Lille, c’est un peu comme cette cousine qu’on affectionne particulièrement, qui n’habite pas loin, mais à qui on ne rend pourtant pas visite assez souvent… Quand on débarque du train, la déconnexion commence, avec toutefois un petit côté familier. D’ailleurs, comme en Belgique, ici aussi, on parle de « pain au chocolat » à la boulangerie (sauf que là, il coûte 1, 50 euro). Il suffit de traverser une rue pour déjà poser un pied dans le vieux Lille. Pour le coup, notre hôtel, le Babel Lille (19 place des Reignaux), est à deux pas des deux gares (Lille Flandre et Lille Europe, l’une à côté de l’autre). Un quartier en pleine gentrification, où fleurissent les restos et boutiques-hôtels branchés.
Jour un – au cœur de la ville
En moins de dix minutes, on rejoint la Grand-Place à pied. Cœur battant de la cité, le Vieux-Lille est une invitation à la déambulation, le nez en l’air à observer les jolies façades du XVII au XIXe siècle. Tout autour de la place, des restaurants avec terrasse et des commerces. Dont le célèbre Furet du Nord ( 15 place Général de Gaulle), la plus grande libraire du pays, avec entre autres, un bel espace dédié aux mangas.
Comme souvent dans les hauts lieux des grandes villes, on trouve surtout des grandes enseignes, mais pas seulement. Par exemple, dans la galerie Grand’Place (8 place du Général de Gaulle), sise en dessous des locaux de nos confrères de La Voix du Nord, on déniche Urban Music, un petit disquaire qui propose des pépites funk et hip-hop, Abystyle, un repaire pour fans de mangas et autres animations des années 80 (Goldorak, Ulysse 31 ou Cobra), ou encore Place des Patronnes, un espace dédié à la production locale et durable, où l’on trouve tout autant des savons que des bijoux ou encore des vêtements.

De retour sur la place, on fait un petit détour par la cour intérieure de l’ancienne Bourse – un bâtiment classé depuis les années 1920, qui est en fait un emboîtement de 24 maisons du XVIIe siècle – où des bouquinistes vendent d’anciens livres et magazines, des affiches et affichettes diverses, de films notamment. On y croise parfois aussi des joueurs d’échecs et certains soirs, des amateurs de tango.
Shopping et bistronomie
On quitte la place pour aller se perdre dans les petites rues pavées adjacentes. Une idée de point de départ : la rue Esquermoise, où l’on trouve l’une des plus anciennes boutiques de la ville, Meert (25/27 rue Esquermoise), la plus ancienne pâtisserie de France, fondée en 1667, dont la façade et la déco intérieure valent à elles seules le détour. De là, on emprunte l’une ou l’autre rue, pour aboutir tantôt sur la place Louise-de-Bettignies, où se succèdent les maisons classées, tantôt sur la place Gilleson, où trône la cathédrale de Notre-Dame-de-la-Treille. Un bâtiment mi-moderne, mi-néogothique - sa construction s’étant faite en plusieurs temps - , qui abrite des vitraux remarquables, mais aussi, dans sa crypte, le Centre d’Art Sacré.

