
Chaque hiver, c’est la même inquiétude : y aura-t-il suffisamment de neige pour skier ? Avec le réchauffement climatique, la réponse tend de plus en plus vers le « non ». En montagne, les températures grimpent deux fois plus vite qu’ailleurs et la neige naturelle se fait rare, obligeant les stations à jongler entre enneigeurs artificiels et fermetures anticipées. Mais une autre technique tente de s’imposer : le snow farming. Réelle alternative ou simple sursis ?
On reste à la neige pour découvrir en vidéo Combloux, un charmant village de Haute-Savoie nommé destination incontournable de 2025 :
Le snow farming, c’est quoi ?
Le snow farming (en français : « agriculture de la neige ») consiste à stocker de la neige d’une saison à l’autre pour la réutiliser quand l’hiver revient. L’idée est simple : accumuler un maximum de neige pendant la saison froide, la recouvrir de sciure de bois ou de bâches isolantes pour limiter la fonte, puis l’étaler sur les pistes dès l’automne suivant.
Cette technique, déjà bien rodée dans certains pays nordiques, permet aux stations d’ouvrir dès les premiers froids, même en l’absence de précipitations. En Suisse, en Autriche ou encore en France, certaines stations l’utilisent déjà pour garantir un enneigement minimal sur des zones stratégiques comme les stades de compétition ou les pistes pour débutants.
Une solution écologique ?
C’est là que le débat s’installe. D’un côté, le snow farming permet de limiter l’usage des canons à neige, très gourmands en eau et en énergie. Stocker de la neige naturelle est donc, en théorie, plus écologique que de la produire artificiellement. Certaines stations affichent même des taux de conservation impressionnants : jusqu’à 80 % de la neige stockée peut être réutilisée, réduisant ainsi le besoin en neige de culture.
Mais la technique n’est pas sans impact. Transporter la neige stockée nécessite des engins de damage qui consomment du carburant. Les bâches en plastique ont aussi un impact environnemental à long terme. Finalement, cette solution profite surtout aux stations d’altitude qui ont encore suffisamment de neige à stocker, mais moins à celles situées en moyenne montagne, déjà trop fragilisées par le manque de neige.
Une vraie solution pour l’avenir ?
Alors, le snow farming va-t-il sauver les stations de ski ? Disons plutôt qu’il peut leur offrir un répit. À court terme, il permet d’assurer des ouvertures précoces et de préserver certaines compétitions internationales. Mais à long terme, il ne résout évidemment pas le problème de fond : le changement climatique et la raréfaction de la neige. Si les températures continuent d’augmenter, même les plus hauts sommets risquent de manquer de matière première à stocker.
Une chose est sûre, les stations de ski seront obligées de repenser leur modèle économique à l’avenir. Cela en diversifiant leurs activités vers un tourisme quatre saisons, moins dépendant de la neige. Le snow farming constitue donc une béquille, mais pas une solution miracle. Car une chose est sûre : face au réchauffement climatique, la montagne ne pourra pas tricher éternellement.
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