
Il y a 15 ans, Vinita Saraf et Namrata Sureka décidaient de prendre leur destin en main, en changeant celui d’autres femmes. Amies d’enfance, nées à Kolkata (ex-Calcutta) dans un environnement « privilégié », ayant eu accès à des études supérieures (architecte d’intérieur, elle enseignait en parallèle), elles ressentaient un besoin de leur communauté : « La demande est d’abord venue de femmes appartenant à des familles très patriarcales, dont les filles n’étaient pas scolarisées. Elles nous demandaient si nous pouvions éduquer leurs filles. Nous avons donc commencé avec une petite crèche. À cette époque, le système était très informel, et nous travaillions alors avec les mères également. Ce fut le commencement de notre engagement auprès de la communauté ».
D’une crèche à une école
Le chemin sera long, pour Vinita et Namrata, pour que ce centre communautaire, bâti dans le bidonville de Topsia, ne devienne l’Ek Tara d’aujourd’hui, une école à part entière, offrant un accès inespéré à toutes les formes d’art à quelque 1 250 jeunes filles. « Nous n’étions, en 2011, pas certaines de l’accueil que nous réserverait la communauté. Pendant les trois ou quatre premières années, nous nous contentions en quelque sorte de sonder le terrain, et de voir si nous étions capables de répondre à ces demandes », se souvient Vinita.
Écouter le récit de Vinita Saraf, ancré dans l’humilité et tourné vers un avenir meilleur, c’est d’abord plonger dans un monde qui nous semble tristement lointain, où l’accès à la forme d’éducation la plus élémentaire est parsemé d’embûches pour ces jeunes Indiennes, nées dans le cœur battant de la culture indienne, mais du « mauvais côté », celui des bidonvilles. C’est surtout entendre un engagement profond qui inspire autant qu’il a permis de redonner le sourire à des centaines de jeunes filles.

Le défi était donc grand, « très grand », pour Vinita (ex-professeur) et son associée. « C’est l’une des communautés les plus pauvres et les plus difficiles de l’Inde ». Avec tous les fléaux que cela peut comporter, dont les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, souvent très tôt mariées. « Souvent, les jeunes filles restaient sans instruction. Nous avons donc essayé d’intervenir, avec beaucoup d’opposition de la part des hommes de la société qui avaient presque l’habitude de nous menacer… Jusqu’à ce que quelques années passent et qu’ils aient vraiment vu l’impact que ce type de travail pouvait avoir ». (…)
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet


