Vers 13 h, on s’offre une pause juste en face, chez Paddo Café (19 rue du Cirque), lieu dont – l’indice est dans le nom – la spécialité est le café, servi de plusieurs façons, mais où l’on peut aussi déguster des assiettes aussi garnies que gourmandes. Pour la note sucrée, on fait une halte chez Astral Glace (13 rue du Cirque), un salon de thé qui fait à la fois glacier et chocolatier, où l’on peut goûter des glaces artisanales aux goûts classiques – pistache, caramel beurre salé, spéculoos, chocolat noir… – ou étonnants – matcha, sésame, vanille & huile d’olive…
On reprend notre promenade dans le dédale de la vieille Ville, entre boutiques artisanales, concept stores, librairies et enseignes en vue. Entre autres adresses qui sortent du lot : Memento Mori (122 rue Esquermoise), caverne d’Ali Baba pour les adeptes d’accessoires et d’objets déco décalés. Un peu dans l’esprit de boutiques comme Wonder Friends ou Hopono chez nous. La friperie Tilt Vintage (33 rue de la Clef) et ses trésors des 90’s ou dans un autre style – et un tout autre budget –, Série Noire (14 rue Lepelletier), boutique multimarques à la sélection pointue (AMI, Maison Margiella, Victoria Beckham…).
Le soir arrivant, l’appétit revient et on s’attable à la brasserie Campion (32 rue Lepelletier, réservation vivement conseillée), l’adresse lilloise du groupe Nouvelle Garde. Le cadre est chaleureux, avec trois salles et autant d’ambiances. Perso, on a testé la véranda, lumineuse, avec vue sur la cuisine ouverte. Sur chaque table, une cruche en forme d’animal ou de fruit, kitsch à souhait, donne le ton : ici, c’est sans chichi. Dans l’assiette, de la cuisine de bistrot (œuf mayo, huîtres, croquettes de crevettes, tartare de bœuf, bar grillé…), simple et bien exécutée. Et pour s’achever, un Paris-Brest avant de régler une addition plus que raisonnable (ça nous change de Bruxelles).

Encore plus de bonnes adresses lilloises en vidéo :
Jour deux – Place à la Culture
Changement de thème en cette seconde journée. Difficile dans le lot d’activités et musées qu’offre la ville de faire un choix. On choisit donc un classique : le Palais des Beaux-Arts. Installé sur la place de la République, le lieu abrite des collections de pièces du XIIe au XXe siècle, dans un cadre majestueux. Certains espaces valent autant le coup d’œil que les œuvres aux cimaises. Avec, au sous-sol, d’impressionnants plans-reliefs de plusieurs villes françaises et belges comme Namur et Charleroi. De quoi occuper une bonne partie de la matinée.

Pour le lunch, retour dans le centre (à une dizaine de minutes à pied), pour tester La Wilderie (2 rue Saint-Étienne). Une adresse qui fait à la fois office de resto, espace de travail et… magasin de plantes. Un lieu qui, sans surprise, fait la part belle à l’offre végétarienne, avec aussi des propositions vegans et sans gluten. Et surtout, c’est bon !
De là, on monte dans le métro pour rejoindre, à une vingtaine de minutes du centre, la Gare de Saint-Sauveur (17 boulevard Jean-Baptiste Lebas). Une ancienne gare de marchandises qui a été entièrement réaménagée pour se muer en espace social et culturel. Une fois passé le portail, on admire une fresque murale d’Hervé Di Rosa, et on arrive dans une grande cour avec une halle de chaque côté, l’une qui accueille, un cinéma, un bar, Le Bistrot de St-So, et une scène de spectacles. L’autre, qui est reconvertie en espace d’exposition, avec jusqu’au 27 septembre, un focus sur des artistes méditerranéens.
Vers 18 h, notre mini-séjour s’achève et on repart vers Bruxelles. On jette un dernier coup d’œil à l’impressionnante fresque murale de Jean Pattou – 2 500 m2, soit l’une des plus grandes d’Europe – et on remonte dans le train, en se promettant, comme quand on repart de chez cette cousine qu’on aime tant, qu’on reviendra vite…
En pratique :
S’y rendre : En voiture, au départ de Bruxelles, comptez une heure et demie de trajet. Mais le plus simple reste train : 35 minutes en TGV, 1 h 40 via les lignes régulières avec une correspondance à Tournai.
Où loger ? On a testé l’hôtel Babel Lille. Ouvert depuis peu à deux pas des gares, le lieu est chaleureux, décoré sur des thèmes marins, avec des objets chinés, et ci et là, des influences rétro. Ses points forts : un personnel ultra-souriant, des chambres confortables (avec, entre autres, des chambres familiales où loger à quatre), un petit-déj’ qui mise sur le bio et le fait maison, et surtout, la proximité du centre-ville, que l’on rejoint en moins de dix minutes. (19 place des Reignaux)

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