L’escapade romantique : Vienne en train de nuit

L’engouement pour les voyages ecofriendly a contribué au retour des trains de nuit, une formule qui, jusqu’il y a peu, était tombée dans l’oubli. Depuis mi-janvier, les Belges peuvent rejoindre Vienne en moins de douze heures tout en dormant. On a testé le concept.

Par Marie Honnay. Photos D.R. |

Lancé en janvier en Belgique, Nightjet, le nom du train de nuit orchestré par la compagnie ferroviaire autrichienne ÖBB, permet désormais de rejoindre Vienne via Innsbruck (une destination pratique si vous souhaitez partir skier en train) en une nuit. Si la perspective d’un voyage en train titille votre âme voyageuse et que vous vous voyez déjà sur les pas (enfin, plutôt les rails) des utilisateurs de l’Orient Express, vous faites fausse route. Le train de nuit reste un marché de niche. Les coûts liés aux liaisons de nuit, ainsi que la logistique qui en découle car il faut combiner voyage en train et service hôtelier - est assez complexe, mais elle rencontre déjà un vrai succès au départ de l’Allemagne. Tant du côté des voyageurs habitués à ce mode de transport que de la nouvelle génération, désireuse de voyager autrement, et de tourner le dos aux compagnies aériennes low cost. Curieusement, ce sont les lits-cabines, la formule la plus chère, qui rencontrent le plus de succès auprès des voyageurs, le train de nuit reste un choix majoritairement lié aux voyages d’agrément, même si certains voyageurs d’affaire décident eux aussi de limiter leurs déplacements via les airs. Le train de nuit serait donc le nouveau mode de transport en vogue ? Si oui, ça tombe plutôt bien. Nous l’avons testé en primeur au départ de Coogne. 

Le train de nuit au banc d’essai

Cologne, 21 h 21. Puisqu’il paraît que « Le train, c’est déjà un goût de voyage », nous profitons de ce départ tardif pour dîner avant d’embarquer dans le Nightjet, direction Vienne. Notez qu’une carte, esprit « room service » est également disponible si vous préférez manger dans le train. A notre arrivée dans la cabine, les lits ne sont pas encore faits, mais un kit de nuit (pantoufles, bouteille d’eau, mini serviette de bain, crackers pour les petits creux…) nous attend. Notre cabine est petite, mais peut contenir jusqu’à 3 voyageurs, sachant que si vous visez un maximum de confort, l’idéal est d’y dormir à deux, l’un au-dessus de l’autre, esprit lits superposés. C’est vous qui décidez l’heure du coucher. Vous avez juste à appeler le personnel de bord qui vient vous border ou, en tous cas, agencer la cabine pour la nuit. Vous avez choisi l’option petit-déjeuner ? Vous pouvez alors composer votre menu le soir pour le lendemain matin. Si le confort des cabines reste très basique (caser toutes ses affaires peut s’apparenter à une partie de Tetris), vous dormez dans des couettes plutôt douillettes et vous disposez, même dans les cabines standards, d’un petit lavabo. Et pour éviter que vos valises ne traînent à vos pieds ou qu’elles ne vous tombent sur la tête, vous les bloquez à l’aide de sangles dans un compartiment bagage situé sous le plafond. 

Si, comme nous, vous voyagez dans une cabine standard, la douche et le WC se trouvent au fond du couloir. Les passagers des cabines deluxe disposent quant à eux d’une douche et d’un WC privatifs. Une fois au lit, il ne vous reste qu’à compter les gares (ou… à fermer les yeux), le temps de vous familiariser avec le rythme du train. Attendez-vous à quelques freinages plus ou moins brusques (au début, ça surprend un peu, même les navetteurs qui n’ont forcément pas l’habitude de voyager en position horizontale) et à plusieurs arrêts en gares de Bonn, Coblentz, Francfort ou encore Passau. Pas de quoi angoisser les candidats au mal de mer, mais tout de même, ça secoue un peu. Tout est sur les rails ? Laissez-vous alors bercer par le bruit du train. Une heure avant votre arrivée en gare de Vienne, une sonnerie automatique vous prévient qu’il est temps d’ouvrir les yeux. Le personnel de bord repositionne les lits en mode banquette et vous sert un petit-déjeuner très germanique en cabine : pain rond au fromage ou jambon, Bircher muesli… De quoi démarrer la journée sur un mood très autrichien. Parce que c’est justement ça, le point fort de ce Nightjet : vous permettre de profiter à fond de Vienne en limitant le nombre de nuits d’hôtel et, au retour, de filer directement au boulot sans prendre une journée de congé supplémentaire.  

 

En pratique

Depuis le 19 janvier, vous pourrez rejoindre Vienne depuis Bruxelles en une nuit. Vous avez le choix entre un compartiment dans lequel vous voyagez assis (la formule la moins chère), une voiture couchette (4 ou 6 places, une option idéale pour les groupes ou les familles que vous pouvez réserver entièrement) ou une cabine équipée de 3 lits (privatisable pour une ou deux personnes) en version Standard ou Deluxe. Le Nightjet relie Bruxelles à Vienne avec un arrêt à Liège chaque lundi et jeudi à 18 heures 04. Arrivée à Vienne prévue à 8 heures 27. Retours prévus les mercredis et dimanches. 
Bruxelles-Vienne, à partir de 29,90 € pour une place assise et 49,90 € pour une couchette. Réservation sur le site de la compagnie ÖBB, sur le site de la SNCB ou dans une gare belge.b-europe.com – nighjet.com

 

 

Où loger?

Dessiné par l’architecte Jean Nouvel, le So/Vienna (ancien Sofitel) est situé au bord du Danube, à quelques stations de métro de la gare de Vienne. Si le skybar du 18e étage est l’un des plus prisés de la ville, les chambres offrent une vue époustouflante sur le fleuve et tous les monuments phare de la capitale. Réservez une chambre côté Danube et ne manquez pas le fantastique buffet de petit-déj’, à savourer dans le restant avec vue, lui aussi. Envie de décompresser ? Le panorama depuis le hammam est tout aussi spectaculaire. 
1 Praterstrasse. Chambre, à partir de 224 €. 

 

 

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