
Il y a encore vingt ans, Halloween était une fête attendue de pied ferme par les enfants (et les plus grands). Les bambins frappaient aux portes avec leurs chapeaux et maquillages pour récupérer leurs précieux bonbons. Les magasins sortaient le grand jeu et habillaient leurs vitrines avec des décorations placées sous le signe de l’horreur. Les boutiques de déguisements étaient prises d’assaut pour trouver le costume le plus réussi et réaliste. Mais en 2025, l’intérêt pour Halloween semble diminuer
Un effet cheap ?
Des commerces continuent de surfer sur la vague Halloween, mais en y regardant de plus près, on constate que la fête a pris un tournant un peu cheap avec des produits souvent peu qualitatifs où le plastique est roi et le graphisme pas toujours très raffiné. Résultat, Halloween a pris un tournant plus « camelote » comme le décrit justement Damien Le Guay, philosophe, auteur du livre La face cachée d’Halloween à France Culture. Au contraire des États-Unis où Halloween est célébré dans les règles de l’art, la fête a pris un tournant plus gore et plus trash chez nous et nos voisins français. « Ce côté-là ne correspond pas tellement à nos traditions et a donné le sentiment de quelque chose de trop exagéré » explique Damien Le Guay.

Une exposition médiatique affaiblie
Il y a 20 ans, le regard sur la consommation était différent. On achetait en masse des bonbons, des décorations, des masques… Aujourd’hui, Halloween est associé chez certaines personnes à la surconsommation. Et puis les priorités ont changé, le pouvoir d’achat aussi. Les achats d’Halloween ne sont plus nécessaires et passent donc au second plan (voire au troisième plan).
La publicité et le monde médiatique plus généralement misent moins sur la fête du 31 octobre. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, l’esprit d’Halloween était matraqué sur les écrans de télévision, les émissions jouaient le jeu avec des prime time spécial Halloween. Si l’on regarde le programme TV du vendredi 31 octobre, on constate que les grandes chaînes ne diffusent plus ce genre de programme. RTL TVI diffusera deux épisodes de 9-1-1 où il est question d’appels d’urgences, pompiers et secouristes, la Une proposera Meurtres aux îles de Lérins (qui n’a rien à voir avec Halloween). Quant aux chaînes françaises, Halloween n’est pas mis à l’honneur puisque TF1 diffusera… les NRJ Music Awards, France 2 des épisodes de la série Raphaëlle et Astrid et France 3 La Carte aux Trésors.
Quelles sont les activités à ne pas manquer à Bruxelles pour Halloween ? Découvrez nos bons plans en images :
Halloween, une victime de Noël ?
Depuis quelques années, Noël commence de plus en plus tôt. Des magasins de décoration proposent leurs guirlandes, boules et autres accessoires dès la mi-octobre. Soit plus de deux mois avant le 25 décembre. Même constat pour les calendriers de l’Avent et les chocolats de Noël mis en rayon bien avant fin novembre/début décembre. Face à cet esprit de Noël très (très) en avance, Halloween est une nouvelle fois relayé au second plan.
L’ambiance d’Halloween n’a pas vraiment le temps de s’installer bien en amont comme Noël. Septembre signe la fin de l’été avec parfois des températures douces et agréables synonyme d’été indien. Des événements surfent encore sur la saison avec des open air et autres événements en plein air. Ajoutez à cela la rentrée qui prend beaucoup de place dans l’actualité et l’esprit des individus. Une ambiance qui ne laisse pas beaucoup de place au fantôme d’Halloween. La fête ne serait-elle pas victime d’un calendrier chamboulé, coincée entre la nostalgie de l’été et la ferveur précoce des fêtes de fin d’année ?
Une fête à repenser ?
Heureusement, tout n’est pas perdu pour Halloween. Des initiatives tentent de réenchanter la fête différemment. Au Château de Grand Bigard, Pumpkimania joue la carte du festival de citrouilles, loin de l’univers gore que l’on se fait d’Halloween. À Bruxelles, le food court Wolf a imaginé un atelier créatif pour les enfants avec de la peinture sur citrouilles et la fabrication de lanterne, deux activités plus douces et dans l’air du temps. Les parcours lumineux ont aussi davantage de succès en Belgique. L’occasion peut-être de proposer des thématiques autour des citrouilles, sorcières, fantômes ces prochaines années.

Les marques misent désormais davantage sur l’esthétique automnale plutôt que sur l’horreur : bougies parfumées, décorations chaleureuses, boissons aux épices… Halloween glisse doucement vers une version plus « feel good », moins tournée vers le spectaculaire, le macabre et le sanguinolent. La célébration se métamorphose, s’adapte et trouve une nouvelle forme d’expression dans nos modes de vie actuels.
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