
Imaginez commander une voiture comme on commande un repas. Quelques clics, zéro paperasse, et la voiture arrive directement devant chez vous. C’est exactement ce que propose Turismo, qui veut dépoussiérer un secteur encore englué dans ses habitudes : celui de l’automobile. Plutôt que d’acheter sa voiture ou de s’embarquer dans un leasing truffé d’acronymes incompréhensibles (LLD, LOA, LO… QUOI ?), on souscrit à un abonnement mensuel. Le prix affiché inclut tout : assurance, entretiens, pneus, taxes. On choisit son modèle, on définit la durée de l’abonnement, on valide en ligne, et la voiture est livrée comme un colis Amazon.
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Du luxe à la démocratisation
Pendant longtemps, Turismo a surtout été associé aux voitures de luxe. Lamborghini, Porsche, Range Rover… des modèles qui donnaient une image un peu « happy few », avec des abonnements allant de 500 à… 10 000€ par mois. Mais l’entreprise est en plein pivot. Angel Fievez, son fondateur, l’explique clairement : « Turismo n’est pas une boîte de luxe, c’est une nouvelle manière de consommer l’automobile ». Concrètement, la plateforme est en train de se transformer en marketplace connecté aux concessions partenaires. Finis les stocks achetés par l’entreprise, place à un choix beaucoup plus vaste, incluant des modèles plus accessibles comme des Mini, des Smart, des Polo ou des petites électriques.
Aujourd’hui, Turismo propose une quarantaine de modèles, mais l’offre est appelée à s’élargir rapidement. L’objectif est de quadrupler ce catalogue dès cette année et de multiplier par dix le nombre de modèles disponibles d’ici 2026. L’idée est simple : permettre de tout trouver sur une seule plateforme, de la citadine à la supercar, sans distinction de budget. Exactement comme Airbnb propose aussi bien un studio modeste qu’une villa de rêve à Mykonos.
L’abonnement plutôt que le casse-tête du leasing
La formule phare s’appelle Turismo Single. Elle permet de garder une voiture de six à soixante mois, avec la possibilité de comparer facilement les prix entre les marques. Contrairement au leasing traditionnel, qui implique souvent une cascade d’intermédiaires, Turismo centralise tout. Pas besoin de faire le tour des concessions ou de jongler entre banquiers, assureurs et vendeurs. Ici, on paye un prix clair et on sait exactement combien coûte la voiture chaque mois, sans mauvaise surprise.
Turismo s’était aussi fait remarquer grâce à une offre multi qui permet de changer de véhicule selon les saisons, un SUV en hiver et un cabriolet en été par exemple. Ou une voiture électrique à l’année, et une diesel au moment de partir en vacances. Le service est pour l’instant en pause, le temps de développer une technologie capable de l’ouvrir à des voitures plus abordables. L’ambition est de le relancer à grande échelle, pas seulement pour des véhicules haut de gamme, mais pour tous les budgets.
Une révolution dans la consommation automobile
En toile de fond, il y a une conviction forte : l’achat classique d’une voiture n’a plus beaucoup de sens. Dans 99 % des cas, estime Angel Fievez, devenir propriétaire est un non-sens économique. « On a collectivement accepté des montages où, après 4 ans, on ‘rachète’ sa voiture pour… la revendre aussitôt. Quel est le but ? Le pro devrait porter la valeur de reprise et facturer ce que la voiture coûte vraiment pendant l’usage », martèle Fievez, qui cite une étude McKinsey : 30 % des clients sont prêts à passer au 100 % digital, mais 3 % des ventes seulement se font en ligne. Et d’ajouter, en mode pavé dans la mare : 75 % des consommateurs ne comprennent pas exactement ce qu’ils signent en financement auto.
Le mantra de la maison ? TCO first (Total Cost of Ownership). On paye l’usage, pas un prix catalogue fantasmé. Résultat, certaines Mercedes « coûtent » moins cher en mensuel qu’une compacte généraliste qui décote plus vite. Les chiffres bousculent les intuitions.
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Netflix, Airbnb… et maintenant Turismo
Turismo surfe sur un paradoxe : l’e-commerce a tout avalé sauf… la voiture. Le taux de pénétration du digital dans l’auto reste ridiculement bas par rapport aux autres secteurs. « C’est encore old school d’enchaîner les concessions en voiture pour acheter… une voiture. On met tout à plat, dès son canapé. Comparer une Opel à une Citroën ou une BMW en deux clics devient trivial », glisse Fievez.
En bref, Turismo cherche à faire pour l’automobile ce que Netflix a fait pour le divertissement, Airbnb pour le logement ou Spotify pour la musique. Simplifier, digitaliser et démocratiser l’accès à un bien qui a longtemps été synonyme de complications. Une voiture comme un abonnement, flexible, transparent et livré à domicile. Et si demain, posséder sa voiture paraissait aussi dépassé que collectionner des DVD ?
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