
Oubliés les plats ultra-codifiés et les menus intimidants, place à une cuisine décomplexée, où créativité et authenticité s’entremêlent pour séduire une clientèle en quête d’émotion et de simplicité.
En vidéo, on vous invite découvrir Petit bon bon :
On ne manque d’ailleurs pas d’exemple pour illustrer cette nouvelle tendance portée par des chefs désireux de dépoussiérer les codes : nous vous parlions il y a quelques mois du restaurant Poncho du chef Yves Mattagne, qui surfe entre street-food mexicain et cuisine gastronomique issue de la cuisine nikkei, ou encore de Amen, l’adresse bistronomique du chef 2 étoiles Pascal Devalkeneer située en plein coeur d’Ixelles, ou encore, Quartz du chef David Alexandre, un petit bijou de la gastronomie décomplexée qui propose des assiettes à base de produits du terroir belge.
De l’autre côté de la frontière linguistique, c’est Gert de Mangeleer, le chef triplement étoilé de Hertog jan at Botanic, à Anvers qui incarne cette tendance avec Bar Bulot, une brasserie chic où fruits de mer, poissons et classiques belges sont revisités avec une touche contemporaine et des prix plus abordables.
« On était arrivé à un côté trop obséquieux dans la restauration de haut niveau », explique Christophe Hardiquest. Avec Le Petit bon bon, il a souhaité proposer une approche plus humaine et accessible. « Ce qui m’intéresse, c’est de cuisiner pour les Bruxellois et les gens du coin, pas uniquement pour les clients de l’hôtel. Pendant la pandémie, ce sont les locaux qui ont soutenu les restaurants, et je veux leur offrir un lieu où ils se sentent bien. »
Créer une brasserie décontractée dans un lieu aussi prestigieux était un pari audacieux. Mais le chef a su relever le défi avec brio, en mêlant tradition et modernité dans le design et la carte. Les banquettes couleur cognac, les lambris en bois et les grands miroirs rappellent son ancien restaurant étoilé Bon Bon, tout en étant modernisés. « J’aime la simplicité, mais toujours dans la qualité. Les matériaux, comme le noyer ou le hêtre teinté, offrent à la fois chaleur et acoustique parfaite. »
Des classiques belges

L’un des concepts les plus marquants du Petit Bon Bon est son menu présenté sous forme de gazette. « C’est à la fois pratique et écologique », explique Hardiquest. « La gazette sert de carte de visite que les clients peuvent emporter. Cela renforce ce rapport de simplicité et d’échange. » Côté cuisine, le chef rend hommage aux classiques belges tout en y ajoutant sa signature audacieuse. « J’ai revisité les huîtres gratinées de l’Expo 58, les moules à l’escargot ou encore l’anguille au vert. Chaque plat valorise le terroir belge avec une touche de créativité. » Par exemple, son vol-au-vent inclut des coquillages et un jus de coquillage pour une saveur inédite.
Un menu accessible

Le Petit Bon Bon se veut un lieu accueillant pour tous, y compris les jeunes générations. « Nous misons sur des produits frais, de saison, et une cuisine entièrement faite maison pour éduquer les jeunes à la qualité. Par exemple, nos frites sont faites en trois cuissons, selon la tradition belge, avec du blanc de bœuf. »
Côté prix, le chef casse les clichés de la haute gastronomie. « Vous pouvez manger un plat et boire un verre de vin pour environ 35 €, ce qui est très raisonnable dans un tel cadre. Mon objectif est de rendre la gastronomie accessible à tous, sans compromis sur la qualité. »
Un nouveau souffle pour la gastronomie étoilée
Pour Christophe Hardiquest, il s’agit d’une véritable réinvention. « La gastronomie belge a tant à offrir, et je veux continuer à valoriser notre patrimoine culinaire tout en le modernisant. Le luxe ne doit pas être intimidant, il doit être accueillant. C’est cette philosophie qui guide chaque assiette au Petit bon bon. » Avec un service attentif mais décontracté, des prix accessibles et une cuisine qui mêle authenticité et créativité, Le Petit bon bon ouvre la voie à une nouvelle ère de la gastronomie étoilée.
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