
On a trop vite fait de résumer Miami à ses plages et palmiers qui, d’ailleurs, techniquement, sont plus emblématiques de l’île barrière appelée Miami Beach. Pour une plongée radicale dans un décor cinématographique et une approche haute en couleur de cette région de Floride, c’est par là que le voyage devrait commencer. Direction South Beach (SoBe) donc, sur Ocean Drive, au volant d’une voiture décapotable des années 30, les façades Art Déco d’un côté, l’océan Atlantique aux reflets turquoise de l’autre. La photo est parfaite, le cliché bien respecté. Et bien vrai. Car la partie sud de Miami Beach se vit comme ça : avec autant d’extravagance que ses soirées nocturnes.
Rien n’y est too much : ni les tenues vestimentaires minimalistes ou les corps bodybuildés fièrement affichés, ni les tarifs exorbitants appliqués pour bénéficier d’un transat en bord de piscine dans l’un des établissements « branchouilles » du littoral (même si la baignade depuis le rooftop du 1 Hotel South Beach vaut forcément le détour et que les transats zébrés de rouge du très chic Faena Hotel appellent au farniente dans une ambiance rétro). À première vue, rédhibitoire pour certains… Pourtant, le bling-bling disparaît là où commence la véritable découverte de Miami Beach, les yeux levés vers le ciel (ou tout du moins plus haut que le niveau de la mer).
Cette ville insulaire qui protège donc, de l’autre côté de la Biscayne Bay, la grande ville de Miami face à l’Atlantique – mais pas face à la montée des eaux, nous y reviendrons… – est classée, depuis 1979, au registre national des lieux historiques, par le biais de son Art Deco Historic District qui abrite quelque 800 bâtiments restaurés (la majorité datant des années 1920 à 1940). Immanquables sur Collins Avenue ou Ocean Drive, ils brillent par leurs néons la nuit, qui leur confrent une autre couleur – bleue pour le Colony Hotel, emblématique de l’architecture Art Déco de Miami Beach –, ils sont aussi blancs, tout en courbes (comme le Loews Hotel), et, surtout, remarquables par leurs lignes géométriques pures et symétriques, soulignées par des tons pastel (tel le jaune Leslie Hotel).
La beauté ensoleillée de ces témoins d’un mouvement architectural majeur a de quoi faire oublier la frivolité ambiante. Tout juste oublierait-on de photographier les tours de contrôle, multicolores, des lifeguards, en enfilade sur la plage (pour un décor ultra-instagrammable, rendez-vous à Lummus Park avant de continuer votre chemin, à vélo ou à pied, jusqu’au Pier de la pointe sud sous lequel il n’est pas rare de voir nager quelques lamantins)...
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