Soleil d’automne (3/6) : Cefalù, la dolce vita comme remède à la grisaille belge

Quand la grisaille s’installe au-dessus du plat pays, la Sicile s’habille encore de lumière. À deux heures de vol de Bruxelles, Cefalù offre tout ce qu’on recherche à l’automne : un dernier bain de mer, du soleil sans excès et ce tempo italien qui réapprend à respirer. Une parenthèse entre deux saisons, un refuge de douceur avant que ne revienne le froid.
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Un vol direct pour Catane, un atterrissage au pied de l’Etna, et la route s’ouvre à travers les collines dorées du centre de l’île. On longe les oliveraies, on traverse des villages figés dans la lumière, et après deux heures et demie de route, la mer Tyrrhénienne surgit. Cefalù apparaît alors, blottie entre son rocher monumental et un horizon bleu infini.

En automne, son charme se fait plus intime : les ruelles médiévales se vident, la mer reste tiède et la pierre, chauffée par le soleil, dégage une douceur presque tactile. On flâne sans but dans le dédale pavé du centre historique, on s’arrête pour un espresso sur la piazza Duomo, on observe les habitants qui bavardent à l’ombre des citronniers. Cefalù, c’est l’Italie à taille humaine — vivante, lumineuse, et résolument tranquille.

Soleil d’automne (3/6) : Cefalù, la dolce vita comme remède à la grisaille belge - Anissa Hezzaz

Entre patrimoine et dolce vita

Le matin, la mer est d’huile. Les plus matinaux s’y offrent une baignade solitaire, avant de grimper sur La Rocca, la montagne emblématique de Cefalù. Là-haut, les ruines d’un ancien temple rappellent les origines grecques de la ville et le panorama, immense, embrasse la côte jusqu’aux îles Éoliennes.

Au cœur du bourg, la Cattedrale di Cefalù, classée à l’UNESCO, reste l’incontournable : chef-d’œuvre arabo-normand, mosaïques byzantines étincelantes et Christ Pantocrator qui domine la nef. Un peu plus loin, le Lavatoio, ancien lavoir médiéval, murmure encore de l’eau claire d’une source naturelle. Les amateurs d’art pousseront la porte du musée Mandralisca, qui abrite, entre objets antiques et curiosités, un fascinant portrait d’Antonello da Messina — un regard qui traverse les siècles.

Quand vient l’heure de manger, tout se fait simple. Un arancino avalé sur le pouce ou un plat de pasta ch’i sardi, pâtes aux sardines fraîches, fenouil sauvage et pignons, dans une trattoria du port. Le soir, la vie s’installe sur les terrasses : un verre de Nero d’Avola, des antipasti colorés, le clapotis de la mer pour bande-son.

Les Belges tombent vite amoureux de cette atmosphère : la mer, la culture et la lenteur réunies, sans la frénésie d’août. Et pour les amateurs de lumière, un secret : de mai à août, le soleil tombe directement dans la mer, embrassant le ciel d’orange et de cuivre. Mais même hors saison, la magie opère — la lumière se fait dorée, presque caressante.

À table, les adresses locales

Soleil d’automne (3/6) : Cefalù, la dolce vita comme remède à la grisaille belge - Anissa Hezzaz

Les habitants aiment partager leurs coups de cœur. Sikula, la préférée de Salvadore, figure locale, sert une cuisine franche aux accents de mer et de montagne. La Trinacria, près du phare, est parfaite pour un dîner les pieds dans le sable. Pour l’apéro, la Taverna Tinchitè rue du 25 Novembre attire les noctambules autour de tapas siciliens et de spritz fruités.

Plus élégantes, Cortile Pepe ou Il Normanno revisitent les classiques avec justesse : caponata fondante, pasta alla melanzana fritta ou pâtes à l’encre de seiche. Les plus curieux réserveront une table au Terme Ristorante, installé dans d’anciens bains romains, avec sa terrasse suspendue au-dessus de l’eau. À peine quarante couverts, une lumière irréelle, et un dîner qui flirte avec la poésie.

Pour une pause sucrée, impossible de résister à un cannolo. Les habitants se disputent entre Pasticceria Serio, Cannoli et Cathedral Café, mais tous s’accordent à dire que le meilleur se déguste à Piana del Cannolo, juste à l’extérieur du centre.

Cefalù côté nature

Soleil d’automne (3/6) : Cefalù, la dolce vita comme remède à la grisaille belge - Anissa Hezzaz

Hors saison, la nature reprend ses droits. À Spiaggia Caldura, une petite crique turquoise, on nage encore fin octobre. Plus loin, les sentiers du Parc des Madonies offrent des randonnées panoramiques. À Castelbuono, à vingt-cinq minutes de route, les ruelles pavées débouchent sur des terrasses pleines de soleil et d’odeurs de miel. Et pour les plus curieux, une virée à Palerme s’impose : palais arabo-normands, marchés baroques, et cette énergie brute qu’aucune autre ville d’Italie ne possède.

Pour les Belges, Cefalù en automne est une bénédiction : à moins de trois heures de vol, on troque la pluie contre la lumière, les manteaux contre les chemises en lin. Les températures oscillent entre 22 et 26 °C, la mer reste accueillante, et la ville retrouve son rythme local.

Où dormir ?

Soleil d’automne (3/6) : Cefalù, la dolce vita comme remède à la grisaille belge - Anissa Hezzaz

Nous avons posé nos valises au Club Med Exclusive Collection de Cefalù, entièrement repensé en 2018. À trente minutes à pied du centre historique, le resort s’accroche à un promontoire rocheux face à la mer, enveloppé de garrigue et de silence. Le regard file loin, vers l’horizon, où le bleu du ciel se fond dans celui de la Méditerranée et de la Rocca.

Conçues pour s’intégrer au paysage, les bungalows s’appuient sur des matériaux naturels choisis pour leur durabilité et leur faible besoin d’entretien. Le domaine intègre aussi plusieurs bâtiments historiques du XVIIIᵉ siècle, restaurés dans les règles de l’art et classés par l’Académie des Beaux-Arts : l’église de Santa Lucia et le Palazzo, aujourd’hui restaurant gastronomique, conservent le charme de leur passé tout en accueillant un confort contemporain. Certaines ruines préservées rappellent, au détour d’un sentier, la longue histoire du lieu.

Les journées s’y déroulent selon un rythme feutré : baignade dans la crique privée, poisson grillé à La Rocca, lecture au bord de la piscine Zen. L’après-midi, on s’échappe à bord d’une Fiat 500 vintage vers les villages voisins, avant un massage au spa ou un verre face au soleil couchant. En soirée, la terrasse du Il Palazzo devient le théâtre du plus beau spectacle : la lumière dorée glissant sur la mer. Lors de notre séjour, la cheffe belge Sofie Dumont, invitée dans le cadre du programme Chef in Residence, y signait un menu tout en équilibre entre Sicile et Belgique, comme un trait d’union culinaire. Assurément un point de chute idéal pour un city-trip sans prise de tête.

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