
« Nous ouvrons un nouveau chapitre pour offrir aux amateurs de bonnes tables un repère supplémentaire », a expliqué son directeur, Gwendal Poullennec, devant la presse. En clair : Michelin veut désormais guider aussi bien dans l’assiette que dans le verre, comme nous vous l’annoncions déjà il y a quelques semaines.
Une, deux ou trois grappes
La mécanique est familière. Le jury attribuera une grappe pour les producteurs de grande qualité, deux grappes pour les domaines d’excellence, trois grappes pour les producteurs d’exception. Enfin, pour ceux qui ne sont pas encore tout à fait mûrs pour la distinction, une mention « recommandé » fera office d’encouragement.
Pour trier les crus, Michelin passera au crible cinq critères : le sérieux du travail dans les vignes, la maîtrise en cave, la personnalité du vin (son « inimitable » signature), son équilibre et sa constance d’un millésime à l’autre. Tout cela évalué par des experts salariés de Michelin, histoire d’éviter tout soupçon d’influence.
Premières révélations en 2026
Sans grande surprise, c’est le Bordelais qui inaugurera la première distribution de grappes. Avec ses centaines de domaines, ses crus classés mondialement connus et son poids historique, Bordeaux reste le terrain de jeu naturel pour tester une nouvelle distinction. Ensuite, les grappes seront distribuées en Bourgogne. Le guide prévoit ensuite d’élargir sa sélection à d’autres régions françaises, puis à l’international, via ses plateformes numériques.
Un retour aux sources plus qu’une révolution
Si cette incursion viticole peut sembler nouvelle, Michelin ne débarque pas totalement en terrain inconnu. Dès 1900, le guide tenait déjà compte des vins servis. Plus tard, les restaurants étoilés étaient associés à des suggestions de crus locaux, puis un pictogramme est venu distinguer les cartes des vins remarquables à partir de 2004, complété en 2019 par un prix dédié à la sommellerie.
Et rappelons-le : en 2016, Michelin a racheté le guide Parker, référence mondiale de la critique œnologique. Un apport de savoir-faire précieux, même si le guide Parker continuera de vivre sa propre vie, comme l’a confirmé en octobre le PDG du groupe, Florent Menegaux.
Avec ses grappes, Michelin ne se contente plus d’être la boussole des gourmets : il veut aussi devenir celle des œnophiles. Et entre nous, on est prêts à parier qu’il y aura bientôt autant de débats sur les grappes que sur les étoiles.
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