
Jusqu’ici, le ski-alpinisme se racontait surtout à l’aube, loin des stades, dans le silence des pentes enneigées. Son entrée au programme olympique n’est donc pas anodine. Car le ski-alpinisme, ou « skimo » – son surnom dans le milieu – trouve ses racines dans les pratiques utilitaires de la montagne : se déplacer vite et efficacement en terrain enneigé. Longtemps réservé aux alpinistes et aux compétiteurs les plus aguerris, il repose sur un principe simple en apparence : monter et descendre le plus rapidement possible à skis, en alternant les phases d’ascension (grâce aux peaux de phoque collées sous les skis) et les descentes techniques.
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Derrière cette simplicité se cache une discipline d’une grande complexité. Les formats de compétition – sprint, relais mixte, épreuves individuelles – exigent une maîtrise totale des transitions (mettre et enlever les peaux, porter les skis, chausser/déchausser), une condition physique hors norme, et une capacité d’adaptation permanente au relief et à la neige. Ici, la montagne n’est jamais un simple décor : elle est une donnée centrale de la performance.

Pour Nicolas Arquin, journaliste spécialisé dans les sports de glisse et auteur de XTRM SPORTS, l’arrivée du ski-alpinisme aux JO est une évolution logique. « Je le vois très positivement. Ça reste du sport, et c’est une nouvelle opportunité pour les athlètes de se montrer ». Mais cette reconnaissance olympique pose aussi question. Le ski-alpinisme n’est pas un sport de stade, ni une discipline calibrée pour le spectaculaire immédiat. Certes, le chronomètre est présent, mais il ne raconte pas tout. La victoire se joue autant dans la stratégie que dans la vitesse pure : savoir quand relancer, comment gérer son souffle, comment négocier une descente sans se mettre dans le rouge. « Contrairement à d’autres disciplines très axées sur le temps, on est davantage dans le spectacle, l’émotion, l’expérience », souligne Nicolas Arquin. Un sport où l’on lit la course sur les visages, dans les corps, dans la façon dont les athlètes dialoguent avec le terrain.
Pourquoi cette entrée aux JO est si marquante ?
L’intégration du ski-alpinisme aux Jeux olympiques est aussi révélatrice de notre rapport contemporain au sport. Une quête de sens, d’authenticité, de lien avec l’environnement. À l’heure où la montagne est à la fois idéalisée et fragilisée, voir une discipline qui en respecte les codes – sobriété du matériel, lecture du terrain, adaptation constante – accéder à la plus grande scène sportive mondiale est un signal fort.
Où s’y initier, où le pratiquer ?
Voici trois domaines skiables où s’initier au « skimo ». Tout d’abord, le plus « proche » de nous, Chamonix. C’est le berceau même du ski-alpinisme. La station française permet encore aujourd’hui de faire de magnifiques randonnées « skimo ». Que vous soyez skieur en herbe, snowboardeur expérimenté ou amateur de sensations fortes, chacun y trouvera son bonheur, au pied du Mont Blanc.
Inspirés par les JO, on pousse évidemment une pointe jusqu’en Italie. Le Stelvio Ski Centre est le cœur battant du ski-alpinisme durant les Jeux et devient dès lors, l’endroit rêvé pour admirer ce sport de près. Nichée dans une vallée, Bormio offre 120 kilomètres de pistes à découvrir.
Enfin, dans les Dolomites, un seul forfait de ski vous donne accès à douze domaines skiables. Avec 1200 kilomètres de pistes variées et 450 remontées mécaniques, de nombreuses options s’offrent à vous. La Sella Ronda vous emmène pour une excursion d’une journée à travers quatre domaines, soit la formule idéale pour les amateurs de longues distances.
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