
Son style est élégant et confo à la fois, sobre sans être sombre. La styliste anglaise Clare Waight Keller est l’égérie parfaite de la marque japonaise dont elle est devenue, il y a un an, la directrice créative. À ses pieds, quelques réminiscences de son passé luxueux : des sandales signées Chloé, maison dont elle a façonné les looks avant de faire évoluer Givenchy (pour l’anecdote, c’est à cette période qu’elle a créé la robe de mariée de Meghan Markle). Clare Waight Keller est l’incarnation du quiet luxury, de ce chic abordable et durable. À l’instar de ce T-shirt blanc qu’on portera encore dans dix ans ou de ce pull en cachemire qui n’aura pas bouloché d’ici l’hiver prochain.
Ce jour-là, au QG new-yorkais de la marque japonaise, la directrice de la création prend son temps pour nous expliquer en souriant sa démarche et en quoi les valeurs portées depuis 40 ans par Uniqlo, et ses innovations, rencontrent sa vision de la mode, tout comme elles ont séduit les ambassadeurs mondiaux d’Uniqlo, Roger Federer et, depuis peu, Cate Blanchett.
Le luxe ne se cache peut-être pas dans les pièces les plus chères de notre garde-robe mais dans ce concept de lifewear, c’est en substance ce que nous dit Clare Waight Keller. « Il y a une dynamique vraiment intéressante dans la mode en ce moment, simplement parce que nous savons tous que les choses sont en train de changer radicalement et je pense que plus que jamais, les gens recherchent des options belles et abordables. Lorsque je suis arrivée dans l’entreprise et que j’ai commencé ma propre collaboration (d’abord avec une ligne de vêtements Uniqlo C, avant de devenir directrice de toute la création, NLDR), j’ai constaté que je n’avais pas besoin de changer grand-chose à ma façon de travailler, car ils travaillent à un niveau très élevé, avec beaucoup d’avance et beaucoup de soin dans leur approche du design et de la fabrication ».
Un élément clé différait cependant : à qui allaient désormais s’adresser les modèles créés par Clare Waight Keller ? Plus à une niche, à une poignée de riches fashionistas à taille unique, mais à… tout le monde. Le plus grand changement, par rapport à l’industrie du luxe – « et surtout après avoir travaillé à Paris –, c’est que tout au long de ma carrière, je n’ai vu que des vêtements en taille S – enfin, en termes normaux, extra small. La première fois que j’ai été impliquée ici dans la ligne principale, ils m’ont dit que je devais assister à l’essayage global. J’ai demandé ce que c’était. Ils m’ont répondu : ‘Ce sont toutes les tailles, soit sept tailles de la XXS à la XXXL, pour les hommes et les femmes’. Quand on voit soudainement ses vêtements sur des silhouettes différentes, on réfléchit différemment aux proportions et à la façon de les rendre seyants pour tous. Partout dans le monde, on constate de grandes variations en termes de coupe, de climat et de culture. Il est essentiel de faire ce genre d’ajustements, et ce n’est pas nécessairement pris en compte dans le luxe ». La simplicité, c’est parfois plus compliqué…
Retrouvez ici la suite de l’interview de Clare Waight Keller (sur www.lesoir.be) et dans votre So Soir ce samedi en librairie en supplément gratuit du journal Le Soir.
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