
Un Palace au pays des cinq étoiles
Bruxelles n’a jamais manqué d’adresses prestigieuses. Entre l’Hotel Amigo, devenu le repaire des célébrités de passage, le Steigenberger Wiltcher’s et son élégance classique, ou encore The Hotel et ses vues vertigineuses sur la capitale, la ville possédait déjà son lot de cinq étoiles.
Mais aucun n’avait encore franchi la frontière invisible qui sépare le très haut de gamme du véritable Palace .À Paris, on en compte douze, de l’Hôtel de Crillon au Plaza Athénée en passant par le Bristol ou le Meurice. À Bruxelles, il n’en existait aucun… jusqu’à la renaissance de l’Hôtel Astoria. Un retour qui, à lui seul, rebat les cartes du luxe belge.
Le retour d’une légende Belle Epoque
Fermé depuis 2007, l’Hôtel Astoria a rouvert après sept années de restauration méticuleuse. Joyau Belle Époque de la rue Royale, l’adresse retrouve son éclat d’origine, sublimé par la sobriété contemporaine. Derrière sa façade néoclassique, l’élégance est feutrée, la lumière apaisante, les matériaux nobles. Le faste s’y chuchote.
« Le Palace, c’est l’expérience totale : l’histoire, le service et une attention humaine constante »
Et pour y avoir séjourné, on comprend que cette distinction n’a rien d’un hasard. Ici, tout relève du détail : le geste juste, la texture parfaite, la chaleur d’un accueil sincère.

Les chambres respirent la quiétude : hauts plafonds, étoffes soyeuses, tons poudrés. Les salles de bain, en marbre clair, sont de véritables sanctuaires. Certaines suites ouvrent sur les toits de Bruxelles, d’autres sur un patio intérieur — et toutes dégagent cette impression rare d’espace et d’intimité. Avec ses 126 chambres et suites (90 chambres et 36 suites), le Corinthia Grand Hôtel Astoria se classe parmi les plus prestigieux d’Europe. Les tarifs ? De 700 € la chambre simple à 20.000 € la nuit pour la suite premium. Les suites présidentielles, parmi les plus vastes du Benelux, rivalisent sans peine avec celles des Palaces parisiens… mais à prix belge.
Nicolas Kipper assume ce positionnement : « Il aurait été illusoire d’appliquer des tarifs parisiens à Bruxelles. Le marché belge a sa propre réalité : ici, le luxe doit rester accessible dans son esprit, sans rien céder à l’excellence. » Ainsi, les tarifs de l’Astoria restent environ moitié moindres que ceux des Palaces français, tout en offrant des suites plus grandes que celles d’Amsterdam. Une stratégie qui attire une clientèle internationale raffinée, mais aussi un public belge désireux de (re)découvrir le luxe à domicile.
« Notre niveau de service est aligné sur celui des grandes capitales mondiales », ajoute Kipper, « et c’est sur cette exigence que nous ne faisons aucun compromis. »

La gastronomie au service du Palace

Le Palace aligne deux signatures bien trempées : la brasserie Petit Bon Bon du chef Christophe Hardiquest, et le restaurant gastronomique Palais Royal orchestré par le redoutable David Martin. D’un côté, Petit Bon Bon joue la carte du plaisir pur, du croustillant et du partage. L’esprit bruxellois à son meilleur : croquettes de crevettes revisitées, vol-au-vent dodu, entrecôte parfaitement saisie et service plus décontracté. C’est vivant, généreux, un brin canaille — exactement ce qu’il fallait pour séduire une clientèle locale et jeune, plus hédoniste que protocolaire.
De l’autre, David Martin signe une expérience gastronomique millimétrée, pensée comme un ballet silencieux : dressages ciselés, produits d’orfèvre, accords de saveurs déroutants. Un espace feutré où l’on murmure plus qu’on ne parle, et où chaque assiette se savoure comme une confidence. Les diplomates, les artistes et les voyageurs avertis y trouvent un écrin à la hauteur de leurs palais — et de leurs carnets d’adresses.

Et puis, il y a Under The Stairs signé par la célèbre mixologue Hannah Van Ongevalle. Planqué, presque secret, ce bar à cocktails ne s’affiche pas : il se trouve. On y descend comme dans un repaire chic et feutré, entre boiseries sombres, banquettes en velours et lumières ambrées. Les créations y sont audacieuses, les mélanges surprenants — entre l’art du mixologue et la confidence de fin de soirée. C’est le contrepoint parfait : une touche de mystère, un soupçon d’impertinence, un clin d’œil nocturne dans un univers qui sait aussi se lâcher.

Dans les étages inférieurs, le Spa Sisley se cache comme un secret bien gardé .Piscine intérieure, soins détox, massages sur mesure, rituels sensoriels : tout y respire la perfection. Ouvert aussi aux non-résidents, il attire déjà une clientèle locale fidèle.
« Nous voulons que les Bruxellois puissent vivre l’expérience de l’Astoria sans forcément y dormir », souligne Kipper. C’est d’ailleurs dans cette logique d’ouverture que l’hôtel a relancé ses concerts de musique classique, un dimanche sur deux, renouant avec une tradition d’avant-guerre à des tarifs volontairement accessibles. Une manière élégante d’ancrer le Palace dans la vie culturelle bruxelloise, plutôt que de le réserver à une élite.
Bruxelles ose enfin le luxe
Pour Nicolas Kipper, l’Astoria doit avant tout servir de catalyseur .« Bruxelles a des atouts indéniables : une gastronomie exceptionnelle, une richesse culturelle et architecturale impressionnante, une vraie convivialité », souligne-t-il. « Ce qui manque encore, c’est une meilleure coordination entre les acteurs du secteur — hôteliers, institutions, opérateurs culturels — pour promouvoir Bruxelles comme une destination haut de gamme. »
Paris joue sur son prestige, Londres sur sa vitalité, Amsterdam sur son esprit festif. Bruxelles, elle, avance sur un autre terrain : celui du luxe sincère et mesuré, à l’image de ses habitants. Moins tapageuse, plus intime — et peut-être plus durable.
L’ouverture de l’Astoria n’est pas seulement celle d’un hôtel, mais d’une ambition nationale.

« Il y aura peut-être un ou deux autres Palaces dans dix ans, pas plus », estime Kipper. « Les bâtiments adaptés sont rares, et la demande encore limitée. Mais une concurrence accrue serait une bonne chose : elle renforcerait l’image de Bruxelles comme destination de luxe. » Après sept ans de travaux, le Palace bruxellois devient un signal fort : celui d’une Belgique qui assume enfin son savoir-faire, son élégance naturelle et son goût du beau.
L’Hôtel Astoria n’est pas seulement une réussite hôtelière : c’est un symbole .Celui d’une Belgique qui assume enfin sa place dans le cercle fermé du luxe mondial. En mariant excellence du service, héritage architectural et élégance mesurée, le Palace repositionne Bruxelles parmi les grandes capitales européennes du raffinement.
Pour les professionnels, il devient un modèle de stratégie raisonnée — exigeante, mais ancrée dans la réalité du marché. Pour les Bruxellois, une fierté retrouvée, celle d’un lieu qui reflète leur art de vivre sans en trahir la simplicité. Et pour les voyageurs, une révélation : celle d’un luxe sincère, discret, à mille lieues du tapage des grandes métropoles. Avec l’Astoria, Bruxelles a retrouvé son accent belge — version grand luxe.
Plus d’infos sur www.corinthia.com
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