Comment expliquer le déferlement de la cuisine coréenne sur la scène gastronomique ? - Le restaurant Bap & Dak, spécialisé dans le bibimbap et situé à Ixelles. - Camille Vernin

Comment expliquer le déferlement de la cuisine coréenne sur la scène gastronomique ?

La Corée n’est plus seulement un phénomène culturel, c’est un véritable tsunami gastronomique. La K-food, avec ses plats colorés et savoureux, prend d’assaut nos tables et nos chariots. Mais qu’est-ce qui rend cette cuisine si irrésistible ?
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Bap & Dak

La vague coréenne déferle sur l’Europe. Autrefois considérée comme une culture lointaine et insaisissable, elle envahit aujourd’hui nos modes de vie. Des produits de beauté aux mangas en passant par la musique et les séries… la K-culture est partout. Il ne lui restait plus qu’à s’inviter à nos tables. Mission accomplie, puisqu’après avoir conquis Paris, Berlin ou Londres, la K-food fait tranquillement sa route à Bruxelles. En témoigne l’implantation récente de deux grosses enseignes : Gogi, le temple du barbecue coréen, et Gyojasang, un resto-karaoké street food qui mise sur l’expérience immersive.

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À côté de ces grosses adresses, on se réjouissait de l’arrivée d’Anju il y a un peu plus d’un an, imaginé par le chef étoilé San Degeimbre. Son pari ? Nous faire découvrir la cuisine coréenne, la vraie, dans un cadre branché tout en préservant l’âme du Pays du matin calme. Avant lui, Maru faisait office de référence dans la capitale, tout comme Bap & Dak, cantine moderne dédiée au bibimbap. On citera aussi Iyagi et Itaewon. En dehors de la capitale, notamment en Flandre, la Corée séduit aussi avec des restos comme Table d’Ho à Anvers ou Mokja à Gent.

Un outil de soft power à l’international

L’art culinaire coréen cartonne tellement qu’il est devenu un véritable outil de soft power. On parle de « hallyu » pour parler de ce tsunami culturel en provenance de Séoul, et arrivé en Europe il y a une dizaine d’années. En diffusant sa langue, sa culture et ses valeurs, la Corée du Sud promeut ses intérêts nationaux. Elle s’offre également une image moderne et séduisante, attirant les yeux du monde entier vers sa culture.

Résultat ? Des mets comme le dangmyeon, le gochujang et le tteokbokki envahissent nos paniers avant même que l’on maîtrise leur prononciation. Le kimchi, chou fermenté épicé, a atteint l’an dernier un record d’exportation de 47 100 tonnes. Les saveurs coréennes se retrouvent même sur les tables des plus grands restaurants gastronomiques, fusionnant avec d’autres cuisines du monde.

« Que ce soit à travers son mode de vie, ses looks ou ses mangas, la Corée fascine la jeune génération », souligne Stefaan De Smedt, fondateur du restaurant coréen Bap & Dak à Bruxelles. « Avec le succès des K-drama, les gens veulent goûter ce qu’ils voient à l’écran ». Avec ses packagings éclatants, ses couleurs chatoyantes et ses jeux de texture, on voyage à l’autre bout du monde à moindres frais.

Une cuisine réputée saine

Le succès de la K-food repose également sur sa réputation de cuisine saine. « Elle est riche en légumes, produits fermentés, et pourtant, elle reste ultra réconfortante. Elle est tout sauf ennuyeuse ! », précise Stefaan De Smedt. La cuisine coréenne privilégie les aliments frais, peu transformés et riches en nutriments.

Les plats traditionnels intègrent souvent des légumes variés, des protéines maigres comme le tofu ou les fruits de mer, et du riz en accompagnement. Les produits lacto-fermentés, à commencer par le kimchi, favorisent une bonne santé intestinale grâce à leurs probiotiques. Les préparations limitent les matières grasses au profit de cuissons à la vapeur, bouillies ou sautées, et la viande est consommée avec modération.

Une impression de «déjà-goûté»

Finalement, elle plaît aux palais car elle offre une impression de « connu ». Elle vient conforter nos repères. « La cuisine asiatique s’est installée depuis un moment en Europe », raconte Stefaan. « On mange chinois, japonais, thaïlandais depuis des années, et beaucoup de leurs recettes se ressemblent ».

Il n’y a qu’à jeter un œil à la carte d’un restaurant coréen pour comprendre les sushis japonais rappellent les gimbap coréens, les gyozas chinois se fondent avec les mandu coréens. « Les goûts ne sont pas challengeant. Nos palais sont déjà familiarisés avec ces saveurs et elles s’harmonisent parfaitement avec la tendance actuelle pour le sweet and spicy ». En somme, la K-food a tout pour plaire.

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