
Elle est ingénieure de formation, a été consultante notamment dans le domaine brassicole, a grandi avec un papa médecin mais jamais, « ô grand jamais » disait-elle, elle n’aurait voulu faire carrière dans le domaine médical. Pourtant… C’est en tant que CEO du CHU Brugmann que Caroline Franckx a reçu, début février, le Bold (pour « audace ») Woman Award (by Veuve Clicquot) récompensant sa « gouvernance proche, authentique et visionnaire » de cet hôpital public, depuis 2021. Sa « love story » comme elle dit avec le secteur hospitalier a commencé sur le tard, mais la flamme n’est pas près de s’éteindre. « Ça tourne H24, 7 sur 7, et ça grouille dans tous les sens. Je me suis rendu compte de l’importance de tout le travail qu’on y faisait, pourquoi on le faisait en fait, pour les patients. Tout a un sens ». Quand on demande à cette leader d’une équipe de 4000 personnes pourquoi elle est aujourd’hui la bonne personne pour occuper cette fonction, elle répond (non sans un temps de réflexion) forte de ses expériences passées : « Je crois que j’ai une force de frappe dans l’exécution. J’ai toujours été ultra-active, à mener plein de choses de front. Je suis aussi très organisée, très structurée et je pense que c’est une des compétences clés à avoir dans la fonction que j’ai, dans un secteur où l’organisation est complexe. Il n’y a pas un jour qui se ressemble, avec ses surprises positives et négatives. Et mon énergie me permet, je pense, d’emmener les équipes avec moi »
Lou Garagnani ne manque pas non plus d’énergie. Il y a cinq ans, elle se lançait dans un projet inédit en Belgique : créer un espace de jeux, sensoriels et immersifs pour tous les enfants, un lieu inclusif doux et joyeux pour les familles. Française, diplômée des Beaux-Arts, elle avait « plutôt dans l’idée de s’épanouir professionnellement dans une branche purement artistique ». Mais au gré des aléas de la vie, ce sera dans l’entrepreneuriat, et en Belgique, qu’elle trouvera sa vocation, jusqu’à recevoir le très encourageant Bold Future Award pour l’audace et le courage dont elle a fait preuve depuis l’ouverture du 1er Monde d’Ayden (il en existe désormais trois en Belgique, à Uccle, Wavre et Nivelles et, prochainement, un quatrième devrait ouvrir à… Paris). « Avant, j’avais des jobs alimentaires, j’ai eu un poste de manager de Zara. Mais j’ai adoré avoir cet aspect très gestion », nous glisse-t-elle. Qui lui servira par la suite, quand il a fallu se réorienter en affrontant un tsunami : son 2e enfant, Ayden, naît porteur d’un multi-handicap rare.

« On ne s’attendait pas à avoir un enfant avec des besoins particuliers. J’ai tenu une petite année, puis j’ai fait une espèce de burn-out parental/professionnel ». Et est venu le questionnement : « qu’est-ce que je suis en train de faire de ma vie ? Ce que je fais n’a pas de sens aujourd’hui ». Lou s’est alors retroussé les manches, en quête d’alignement - « il y avait ce besoin vital de créer quelque chose pour moi et ma famille, et de faire quelque chose qui allait me réaligner ». Le Monde d’Ayden allait prendre forme. Non sans mal. « L’année 2020 a été assez compliquée, on s’est séparé avec le père de mes enfants, avec le Covid par-dessus. Mais je me suis dit que je n’étais pas la seule à vivre ça. En discutant autour de moi, je voyais des parcours similaires, des gens qui vivaient les mêmes galères, avec les mêmes questions. Dans ce chaos total est née l’idée de créer un espace dans lequel on puisse intégrer les parents, qu’ils puissent souffler, et qui répondrait véritablement aux besoins des enfants, et d’autant plus de ceux ayant des particularités. Je n’y connaissais rien, mais tout dans mon parcours m’a été utile pour créer mon entreprise ».
lemondedayden.be
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