Matthias Schoenaerts : « Je ressens ce que j’ai envie de faire et je mets de la couleur dessus… » - Sigrid Descamps - Journaliste

Matthias Schoenaerts : « Je ressens ce que j’ai envie de faire et je mets de la couleur dessus… »

Star de l’écran, il tourne entre l’Europe et les États-Unis, donne la réplique aux plus grands noms d’Hollywood, et pourtant, l’acteur belge ne semble jamais aussi heureux et libre que lorsqu’il devient Zenith, artiste de street art et curateur de la dixième édition de The Crystal Ship, festival dédié au genre à Ostende…
Sigrid Descamps Journaliste
Photo
Olivier Pirard

Depuis plus de 20 ans, l’acteur belge trace sa voie sur les écrans. Révélé dans « Anyway the wind blows » et surtout, « Bullhead », il a parcouru du chemin, traversé les frontières et les océans, donné la réplique à Marion Cotillard, Kate Winslet, Ralph Fiennes ou Charlize Theron, parmi d’autres. Ces derniers mois, il a tourné avec Jean-Pierre Jeunet et Terrence Malick et il sera cet été, à l’affiche de « Supergirl ». Pourtant, on l’a rarement vu aussi enthousiaste que ce matin-là, lorsque nous le rejoignons sur le parcours de la dixième édition du festival The Crystal Ship, à Ostende. Une édition dont il est le curateur, en sa qualité d’artiste de street art, sa seconde passion, qu’il exerce sous le pseudonyme de Zenith et qui l’anime depuis l’adolescence.

Matthias Schoenaerts : « Je ressens ce que j’ai envie de faire et je mets de la couleur dessus… » - Olivier Pirard - Sigrid Descamps - Journaliste
Loomit et Matthias Schoenaerts - Olivier Pirard
Matthias Schoenaerts : « Je ressens ce que j’ai envie de faire et je mets de la couleur dessus… » - Olivier Pirard - Sigrid Descamps - Journaliste
Mumby et Matthias Schoenaerts - Olivier Pirard
Matthias Schoenaerts : « Je ressens ce que j’ai envie de faire et je mets de la couleur dessus… » - Nick Decombel - Sigrid Descamps - Journaliste
Matthias Schoenaerts devant la fresque de Jaba - Nick Decombel
Entre vous et le street art, c’est une histoire qui date ?
Oui, avant même d’être acteur. J’ai débuté vers 13-14 ans, avec des tags comme tout le monde, et ça ne m’a jamais quitté. J’ai fait des tags clandestins et ensuite, des graffes avec des lettrages, puis de la 3D, j’ai recherché, expérimenté et après, ça s’est vraiment développé dans un langage très reconnaissable…
Qu’est-ce qui vous a séduit si tôt ?
Enfant, je vivais avec ma grand-mère près de la gare du Nord, dans un quartier assez pourri à Bruxelles. Quand je prenais le train d’Anvers à Bruxelles, au niveau d’un pont à Schaerbeek, il y avait des graffes. J’avais 5 ou 6 ans, je collais mon visage à la fenêtre pour les voir à chaque voyage. À cette époque, je n’avais jamais encore visité de musée, pour moi, la peinture, c’était ça ; j’étais fasciné par les couleurs. Ça m’a inspiré et j’ai commencé à dessiner, chez moi, des petits dessins, des peintures…
Finalement, le cinéma, c’était un accident heureux ?
Plutôt une autre forme d’expression. J’ai étudié l’art dramatique. Mais même pendant cette période, je peignais encore énormément. Puis le cinéma a pris de plus en plus de place et je n’avais plus le temps de peindre… J’ai repris pendant le confinement. J’ai fait une dizaine de fresques pendant cette période, notamment dans deux prisons, à Audenarde et à Anvers. Depuis, j’ai enchaîné pas mal de tournages. Là, j’ai fini deux films, j’en termine un actuellement en France, puis j’enchaînerai avec un tournage avec Halle Berry ; certains films doivent encore sortir, mais après tout ça, je fais une pause. Je vais prendre du temps pour moi, finir d’installer mon atelier et me remettre à peindre à fond…
Comment décririez-vous votre approche ? Quand on voit vos deux fresques réalisées à Ostende pour The Crystal Ship par exemple, le style semble très différent…
On retrouve dans les deux quelque chose de libre, il y a beaucoup de fissures aussi, et en même temps, une quête de perfection. C’est un truc qui revient constamment dans tout ce que je fais. J’ai du mal à décrire mon travail. Je ressens ce que j’ai envie de faire et je mets de la couleur dessus. Je suis toujours mû par l’envie d’exprimer quelque chose… J’utilise des langages différents, des techniques. J’en ai vraiment expérimentées beaucoup quand j’étais très jeune. Il y a certaines choses que j’ai bien aimées mais c’était juste de l’entraînement. Un peu comme un pianiste qui s’entraîne 20 ans pour être un bon pianiste. Là, je maîtrise quand même pas mal de techniques, mais je cherche toujours… Je veux par exemple reprendre la peinture sur toile et voir où ça va m’amener.

Retrouvez l’interview dans son intégralité en cliquant sur ce lien (sur www.lesoir.be) et dans votre So Soir ce samedi en librairie en supplément gratuit du journal Le Soir.

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