Les supper clubs, ces dîners insolites où faire des rencontres - Camille Hanot

Les supper clubs, ces dîners insolites où faire des rencontres

Exquis mélange entre une soirée au restaurant et un dîner chez des amis en présence d’inconnus, les supper clubs rassemblent et connectent les bons vivants amateurs de bonne chère, de convivialité et de surprises. Décryptage d’une tendance cuite à point !
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D.R.

Pour commencer, prenez un lieu, peu importe lequel, pourvu qu’il ne s’agisse pas d’un restaurant au sens traditionnel du terme ; une galerie d’art par exemple. Ajoutez-y un chef ou tout professionnel des fourneaux, comme le Product Owner Rémi Vanbroeckhoven (@bonne_._bouche), cuistot à ses heures perdues. Saupoudrez le tout d’une pincée de gourmets qui ne se connaissent pas forcément, et vous obtiendrez un supper club. Dans ce cas précis, celui de la Liégeoise, bruxelloise d’adoption, Daphné Delvaux, à l’origine du projet Confidential Table (@confidentialtable).

Né dans les années 90 à Beverly Hills en Californie, le phénomène évoque tous les dîners payants qui sortent du cadre des restaurants. Du studio d’architecture au coworking en passant par un atelier de production de kombucha, les lieux insolites sont investis par les supper clubs, qui aiment se réunir là où on ne les attend pas. « Durant la pandémie, les restaurants ont dû se réinventer avec des formules innovantes telles que les box repas, les paniers pique-nique ou encore les tables sous bulle… Les supper clubs s’inscrivent dans cette lignée. Ils incarnent une nouvelle façon de vivre la restauration, plus atypique, plus inédite, plus immersive », explique Daphné Delvaux. « En outre, ils offrent l’opportunité de rassembler des univers différents ; dans mon cas l’art et la gastronomie », continue-t-elle.

En vidéo, redécouvrez le plus petit chef du monde à Bruxelles :

Qui cuisine ?

À quelques exceptions près, le chef n’est pas attaché à un établissement fixe. Encore une fois, la pandémie a laissé des miettes. D’un côté, il y a ceux qui se sont découvert une passion pour la cuisine. De l’autre, il y a les chefs qui ont réalisé que leur train de vie dans le secteur de l’Horeca n’était plus viable ni épanouissant. « La cuisine, surtout la pâtisserie pour le moment, est une véritable passion mais je ne me vois en aucun cas au même poste, au même endroit, avec les mêmes gestes presque tous les jours », explique ainsi Rémi Vanbroeckhoven. « Un supper club offre un cadre plus décontracté, plus spontané, pour expérimenter et déployer sa créativité ».

Ce ne sont pas Manon Bails et Emma Ranne, deux foodistas réunies lors d’un supper club à quatre mains dans la boulangerie forestoise Aube, qui diront le contraire. Les deux jeunes femmes ne sont pas des chefs ordinaires, aux commandes d’un établissement Horeca. Toutes les deux sont par contre des amoureuses de bonnes tables, des chefs accomplies – avec un passage formateur à l’école hôtelière Ferrandi à Paris pour Manon – , mais elles sont aussi, très actives sur les réseaux, où elles balancent des clichés photogéniques de recettes alléchantes.

Les supper clubs, ces dîners insolites où faire des rencontres - Camille Hanot

Ils ne sont évidemment pas les seuls à emprunter la voie des supper clubs pour assouvir leur créativité culinaire. C’est également le cas de Kenya Hoet et Sasha Litvine qui, dans l’intimité de leur cantine healthy à Uccle, Seven, ont accueilli la crème de la crème de l’omelette, ex-chef chez Atelier September à Copenhague, Mati Pichci, pour orchestrer un menu cinq services exclusivement végétal. Zuzia Batolik, célèbre foodista hollandaise, a elle aussi été accueillie par les deux Bruxelloises !

Dans un autre registre, le site de bonnes adresses Brussels Kitchen s’est lancé dans la danse en revisitant un brin le concept. Un lundi soir par mois, Chloé Roose invite ainsi trois chefs dans un restaurant bruxellois où ils orchestrent un menu végétarien six services.

Des moments de partage

Autre pointure de la food à suivre de près, Manon Dumon qui, entre un supper club dans l’atelier de production Rish ou celui de création Vormen, signe des rendez-vous dont les places s’envolent en deux heures ! Pour cette cheffe, ce qui ressort de ce type de réunion gourmande, c’est « le sens fondamental, le plus noble du métier de cuisinier, à savoir : créer des moments de partage ! En rentrant d’un supper club, quand je me couche, j’ai cette image de convives heureux d’avoir participé à une expérience hors du temps autour d’un bon repas. C’est une opportunité magnifique pour des chefs qui n’ont pas envie d’être 100 % en cuisine mais ont des fourmis dans les mains de se mettre aux fourneaux. Le supper club offre cette incroyable opportunité de se défaire des conventions de la gastronomie traditionnelle et de réécrire une autre histoire. D’ailleurs, pour un supper club réussi, on ne peut pas avoir le comportement ‘Je suis chef et je sers mes clients’ ! »

Soirée entre inconnus

À propos de clients, il est clair que la sauce ne serait pas liée sans des convives en quête de rencontre. Dans un supper club, on ne réserve pas une table pour dix personnes, plutôt une seule place. « On me demande souvent si j’ai réellement des réservations pour une personne, la réponse est oui. Les gens ressentent à nouveau le désir de se reconnecter, d’échanger, de partager, de sortir de leur bulle… Et quoi de mieux qu’un bon repas autour d’une jolie table pour amorcer la conversation ? », déclare Daphné Delvaux.

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