
Quand le mercure s’affole, le réflexe est quasi universel : on s’enfile trois douches glacées par jour, on reste scotché au ventilateur quand bien même il brasse de l’air tiède et on vide le bac à glaçons. Pourtant, la parade la plus efficace (et la moins chère) contre la surchauffe serait encore plus simple que ça. Chez les initiés, on appelle ça le shitali (ou sitali pranayama) : un exercice respiratoire ancestral issu du yoga qui serait un réel game changer lorsque la canicule pointe le bout de son nez. Une sorte de clim’ interne à dégainer qu’importe l’endroit.
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La technique de la langue en tube
Concrètement, l’exercice consiste à s’asseoir confortablement, à tirer la langue et à la rouler dans le sens de la longueur pour former un petit conduit. On inspire lentement et profondément par ce tube, on rentre la langue, puis on expire doucement par le nez. Si vous faites partie des 35 % de la population génétiquement incapables de rouler la langue, pas de panique, le plan B est tout aussi efficace : il suffit de coller le bout de votre langue juste derrière les dents du haut.
L’effet est instantané. En traversant ce conduit improvisé, l’air aspiré fait grimper en flèche la salivation. Résultat ? Une bouche instantanément réhydratée et une sensation de fraîcheur qui envahit la gorge.
Qu’en dit notre thermostat cérébral ?
Derrière ce petit hack buccal qui nous leurre se cache un vrai mécanisme neuro-physiologique. En entrant par la bouche, cet air frais est projeté directement tout en haut du palais, une zone stratégique en contact direct avec l’arrière de la bouche et la fosse nasale.
C’est là que la magie opère : ce flux d’air va venir stimuler et rafraîchir les noyaux centraux du cerveau, qui ne sont rien d’autre que le thermostat de notre régulation thermique. Une fois refroidie, cette zone ordonne au corps de mieux réguler sa température en déclenchant une transpiration saine, ce qui permet d’éviter le fameux coup de chaud et les maux de tête qui y sont associés.
Et la science ?
Au-delà du coup de frais, le shitali est un puissant calmant pour le système nerveux. En cas de canicule, l’organisme stresse. Cette respiration profonde va venir titiller le système nerveux parasympathique, chargé de ralentir la machine. Le cœur s’emballe moins, la tension baisse, et le corps se met en mode économie d’énergie.
Et pour une fois, la science valide les yogis. Une étude publiée en octobre 2014 dans le Journal of Pharmacy a passé les cerveaux des pratiquants à l’électroencéphalogramme. Verdict ? Le « rythme bêta », cette onde cérébrale associée au stress, à l’anxiété et à la peur, chute drastiquement après l’exercice, laissant place aux ondes de la détente.
Une autre recherche parue en octobre 2017 dans l’Integrative Medicine : A Clinician’s Journal a démontré, sur un échantillon de 60 personnes, que le shitali permet de réduire significativement la pression artérielle chez les hypertendus en calmant le système nerveux.
Mode d’emploi pour s’y mettre
L’avantage du shitali, c’est qu’il ne nécessite aucun équipement : nul besoin de tapis de yoga ni de tenue en lycra. On le pratique assis derrière son bureau devant un open space médusé, ou allongé dans son lit en pleine insomnie à cause de la chaleur. Pour que le remède fonctionne vraiment, les experts recommandent de s’envoyer des sessions de 3 à 4 minutes, à raison de 5 à 10 respirations par cycle, à répéter 5 à 10 fois par jour.
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