Ces sites naturels menacés par le surtourisme - Les falaises d’Etretat en proie au surtourisme. - Audrey Morard

Ces sites naturels menacés par le surtourisme

De la France à la Thaïlande, en passant le Monténégro, des sites naturels sont de plus en plus menacés par le tourisme de masse. Tour d’horizon de ces trésors convoités, mais à protéger et préserver.
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Les falaises d’Etretat (France)

Situées en Normandie, les falaises d’Etretat constituent l’un des plus beaux sites naturels de France... mais aussi l’un des plus visités. Chaque année, environ 1,5 million de touristes s’y pressent pour 1.100 habitants. Un afflux qui agace et exaspère les locaux. Dans les colonnes de Ouest-France, un habitant déclarait se sentir prisonnier de son propre village pendant l’été. Le piétinement des visiteurs détruit en effet la pelouse qui protège le haut des falaises. Or, sans cette pelouse, l’eau s’infiltre plus facilement et accélère le recul des falaises, déjà menacées par le changement climatique. Les piétinements répétés provoquent en plus des fissures et des chutes.

Depuis le 28 avril 2025, un arrêté municipal interdit l’accès à certains sites très prisés des promeneurs, sentiers de falaises ou plages menacées d’éboulement. Parmi les sites, le fameux tunnel du « Trou à l’homme » qui traverse la falaise, dans lequel des imprudents se retrouvent régulièrement piégés lorsque la marée remonte.

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La calanque de Sugiton (France)

Toujours en France, la calanque de Sugiton, nichée non loin de Marseille, est elle aussi en proie au tourisme de masse avec jusqu’à 2.500 personnes par jour pendant l’été. Pour lutter contre le phénomène, le Parc national des Calanques a limité le nombre de visiteurs en soumettant l’accès à une réservation obligatoire et gratuite pendant la très haute saison. Le slogan, que l’on peut lire sur la page d’accueil du site dédié à la calanque de Sugiton, le clame haut et fort : « Réserver, c’est protéger ».

Il est également mentionné l’ensemble des conséquences négatives provoquées par le tourisme de masse : « Cette surfréquentation provoque un phénomène d’érosion très marquée. Sous l’effet des pas répétés des visiteurs, la terre glisse en direction de la plage. Cette disparition du sol menace la pinède : les racines des vieux arbres sont mises à nu et les jeunes végétaux ne peuvent pas pousser. Si nous ne faisons rien, il y a un risque de dégradation irréversible du site, de sa biodiversité et de ses paysages. La mise en place d’un système de réservation a pour objectif de ralentir l’érosion pour amorcer la restauration du milieu naturel, tout en permettant de conserver des opportunités de visite ». Le système de réservation est d’ailleurs encore appliqué le 5 et 6 septembre ainsi que les 12 et 13 septembre.

L’archipel de Raja Ampat (Indonésie)

Lieu très prisé des plongeurs, Raja Ampat est aussi de plus en plus exposé au surtourisme. Le média Time Out citait l’archipel parmi les destinations émergeantes les plus exposées au surtourisme. La raison ? Une campagne marketing bien ficelée qui a mis le lieu sous les projecteurs. Raja Ampat connaît depuis une importante croissance touristique. Pour limiter les effets négatifs du tourisme de masse, Time Out conseillait « d’explorer la région à bord d’un navire à faible impact environnemental, comme le voilier Ombak Putih du New Scientist, préférable à un séjour sur les îles, qui ne ferait qu’aggraver la situation ».

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Les Bouches de Kotor (Monténégro)

Depuis quelques étés, le Monténégro attire de plus en plus de touristes désireux de découvrir ce pays d’Europe de l’Est. Moins cher que le sud de la France, l’Italie ou la Grèce, il abrite de nombreux atouts pour séduire les touristes avec de belles plages, de jolies villes et villages pittoresques, mais aussi des merveilles de la nature, à commencer par les Bouches de Kotor. L’endroit fait penser à un fjord d’Europe du nord avec pour décor les majestueuses Alpes dinariques. Les Bouches de Kotor voient aujourd’hui défiler de plus en plus de bateaux de croisières avec environ 500 grands bateaux chaque année.

La venue des touristes en masse provoquent des embouteillages, mais aussi une dégradation de l’environnement qui contraignent une partie des 22.000 habitants de la ville à quitter leurs maisons, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour diminuer la pression touristique, il est conseillé de visiter les Bouches de Kotor hors saison estivale.

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