
À l’ouest de Zeebruges, se trouve le Residence Palace, anciennement Palace Hotel, un bâtiment faisant penser au Negresco, l’un des hôtels les plus emblématiques de Nice, situé le long de la Promenade des Anglais. On retrouve la même structure avec un édifice en longueur et deux dômes, même si le Nesgresco lui n’en compte qu’un. Sur la Côte belge, les deux dômes se parent d’un bleu canard vieilli par le temps. Sur la Côte d’Azur, l’élément est habillé de rose. On pourrait croire que le Residence Palace est lui aussi un hôtel de luxe avec à l’intérieur son vaste hall d’entrée, sa cage d’ascenseur ouverte, ses balustrades travaillées, et à l’extérieur sa façade composée de quelques bow-windows superposés. Il n’en est rien, mais l’endroit aurait pu connaître un fabuleux destin et rayonner sur la Côte belge. Mais l’histoire a eu raison de lui.

Un hôtel pour attirer les croisiéristes
Le Residence Palace fait donc partie du paysage de Zeebruges, ville à mi-chemin et trait d’union entre Blankenberge et Knokke-Heist, deux stations balnéaires aux ambiances différentes. Zeebruges trouve ses origines dans la deuxième partie du XIXe siècle lorsqu’en 1877, le baron Auguste de Maere souhaite qu’une liaison directe soit lancée pour relier Bruges à la mer. Alors roi des Belges, Leopold II approuve l’idée et y voit un intérêt. Un nouveau port finit par voir le jour en 1907. Son nom ? Brugge-aan-de-zee, que l’on peut traduire par Bruges sur Mer.
Il ne manquait plus que les touristes pour faire vivre le lieu. Poussé par les ambitions de la Hamburg-America Line, une compagnie maritime qui desservait les ports de l’Atlantique, la Maatschappij van de Brugse Zeevaartinrichtingen (MBZ), en charge de bâtir et gérer le nouveau port en eaux profondes de Bruges à l’époque, imagine la construction d’un hôtel. L’objectif ? Attirer les touristes et les croisiéristes, mais surtout les accueillir dans les meilleures conditions une fois arrivés à destination. C’est dans ce contexte que le Palace Hotel sort de terre sur la digue de Zeebruges avec des plans qui ont été réalisés par l’architecte brugeois Jozef Viérin.
Le tournant de la Première Guerre mondiale
Lors de la séance du conseil municipal du 6 décembre 1913, la municipalité de Bruges accorda une autorisation spéciale, car le bâtiment, situé en bord de mer, allait dépasser la hauteur autorisée par la réglementation. En effet, les tours à ses extrémités atteindraient 32 mètres de hauteur. L’édifice fut officiellement et solennellement inauguré en 1914 par le ministre Aloïs Van de Vijvere. Ce dernier conclua son discours en lançant « ... et que les Allemands descendent vite ! ». Le message est clair, les voeux de la Hamburg-America Line exaucés, mais les visiteurs ne sont pas ceux qui étaient attendus... En effet, la construction du Palace Hôtel fut achevée avant le début de la Première Guerre mondiale. L’événement mit un coup d’arrêt soudain et brutal au développement touristique et balnéaire de Zeebruges et par ricochet à celui du Palace Hotel. Par la suite, l’édifice servit de caserne aux SA allemandes durant les deux conflits mondiaux.
L’histoire du Palace Hotel donne l’impression d’un destin brisé et inachevé. Il aurait pu briller et devenir un endroit prisé des touristes belges et européens, mais la Première Guerre mondiale a eu raison de lui. En 1949, il n’est plus considéré comme rentable et fut vendu à une société privée. Cette dernière le transforme alors en lieu de résidence avec la construction d’appartements et de bureaux. En 1994, le bâtiment est classé monument historique.
Le Palace Hotel s’est éteint pour devenir le Residence Palace avec toujours des appartements et des studios en 2026. Si vous vous rendez sur la plateforme Booking, vous pouver réserver un logement pour deux nuits minimum (ou plus si l’envie vous en dit). Comptez 312 € pour deux adultes pour deux nuitées. Le Residence Palace a au passage connu une petite rénovation il y a quelques années. Pour continuer à briller sur la digue de Zeebruges.

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