
Des objets pareils, vous n’en verrez nulle part ailleurs. À quelques rues du centre de Louvain-La-Neuve, on ne pourrait imaginer le trésor que cette maison abrite. Une série de lampes uniques signées par Véronique Le Boulengé et sa maman, Paule. Des créations particulières par leurs formes irrégulières. «Maman s’occupe de fabriquer le pied avec des matériaux de récupération et moi, j’imagine la forme de l’abat-jour avec ça», explique la créatrice de la collection Luciverre. L’artisane raconte que l’inspiration lui vient instinctivement en regardant le socle. Très rares sont les fois où elle dessine l’abat-jour avant de le réaliser.

Tout un art
Véronique Le Boulengé laisse sa créativité vivre et ne s’inspire pas d’autres modèles de lampes en verre. Pour réaliser un abat-jour, elle commence par couper une grande plaque de verre choisie chez son fournisseur, en petits morceaux. Véronique choisit du verre coloré au préalable avec de jolis motifs : «Quelquefois, je le trouve tellement beau que je n’ai pas envie de le casser». Une fois suffisamment éclatées, les pièces sont gardées telles quelles ou retaillées dans la forme souhaitée.

Véronique dessine sur les morceaux un par un puis prend son coupe-verre ; elle a aussi l’habitude de se servir d’une pince à ouvrir le verre. Pour enlever les petites aspérités restantes, elle se sert d’une pince coupante. Finalement, elle utilise un outil appelé la rodeuse pour rendre les bords du verre lisses. Avec ça, elle peut décider de créer un objet plat mais, ce que Véronique préfère, c’est le relief. Alors, elle finit par assembler chaque morceau avec un ruban de cuivre. Minutieusement, elle soude le tout et l’oxyde de zinc permet à la soudure d’adhérer, comme de la colle. Tout ce long travail est reconnu par le label «Artisanat Certifié».
Un métier passion
Une chose est sûre, il ne manque pas de lumière dans cet atelier. Des faisceaux de multiples couleurs jaillissent un peu partout dans la pièce, la rendant aussi chaleureuse que son hôtesse. Ici, aucune ampoule n’est colorée, seul le verre donne sa couleur à la lumière. Ce verre, Véronique Le Boulengé en est passionnée depuis sa jeunesse et le travailler est très vite devenu une évidence. Certaines plaques, elle les considère presque comme des objets à part entière. Elle l’avoue, ce goût du verre l’épanouit pleinement dans son travail chaque jour.
Véronique Le Boulengé s’est formée non loin de son atelier chez Roxana, une Chilienne. La maître verrière lui a appris les rudiments du métier mais, Véronique est devenue experte de la technique Tiffany en autodidacte. Cet art utilise un ruban autocollant de cuivre pour assembler le verre. Dans les vitraux ordinaires, les artisans utilisent un profil en H de plomb. Le cuivre est choisi afin de créer des joints beaucoup plus fins et délicats que le plomb. Aussi, le cuivre permet de courber et modeler le verre en forme bombée et en relief. Cette technique offre une palette riche grâce à l’emploi de verres colorés et texturés, mais elle requiert précision et patience : chaque élément est découpé, meulé, serti, puis assemblé avec minutie.

Passionnée, Véronique Le Boulengé anime également des ateliers. Elle fait découvrir et transmet son art avec des séances uniques de découverte ou d’initiation pour les débutants. Et pour les plus connaisseurs motivés, l’artisane propose des séances où elle suit ses élèves dans leurs projets. Les lampes, plus complexes à réaliser, sont rarement fabriquées par les participants. Le plus souvent, ils créent plutôt des mosaïques plates pour accrocher sur les murs, les plus motivés peuvent aussi réaliser les quatre faces d’une lanterne. L’atelier est ouvert les mardis et dimanches de 10 h à 17 h, ainsi que les vendredis de 10 h à 13 h. Les inscriptions se font directement auprès de l’artisane car, elle limite volontairement le nombre de participants afin de garder un cadre agréable. Si l’atelier est fermé au public les autres jours, Véronique s’y rend presque quotidiennement malgré tout. Être dans son atelier, c’est s’accorder un moment précieux.
Comme une autre vie
Vous ne la trouvez pas dans son atelier ? Depuis quelques années, Véronique est également masseuse le reste de la semaine. Auparavant, elle était naturopathe et le massage lui a été enseigné dans ce cadre. Si son goût pour le massage est incomparable face à celui qu’elle porte pour le verre, Véronique considère son deuxième métier comme une vocation malgré tout. «Il m’est apparu que c’est le domaine de mon activité de naturopathe qui me plaisait le mieux et dans laquelle je suis le plus à l’aise et où les choses sont fluides. Je dirais plus que c’est un don que j’ai reçu», explique-t-elle. Plus tôt, Véronique a également suivi une formation de photographe. Chacun de ces métiers lui permet de créer de ses mains tout en prenant soin des autres. Surtout, ils témoignent de sa capacité à toujours suivre et à écouter son cœur.
Louvain-La-Neuve, une ville de choix
Arrivée très jeune à Louvain-la-Neuve, elle a vu la ville se construire et évoluer. «Mes parents sont arrivés au moment de sa création. C’est un peu ma ville natale». Après avoir vécu ailleurs, elle s’est installée dans la maison familiale, devenue son atelier. Dans cette ville, elle se sent bien, entourée de ses repères, avec ses racines et ses attaches.
20 Avenue du Grand Cortil, 1348 Ottignies-Louvain-la-Neuve.
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