Le 1er mai en trois anecdotes historiques

C’est bien connu : lors de la fête du Travail, on ne travaille pas. Mais pourquoi cela ? Comment en est-on à associer le travail à un jour de congé ? Petit tour de la question en trois points.

KEVIN DUPONT. PHOTOS : D.R. |

Une fête née dans le sang

Les manifestations socialistes du 1er mai sont là pour le rappeler : la fête du Travail, c’est tout d’abord leur fête. Pour le comprendre, retour à la fin du XIXe siècle. Les conditions de travail des ouvriers sont alors particulièrement pénibles. La moyenne de temps de travail se situe aux environs de 12 heures par jour, ce qui vous laisse imaginer les maximas.

Le 1er puis le 4 mai 1886, des travailleurs de la région de Chicago n’en peuvent plus et réclament la journée de huit heures. La manifestation tourne au carnage après l’explosion d’une bombe, des anarchistes sont accusés à tort du méfait et sont pendus. Tollé international.

Ce massacre ne fait alors que renforcer la revendication des huit heures. Un appel à la manifestation est fait pour le 1er mai 1890 par la Fédération américaine du Travail puis par le Congrès de la Seconde Internationale socialiste à Paris. Et l’histoire commence comme cela, sous la forme de grèves des travailleurs qui se renouvelleront ensuite.

Le congé du 1er Mai : une perversion vichyste

Ces grèves de gauche ne plaisent pas à tout le monde, et elles ne s’arrêtent pas avec l’octroi des huit heures après la Première Guerre mondiale. Tactique des dictateurs de l’époque : couper l’herbe sous le pied des travailleurs en détournant l’événement en congé.

En Italie, Mussolini fait coïncider fête du Travail et anniversaire de la fondation de Rome. En France, Pétain fait du 1er mai un jour férié et détourne le nom. On ne parle plus de la « journée des travailleurs » mais de la « fête du Travail », suivant le slogan de la France vichyste « Travail, Famille, Patrie ».

1er mai célébré partout… sauf où il est né

Les communistes ont beau ne pas avoir aimé la perversion de leur journée, après la Seconde Guerre mondiale, toute une série de pays adopte ce jour de congé. Aujourd’hui, presque tous les pays du monde suivent la même tradition, sauf paradoxalement dans le berceau d’origine de la fête.

Les pays anglo-saxons, dont les États-Unis, ont bel et bien une fête du Travail mais généralement début septembre. Aucune justification à cela, si ce n’est qu’il manquait un jour férié durant cette période. Pourquoi ne pas avoir suivi les autres ? Tout simplement à cause de la peur communiste. Après la création de l’URSS, le 1er mai est même devenu la « fête de l’américanisation ». Depuis, elle a été renommée « fête de la Loyauté ». Tout un symbole.

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