l’heure des preuves ! Un marathon de neuf jours s’ouvre ce lundi 2 mars à Paris. Si l’année dernière ressemblait à un mercato géant où les chaises musicales s’agitaient dans tous les sens, l’automne-hiver 2026-2027 est celui de l’ancrage. Finies les notes d’intention floues : les nouveaux directeurs artistiques doivent transformer l’essai et prouver que leur vision tient la distance.
Décryptage : le discount peut-il vraiment devenir chic ?
Le baptême du feu d’Antonin Tron et l’adieu de Pieter Mulier
Le 4 mars est sans doute la date la plus attendue du calendrier. En début d’après-midi, tous les regards convergeront vers Balmain. Après quatorze années d’ère Rousteing, fortement médiatisées et marquées par l’opulence baroque, Antonin Tron (le génie derrière Atlein) présente sa première collection. On y attend une mode plus concrète et moins spectaculaire, misant tout sur la coupe et la matière. Une vision peut-être plus ancrée dans la réalité du vêtement que dans le pur spectacle.
À l’opposé du spectre, Pieter Mulier présentera son dernier défilé pour Alaïa à 21h. En cinq ans, le Belge a réussi l’impossible : respecter l’héritage de Monsieur Alaïa tout en rendant la marque ultra-désirable pour la nouvelle génération. Son départ pour Versace promet d’ores et déjà un dernier show d’anthologie, une sorte d’adieu magistral.
La Belgique, nouveau centre névralgique
Cette saison confirme aussi que l’école d’Anvers et la scène bruxelloise ne sont plus des outsiders, mais les piliers du calendrier. Julie Kegels, demi-finaliste du Prix LVMH 2026, ouvre le bal dès lundi avec son énergie pop et un vrai sens de l’ironie. Marie Adam-Leenaerdt continue quant-à-elle de redéfinir le vestiaire quotidien avec un sens de la coupe qui force le respect.
On suivra également le duo Matières Fécales, dont l’esthétique post-humaine et radicale reste l’un des rares chocs visuels garantis du calendrier. Sans oublier les «piliers» : Anthony Vaccarello chez Saint Laurent le mardi soir, et Julian Klausner qui signe sa troisième collection pour Dries Van Noten, confirmant qu’il a su apprivoiser l’héritage du maître.
La confirmation des « secondes fois »
C’est le grand test de cette édition : les deuxièmes collections. Celles de Jonathan Anderson pour Dior, Matthieu Blazy pour Chanel et Pierpaolo Piccioli pour Balenciaga seront scrutées à la loupe. Le premier défilé pose le décor, le second installe une grammaire. C’est là que l’on verra si le public adhère sur le long terme à ces nouvelles identités de marque.
Entre absences et happenings
Le calendrier accuse également quelques absences notables, comme Coperni, en pause forcée, ou Valentino, qui défilera exceptionnellement à Rome le 12 mars pour un hommage d’Alessandro Michele aux racines de la maison. Pour compenser, la ville vibre hors des podiums : les Watchparties de Lyas au Théâtre du Châtelet démocratisent le front row, tandis que le Dover Street Market propose des lancements de zines et des concerts olfactifs pour les initiés.
Bref, Paris FW26 ne se contentera pas de montrer des vêtements, elle donnera à voir à quoi ressemblera le luxe de demain. Intense, exigeant et résolument tourné vers le futur.
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